Back to Hogwarts

Jeu de rôle basé sur les règles inventées par J.K. Rowling dans l'univers de Harry Potter.


 
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 [Egypte] Ne le dis à personne

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Jörgen O'Brian
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MessageSujet: [Egypte] Ne le dis à personne   Mer 23 Déc - 20:32:24

24 décembre 2009
Les fantômes des familles tronquées hantaient des jours comme ceux-là.
Ces jours où l'heure était au rassemblement et au resserrement des liens que l'année avait relâchés. Le sapin était grandiose et tous les O'Brian jouaient leur rôle d'hôtes à la perfection. C'était le problème de la perfection: elle était froide, distante et inhumaine, inatteignable dans sa prison de glace. Leur sourire était figé à leurs lèvres, sans remonter jusqu'à leurs yeux et toute la chaleur sociale se serrait au plus près de leur coeur. Quand tout va mal, l'instinct de survie privilégie les fonctions vitales aux dépends du reste.
A cet accueil parfait, les O'Brian de toute l'Irlande, les Svensson et la famille Eliasson répondaient par un autre genre d eperfection, polie, comme si chacun s'était donné le mot en silence et que ce "la" de départ orchestrait la danse des fêtes de fin d'année.

De son coin de mur élevé en forteresse, Jörgen observait ce ballet sans faux pas, le coeur trop lourd pour être honnête. Trop, tout était trop. Trop calme, pas une seule dispute, pas même un haut-la-voix. J.S. en personne n'osait pas rire trop fort. De cette mélodie que chacun voulait parfaite, tout sonnait faux. Trop adulte. Les enfants ne riaient pas, contemplatifs du silence, endossant le rôle de guetteurs du grand absent. Trop diplomate. Personne n'oserait parler d'autre chose que de la pluie et du soleil, des emplois de chacun et de l'inflation du baril de poudre de cheminette.

Et lui comme un intrus parce que la mort de Gern n'était qu'une ombre sans goût et sans couleur. Un souvenir un peu flou qui aurait dû être amer et qui n'était insipide.
Blottie contre lui, Ellen était silencieuse. Juste assez jeune pour ne pas être triste. Juste assez grande pour sentir.

Thémis lui manquait. Il avait quasiment supplié Toni de l'emmener avec elle en Egypte, quitte à ce que son premier Noël ne connaisse rien de la neige, des doigts glacés et du nez rougi par le froid. (Je te promets, il sera vraiment, vraiment mieux avec toi. Chez moi, ça va être...). Déprimant.
Toni lui manquait.
Il lui semblait être à des années-lumières de la soirée au BDE, de Poudlard. Ca ne remontait pourtant qu'à la veille.


- Va jouer, Ellen.

Le regard vague, il lui caressa les cheveux avant de l'envoyer rejoindre Ernst et la bande des petits. Lui-même tourna le dos à la foule et partit trouver refuge sur le toit.



25 décembre 2009
Des cris dans la soirée, échos bizarres à son "Maman, je pars en Egypte, demain.".
Il avait fallu expliquer le besoin de grand air, Toni et tout le reste. Sa mère avait le regard compréhensif et le coeur serré. 9a se voyait à ses yeux trop brillants que même un excès d'alcool ne justifiait pas. Ca n'aurait été que d'elle, l'annonce serait passée sans encombre. Mais rien n'était jamais de l'ordre du personnel et du discret dans sa famille. Les nerfs à vif par les deux dernières journées, Ellsworth avait laissé sa parole dépasser sa pensée. Ou pas. Les mots étaient sortis trop vite, trop fort, trop abruptes.


"Tu préfères lui courir après comme un chien alors que c'est elle qui l'a tué. Tu... tu me..."

Le dos de son frère avait été son adieu.
Ni James ni Jupiter ni qui que ce soit n'avait trouvé quoi rajouté et ces mots-là, Jörgen les avait emmenés avec lui dans ses bagages.




26 décembre 2009
Quand le type de la SNTE* le laissa, lui et son baluchon, il faisait une chaleur presque suffocante, comparée à l'air glacial des rues du Dublin hivernal. Jörgen fut déçu de ne pas voir de pyramide.
Il inspira un grand bol d'air qui parut lui brûler la moitié des poumons et prit la direction que lui avait indiqué l'emploi de la société de voyage.

Il marcha un temps, ressassant trop de pensées pour prêter attention au paysage. Il lui fallut buter sur quelque chose pour calmer son pas de course. Les événements récents ne lui permirent pas d'ignorer ce face à quoi il se trouvait. Un sphinx. En Egypte, ça devait presque être monnaie courante. On devait apprendre aux petits sorciers d'Afrique du Nord à répondre aux questions dès leur plus jeune âge. Tous les sorciers Egyptiens devaient se révéler être des Serdaigle en puissance.
Ce qui ne lui avait pas immédiatement traversé l'esprit, c'était que lui aussi allait passer au chaudron et que, à moins de faire demi-tour, il ne lui restait plus qu'à se creuser la cervelle.


- Euh, bonjour. Vous ne voudriez pas me laisser passer... par hasard? C'est que je suis assez pressé et que...

"Non. Un passage pour une réponse."

- Ok...

Jörgen soupira et le Sphinx (carrément plus impressionant en vrai qu'au loin, au milieu d'un terrain de Quidditch) prit une pose théâtral.

"Parfois je suis fort,
Parfois je suis faible.
Je parle toutes les langues
Sans jamais les avoir apprises."


Il aurait dû s'en douter, les présentations nominatives, c'était juste bon pour la galerie. Dans la réalité, on passait directement aux choses sérieuses.

*Mais... hé!*

Le jeune homme afficha un sourire narquois.
Apparemment, les Sphinx avaient oublié de mettre à jour le Grand Livre des Enigmes, si bien que les specimens de l'Egypte moyenne ignorait qu'un humain avait déjà résolu cette énigme. Et pas n'importe quel humain, le Champion de sa Maison à Lui!


-L'écho.

C'était pas vraiment tricher, si?
En tout cas, le Sphinx était soufflé. Peut-être venait-il d'être victime du record du monde de réponse rapide. Il faudrait que Jörgen pense à remercier son nouveau batteur. Toujours est-il que le Sphinx s'effaça, majestueux toujours, pour laisser la voie libre à Jörgen.
Quelque temps plus tard, il finit par arriver à l'endroit décrit par Toni. Il aurait l'espace pour planter sa tente. Pas question de demander l'hospitalité à Mr et Mrs Scheffer, déjà qu'il s'incrustait dans leurs vacances de Noël (encore heureux qu'il s'était résigné à n'arriver que le 26)... Leur rencontre précédente, au bal d'Halloween, avait laissé au Poufsouffle un sentiment diffus de malaise.

Il était un peu en avance. Ce qui lui permettrait de peaufiner son sort. Au bout de quelques essais, son Orchideus était plutôt réussi. Il était prêt à affronter cette étrange catégorie de l'espèce humaine que l'on appelait des parents. Ou presque.



Spoiler:
 

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Toni Scheffer
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MessageSujet: Re: [Egypte] Ne le dis à personne   Mer 23 Déc - 23:06:00

- Papa, je t'en supplie, surveille maman…
- Je préfère encore manger sa cuisine.


Sa cuisine aurait dû être classée cinq étoiles dans le guide des expériences les plus risquées sur la Terre. Son rapport au reste du monde était aussi dévastateur que le passage d'un cyclone, ses bonnes intentions étaient aussi imperceptibles que l'ombre d'une intelligence dans l'esprit d'un troll des montagnes et la hauteur de son exigence faisait passer la Dame Rouge pour une enfant de choeur. Quant à savoir ce qui attirait sa compassion, la démonstration de son intérêt pour autrui consistait la plus part du temps en une critique vestimentaire qui se concluait presque toujours par un regard désolé pour ses vis-à-vis, "So cheap" paraissait-elle penser en détaillant ses hôtes des pieds à la tête comme si une paire de chaussures et une robe de sorcier mal assorties reflétaient le mal insidieux vers lequel le monde glissait. La mère de Toni était l'exact contraire de la mère de Jörgen.

Quand elle était petite, dans le quartier, Toni se souvenait que les parents de ses amis menaçaient leurs progénitures de les laisser en baby-sitting à Jean Scheffer s'ils ne se tenaient pas mieux. Se faire happer par un sphinx n'était qu'une fabuleuse expérience à côté d'un repas en face de Madame Scheffer… et dire que Jörgen allait devoir en passer vingt-deux (elle avait compté) des repas assis en face d'elle. Elle avait compté mais elle comptait aussi se soustraire à grand nombre d'entre eux. Si elle s'était attendue à ce que l'opportunité de présenter officiellement Jörgen à ses parents allait se reproduire aussi rapidement, elle lui aurait fait commencer depuis longtemps sa formation de survie à Jean Scheffer.

A Halloween, déjà, elle ne l'avait pas senti…



- Papa, maman, je vous présente, Jörgen O'Brian, il est à Poufsouffle et c'est mon…
- Le garçon des vacances d'été. Poufsouffle ?
avait questionné Jean avec un air… un air… un air on-ne-savait-même-pas-lequel-c'était-d'air mais en tout cas c'était un air qui ne voulait certainement pas dire "enchantée" et Toni s'était débinée. Et elle en avait eu terriblement honte.
- C'est ton quoi ?
avait demandé Croze, son père.
- C'est mon… mon binôme de potion !


Toni avait passé le reste de la soirée, honteuse, à s'excuser auprès de Jörgen et à éviter ses parents qui, de leur côté, avaient trouvé parmi la foule des invités des anciens camarades avec lesquels ils avaient passé leur scolarité à Poudlard.

- Je te jure, Jörgen, la prochaine fois, je te les présente proprement… mais c'est ma mère, tu comprends, c'est trop dur. Tout est toujours trop dur avec elle… elle n'est pas aussi cool que la tienne. Elle est gentille, tu sais, enfin, si on peut dire qu'écraser son croissant dans le visage du boulanger parce qu'elle le trouvait trop gras - pas le boulanger, le croissant… quoique le boulanger aussi mais surtout le croissant enfin bref - pour elle c'est proche d'un acte de gentillesse. C'est pour lui signifier son intérêt pour son travail et l'aider à s'améliorer. Elle n'est pas méchante… Seulement, il.. il faut plus de temps que pour les autres êtres humains pour le découvrir… c'est tout ! C'est juste qu'elle a du caractère, tu comprends… han, je suis tellement nulle, je suis tellement désolée… tu me pardonnes ?


Et bla ba bla toute la soirée d'Halloween.



Ancien Serdaigle, le père de Toni était archiviste et d'aussi loin qu'elle souvienne, cela avait été son seul métier. Quant à Jean Scheffer, ancienne Serpentard, elle avait longtemps été institutrice pour les jeunes sorciers n'ayant pas encore l'âge d'aller à Poudlard mais depuis quatre années maintenant, elle était devenue directrice de la commission de passage des examens magiques et membre du conseil d'administration des universités magiques britanniques. Madame Scheffer était une femme douce et aimante… uniquement dans le secret, pour sa fille et son mari. Ultra protectrice, possessive, intransigeante, superficielle et incrédule, elle avait en outre du mal à imaginer que sa fille pût un jour grandir et surtout, fréquenter des garçons. Alexandre était le seul qui ne comptait pas pour garçon… c'était juste Alexandre. Par ailleurs, Alex avait une peur bleue de la mère de Toni, ce que madame Scheffer cultivait pour avoir la paix et être certaine que ce dernier lui ramènerait toujours sa turbulente et espiègle fille saine et sauve.

- Bon, tu ne comptes pas m'aider alors…
dut-elle se résoudre en avançant vers Jörgen qu'elle vit apparaître après qu'il eût passé le Sphinx.
- Non. Je tiens à préserver mon mariage de tes drôles d'idées, répondit amusé monsieur Scheffer sans se donner la peine de regarder sa femme qui se tenait à côté d'eux.
- Je vous entends, dit cette dernière en donnant un léger coup de coude à son époux.
- On sait bien, chérie. On sait bien…

Les trois Scheffer attendaient Jörgen debout sur le trottoir. Ils étaient posté devant une calèche tiré par un cheval maigrichon au poil brun qu'on aurait pu prendre pour un Sombral sans ailes tant il était décharné. Le conducteur de la calèche était un Egyptien de quatorze ans qui répondait au nom de Dahoud.

A cet instant, Dahoud était le plus accueillant des trois. Toni était très crispée mais elle força un petit sourire en apercevant son amoureux. Pourrait-elle jamais dire "amoureux" devant sa mère ? Dahoud avait suivi durant tout le chemin l'étrange discussion que les anglais avaient eu au sujet de l'arrivée de leur invité et il fut aussitôt animé par un sentiment de compassion profond quand il vit Jörgen.

La Gryffondor continua d'avancer, talonné par Dahoud qui s'était attendu à voir l'anglais débarquer avec autant de bagages que la petite famille bourgeoise en avait apporté quand il était venu les chercher deux jours plus tôt. Sentant sa présence derrière elle, Toni se retourna vers Dahoud :

- Dahoud, tu me laisses deux minutes d'avance s'il te plaît, je dois lui parler seule à seule et nous n'avons que vingt mètres d'intimité avant de devoir rejoindre la mère dragon.
- Bien reçu, Toni, désolé ! Tu veux que je retienne son attention ?
- Oh, pas la peine, rien ne lui fera détourner les yeux de nous… elle croit que je vais l'embrasser devant elle comme ça elle pourra le critiquer ouvertement mais je ne vais pas lui faire cette joie.
- Sinon ça va être comme pour l'histoire de la dinde ?
- Pire que la dinde…
- Glups…
- Tu l'as dit.


Dahoud resta sur place et laissa Toni rejoindre Jörgen.
Puis l'image magnifique de le voir devant elle, debout sur le fond enchanteur de la vallée des rois, en Egypte, une semaine, avec elle (et sa mère…) effaça momentanément tout le reste.

Elle avait environ deux minutes pour :
- lui souhaiter un joyeux Noël
- lui demander comment s'était passé son réveillon
- lui faire un topo de la situation ici
- lui interdire tout contact physique en présence de sa mère
- et lui donner quelques rudiments pour y survivre…

"Ces vacances vont être horribles ! " se rendit-elle compte avec effroi. Elle avait envie de prendre Jörgen dans ses bras, de l'embrasser, d'effacer la lueur bizarre qu'il avait dans les yeux - au moins cette lueur répondait-elle en partie à la question sur son réveillon -, de l'avoir pour elle toute seule le temps de le mettre au parfum mais Jean avait insisté pour venir le chercher avec sa fille.

Toni lui sourit de tout son cœur : "Pour le moment, il est là… il sait comme ça risque d'être dur mais il est là quand même."

Elle l'embrassa sur la joue et recula rapidement après avoir regardé par-dessus son épaule ses deux parents qui suivaient la scène au loin, avec Dahoud, remonté sur sa calèche et qui avait l'air mort de rire.

- J'espère que le transplanage n'était pas trop douloureux, souriait-elle toujours, bienvenue, O'Brian, et joyeux Noël. Je suis tellement contente que tes parents t'aient laissé venir et… et… je tiens à m'excuser dès maintenant pour tout ce que fera ou dira ma mère durant les sept prochains jours. J'ai cruellement envie de te sauter dans les bras mais si je le fais, ton voyage en Egypte s'arrêtera dramatiquement ici, à côté du tombeau de Toutankhamon… herm. On y va…

Toni tourna les talons pour retourner auprès de ses parents. C'était atroce, elle avait l'impression de mener Jörgen tout droit à l'échafaud. Elle profita des derniers mètres pour lui parler de la suite des évènements :

- La calèche va nous amener sur le Diamant du Nil, c'est un bateau croisière qui est à quai à Louxor. Mon père t'a réservé une chambre à côté de la nôtre. On va y déjeuner et ensuite nous avions prévu d'aller visiter Karnak et le souk avant que le bateau ne quitte Louxor. Tu verras le bateau est super sympa et il est rempli de sorciers farfelus ! Y'a même une piscine sur le pont !

Silence. Plus que huit mètres.

- Tu me raconteras ce soir comment c'était avec ta famille… j'imagine que ça a dû être… difficile.

Toni avait pleinement conscience que c'était le premier Noël sans Gern. Elle aurait tellement aimé que le temps s'arrête maintenant… que le huit janvier qui se profilait à l'horizon n'arrive jamais. Qu'on efface cette date du calendrier… parce que ça ferait trop mal de se souvenir d'Estelle, de Gern et des autres à chaque fois que des moments de rassemblement arrivaient ou à chaque fois que le mois de janvier allait annoncer une nouvelle année. Elle voulait se souvenir mais elle ne voulait pas souffrir. Ni voir souffrir.

Silence. Plus que six mètres.

- Heu, et si ma mère t'adresse la parole, poursuivit-elle en chuchotant, tu heu… je te fais confiance. Ne t'attends pas à ce qu'elle se montre sympa tout de suite… mais, heu, je suis là.

Silence. Plus que trois mètres.

- Ca va aller ?

Silence. Plus qu'un mètre.

- Papa, maman, je vous présente Jörgen, c'est mon…
- Oui, on sait déjà, interrompit Croze avec un clin d'œil, en tendant sa main à Jörgen pour le saluer, c'est ton binôme de potions. Vous nous en direz plus quand on sera arrivé au bateau. Nous sommes enchantés, Jörgen, joyeux Noël.

Toni rayonna. Si Croze se mettait dans leur camp, peut-être qu'après tout le séjour n'allait pas être si difficile que ça. Il avait prit la peine d'englober sa mère dans un "nous" que Jean accueillit d'une moue contestataire et d'un soupir en tendant silencieusement sa main au Poufsouffle avant de remonter dans la calèche.

- Montez ! lança Dahoud, en avant et bienvenue en Egypte, m'sieur !

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Jörgen O'Brian
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MessageSujet: Re: [Egypte] Ne le dis à personne   Dim 27 Déc - 20:00:28

Son Orchideus mourut au bout de sa baguette lorsqu'il croisa le regard de Jean Scheffer. Dommage. Avec la bulle de bonheur qui lui avait envahie la poitrine en voyant Toni, il aurait sans doute créé un bouquet digne d'entrer dans le Poudlard Record. Dommage, oui. Il n'était pas contre l'idée d'impressionner un peu son amie. Juste un tout petit peu. Question d'ego. Au lieu de ça, il sentait son assurance se diluer peu à peu sous le regard froid de sa mère.
Il avait cru que...
Dans la jungle des souvenirs, le meilleur gagne en éclats tandis que le pire perd de sa substance grisâtre. Le fiasco relatif de leur première rencontre s'était donc teinté de nuances c'était pas si pire et tu te fais des cinémagics, mon vieux. Sans compter l'énergie que Jörgen avait usé à trouver toutes sortes d'excuses à la situation et à son malaise d'alors. Le corps hypertrophié de Toni qu'il aurait déjà eu des difficultés à assumer sans la présence des géniteurs dans son champ de visions et de toutes les idées qui pouvaient bien être les leurs devant un tel spectacle. Thémis qui les avait rejoint en gambadant, le sourire large comme c'était pas permis. Le fait que personne à part eux ne pouvait le voir. Et son incapacité flagrante à composer le rôle du parfait binôme de potion.

Paradoxalement, c'était Mr Scheffer dont il avait craint le jugement et le rejet immédiat. Il avait trop bien vu comment son propre père avait accueilli le premier fiancé de Katarzyna (les suivants aussi, en y réfléchissant bien), du feu au fond des yeux digne du meilleur papa poule à qui on veut enlever sa fille. Sa petite fille si pure, si fraîche et si innocente. Pauvre père, s'il avait su.
Mais Mr Scheffer, sans être du genre gros nounours sympathique, avait un très net avantage dans la course au capital sociabilité. La poignée de main était franche, directe.


- Enchanté également, Monsieur.

Pourquoi donc fallait-il que ce soit James qui ait hérité de tout le potentiel spontanéité et bonne conduite en société? Une infime parcelle lui aurait permis de savoir comment se comporter autrement que comme un troll. A la place, il fit ce qu'il savait faire le mieux: retrouver une attitude qui frisait le guindé mais qui l'empêchait au moins d'afficher au grand jour ses émotions. Vues les circonstances, c'était peut-être préférable.
Nouvelle poignée de main dans laquelle il mit fermeté et rigueur. Pas question de passer par la loque de service. Il agrémenta son geste d'un sourire qu'il espérait poli et juste ce qu'il fallait de distant.


- Madame Scheffer.
Joyeux Noël à vous aussi.


Le Poufsouffle soutint son regard le temps nécessaire pour comprendre qu'il allait passer une semaine inoubliable, la fille et la mère en compétition pour faire pencher la balance vers le "très bon" ou le "très éprouvant".
Il ne fallait plus s'étonner de ce que Toni soit à Gryffondor. Avec une mère comme la sienne, elle devait être parée à affronter toutes les situations que le monde mettrait sur sa route. Il se sourit à lui-même, se souvenant que dans un passé pas si lointain, les rares fois où il imaginait Toni en famille, il y voyait une un père qui n'était pas sans rappeler le Pr. Sambre des Lys, accompagné d'une Toni version adulte. Son escapade intérieure faillit le faire passer par un arriéré, lent comme un bandimon.

Rapidement, il se retrouva assis aux côtés de Toni, face à, il aurait dû le parier, une Mrs Scheffer à l'air désapprobateur.
Tentant de reporter de quelques secondes la confrontation, il rendit son salut au jeune garçon qui paraissait leur servir de cocher.


- Merci beaucoup, euh...
- Dahoud, m'sieur.
- Jörgen, Dahoud.
- Jörgen alors, première visite en Egypte?


*Merlin, merci.*

C'était un faible sursis mais si le destin le lui avait offert sous la forme d'un jeune égyptien au sourire en étendard, il était prêt à le prendre comme il venait. Ils échangèrent quelques mots jusqu'à ce que Jörgen se retrouve confronté à la confortable et charmante situation qui était la sienne.
Peut-être était-il légèrement partial et influencé mais il lui semblait que Mrs Scheffer regardait d'un mauvais oeil son échange cordial avec Dahoud.
Très droit sur son siège, prenant bien garde à ne pas ne serait-ce qu'effleurer Toni, il était à la recherche de ce qu'il pourrait bien dire. Le poli 'votre maison est charmante' n'était pas de rigueur. Il repensa au mon père t'a réservé une chambre, aux 1429 gallions la semaines et faillit manifester son embarras en se tortillant sur son siège. Sa réserve naturelle l'en retint.


- Je voulais... vous remercier pour votre invitation et...

Le regard de Jean Scheffer le fit taire tandis que son mari avait un léger mouvement de main, ce n'est rien. Le silence s'installa, interminable du point de vue du Poufsouffle alors qu'il n'avait sans doute pas duré plus de quelques secondes lorsqu'il reprit la parole, tentant dans son costume étriqué de binôme de potion. Il s'adressa à Toni sans la regarder vraiment, fixant plutôt le lobe de son oreille:

- Alors, ça te plaît l'Egypte? Tu as vu des... trucs intéressants?

Priant vainement pour qu'il soit le seul à sentir combien son ton était artificiel, Jörgen en vain à la conclusion que Toni avait un lobe droit absolument ravissant. Son propre nez s'y aventura pour une connaissance plus approfondie lorsque Dahoud tira sur les rênes avec plus d'enthousiasme que nécessaire. Le jeune homme s'empressa de reprendre une posture décente, gêné et fut le premier hors de la calèche pour tendre une main à Toni.

- Désolé. Vraiment désolé., laissa-t-il échapper rapidement, dans le cours laps d'intimité relative que leur offrait la descente de calèche.

Ce qui s'offrit ensuite à sa vue était excellent pour le déconcentré un instant de Toni. Au vu du bateau croisière qui lui faisait face, il comprenait aisément les 1429 gallions la semaine -oui, il s'était assez fixé là-dessus: sans jamais manqué de rien, la vie de famille nombreuse dilapidait rapidement les deux salaires parentaux-. C'était de la magie dans ce qu'elle avait de plus exubérant côté faste et grandeur.


*Wow!*

Presque intimidé mais faisant de grands efforts pour paraître -seulement- admiratif, Jörgen suivit docilement la famille Scheffer qui montait à bord.

- Jeune homme, par ici...

Le regard qu'échangèrent les deux hommes étaient presque imperceptibles et Jörgen n'eut aucune peine à se persuader qu'il l'avait imaginé. néanmoins:

- Euh... Toni, tu veux bien me faire la visite?

C'était une tentative peut-être maladroite. Mais si Merlin avait quelques remords, peut-être cela marcherait-il. E même temps, il imaginait mal Mrs scheffer faire les frais d'une visite guidée du bateau.

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Toni Scheffer
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MessageSujet: Re: [Egypte] Ne le dis à personne   Mar 29 Déc - 0:33:38

C’était une grande embarcation qui s’étendait sur trois niveaux et les passagers embarquaient au niveau du rez-de-chaussée, au centre du bateau, par une petite passerelle en bois qui faisait le trait d’union entre le quai et la coque. Au bout de la passerelle, devant les grandes portes fenêtres vitrées ouvertes pour laisser entrer les derniers passagers, se tenaient deux jeunes égyptiens portant l’élégant costume traditionnel du personnel de bord. Dahoud était l’un des membres du personnel. Il était en charge de l’entretien des chambres du niveau 1 (le rez-de-chaussée) et quand le Diamant du Nil était à quai, il s’occupait aussi des locations et des balades en calèche en concomitance avec les propriétaires qui travaillaient près des accotements des différents points d'escales.

En haut des escaliers qui menaient au quai, près de la calèche, le petit Egyptien avait fait ses adieux à sa mère et sa sœur qui devraient attendre sept jours le retour du bateau de croisière pour revoir Dahoud. C’était très courant, en Egypte, de voir des enfants de tous les âges travailler. La plus part du temps, les sorciers des milieux modestes avaient de nombreux enfants et tous participaient à la vie économique et domestique du ménage. Ceux qui avaient passé onze ans étaient considérés comme étant suffisamment mûrs pour partir travailler aux quatre coins du pays. Les familles étaient plutôt solidaires les unes des autres et chacun veillait sur les enfants d’autrui si on sollicitait de l’aide. Toutefois, comme l’avait expliqué Dahoud quand Toni avait été étonnée d’être accueilli par quelqu'un qui avait presque son âge à son arrivée en Egypte, il était désormais de plus en plus courant que les enfants de moins de 17 ans soient obligés d’aller à l’école.

Ici, comme partout dans le monde, les sorciers devaient vivre cachés mais il y avait tellement de légendes, de mythes et de populations le long des rives du Nil, que personne ne prêtait guère attention à ce que faisait vraiment son voisin.

Il y avait des villages de sorciers qui s’étaient expatriés dans le désert ou près de certains oasis qu’ils avaient rendus incartables. C’était le meilleur moyen de vivre tranquille. Ce qui était dangereux, cependant, était le passage fréquent de Dragons du désert ou de Sphinx. Pour le reste, l’Egypte et les Égyptiens étaient très accueillants.

Une fois entré dans le bateau, on arrivait dans un grand hall sphéroïdale ouvert jusqu’au dernier niveau, comme à Poudlard. Les décorations y étaient "pharaoniques". C'est dans ce hall que se trouvaient l’accueil ainsi qu'un immense escalier circulaire qui permettait d’accéder aux étages supérieurs et inférieurs. Sur la gauche on pouvait aller vers les cabines dites de niveau 1 : standing moyen (ce qui, dans ce type de bateau était déjà très luxueux) ; à droite, en se dirigeant vers l’avant du bateau, il y avait un grand couloir de bois et de marbre, bordé de statues et de colonnes égyptiennes, qui menait à la salle de restaurant. Avec ses dizaines d’immenses baies vitrées par lesquelles on voyait le Nil s’écouler sous la coque, quand on y mangeait, on avait l’impression d’être des poissons dans un aquarium charrié par le fleuve. La salle était fastueuse. Les lambris de bois et d’or encadraient les grandes esquisses égyptiennes aux plafonds. Plusieurs tableaux décoraient les colonnades de calcaire jaune entre lesquelles étaient disposées de nombreuses tables que garnissaient, pour le plus grand plaisir des yeux et des papilles, des nappes de soies brodées et des corbeilles de fruits et de pains de tous les styles.

C’est à l’étage que se situaient les cabines de niveau 2 : bon standing, et les salles de jeux, bar et dancing. Enfin, au troisième étage, il y avait les cabines « grand-standing » de niveau 3 et les suites à 1429 gallions la semaine qui traumatisaient tant Jörgen ; puis sur le pont se trouvaient la piscine, une grande terrasse couverte et un bar extérieur, ainsi que, sous de grandes tentures en toile, des chaises longues ou de grands draps molletonneux à même le sol pour prendre le thé ou faire la sieste à l’égyptienne. Tous les étages étaient aussi accessibles via les ponts extérieurs qui encerclaient le corps du bateau et qui étaient reliés entre eux par divers petits escaliers en bois.

Au milieu du hall, au cœur de ce somptueux décor, les trois Scheffer et Jörgen O’Brian venaient d’arriver. Dans le grand miroir qui surplombait la réception, Toni jeta un coup d’œil furtif à son reflet et à celui de Jörgen qui se tenait, maladroit ou gêné, à côté d’elle. Elle aimait ce qu’elle voyait. Pas son propre reflet mais le leur. Eux deux, côte à côte. Bon, certes, juste derrière eux, il y avait la silhouette austère de Jean et son regard à scier du plomb qui pesait sur eux, mais rien n’enlèverait à Toni le sentiment exalté d’être à la fois si loin de Poudlard et si près de Jörgen dans ce pays où il fait toujours chaud.

Elle avait mis le paquet parce qu’elle voulait être jolie pour lui. C’était probablement ce qui avait mis la puce à l’oreille de Jean à l'instar de son étrange demande d'accueillir un ami de Poudlard avec eux pour les vacances de fin d'année. Toni s’était vêtue d’une robe couleur jonquille aussi ample que vaporeuse et qui s’arrêtait à mi-mollet. C’était sa robe d’été préférée, celle aux bretelles en velours orange et fuchsia qui se fermaient par deux nœuds assortis, et en matière et en couleur, au motif floral qui semblait dégouliner le long du jupon de la robe. Sandalettes roses et cheveux attachés en chignon, elle avait dû demander à sa mère de changer la couleur de l’élastique et des barrettes pour l’assortir aux sandales… Jean avait doublement tiqué : « C’est qui déjà ce garçon… ? » avait-elle demandé soupçonneuse. Toni avait esquivé en demandant en vain si elle pouvait emprunter son bâton de brillant à lèvres. Elle ne l’avait pas obtenu mais en revanche, elle avait obtenu la paix.

- Euh... Toni, tu veux bien me faire la visite ? demanda Jörgen.

Toni sourit large et acquiesça bien qu’en réalité elle savait parfaitement qu’ils n’en auraient pas fait le tour en une journée. Elle-même n’avait toujours pas eu le temps d’aller farfouiller dans tous ses recoins. Après avoir fait un rapide tour sur le pont, elle savait juste par Dahoud que l’étage interdit était les soutes, c’était à dire le niveau -1 qui était réservé aux cabines du personnel de bord, et que la salle à manger était à tel endroit parce qu'elle y avait déjà mangé.

Pour ne pas laisser à Jean le loisir de s’immiscer entre le point d’interrogation de Jörgen et sa réponse, Toni prit vivement la main de Jörgen et l’attira vers le grand escalier central pour grimper à l’étage supérieur.

- Très certainement, cher ami !
lança-t-elle joviale. Il fallait qu’ils déguerpissent très vite avant que…
- Hum, hum…

"Damned ! Trop tard !"


Mrs Scheffer était restée calmement à côté de Mr Scheffer et regardait infaillible la tentative d’évasion des deux adolescents. Un simple raclement de gorge suffisait à glacer le désert Egyptien. Toni n’avait pas posé le pied sur la première marche que ses épaules s’affaissèrent. Déception.

- Nous ferons le tour de bateau tous ensemble après le repas.

Toni pivota sur elle-même pour faire face à sa mère. Elle allait ouvrir la bouche pour protester quand :

- Toni…

Arg ! Elle détestait ça ! Elle détestait quand Jean faisait ça. Pas besoin de finir sa phrase, Toni connaissait toujours la fin des phrases en suspension de sa mère. D’ailleurs, cette dernière s’ennuyait rarement à les finir. Il suffisait d’un prénom suivi par trois points de suspension. C’était une grande adepte de l’économie du verbe. La reine de la langue du trois-petits-points ! Un peu comme Jörgen mais en plus effrayant.

Parfois, après les repas, quand elle quittait la table à la hâte pour aller flâner ailleurs sans prendre le temps d’embrasser sa mère : « Toni… »
Alors Toni rebroussait chemin, venait déposer un bisou sur la joue de Jean et, enfin, elle avait le droit de vaquer à ses occupations.
Encore ce matin, juste avant de quitter le bateau, Toni était parvenue à subtiliser en douce le fameux brillant à lèvres : « Toni… »
La petite britannique, en soupirant, s’était contentée de tourner le visage vers Jean qui, armée de sa baguette, avait retiré le gras et tout le reste de maquillage pour remplacer le tout par du fluide solaire. Ca marchait aussi avec « Croze… » quand son père lisait le Daily Prophet et qu’il n’écoutait plus sa mère.
Il y avait des variantes : « Maquillage… », « Journal… », « Bisou… ». Et ça fonctionnait avec tout et tout le monde : « Dahoud… » - l’Egyptien avait lui aussi très vite intégré le langage du trois-petits-points -, lorsqu’il se laissait aller à des propositions farfelues comme « Toni, tu veux monter un dragon du désert ? » Un « pas question » lui paraissait sans doute trop loquace.

Là, ce « Toni… » voulait clairement dire, « Arrête-toi tout de suite si tu ne veux pas être déshéritée. »
Horrible cartel du monosyllabique ! Pourtant, quand Jörgen disait « Toni… », ça ne sonnait jamais comme une menace mais plutôt comme un « reste contre moi », « tu vas me manquer », « content de te voir », « tu as du chocolat autour de la bouche mais t’es jolie quand même », bref, des trucs qui ne nous font pas regretter d’avoir un prénom.

Il y eut un moment de silence d’anthologie. Jean regardait Toni, Toni regardait Jean puis Croze, Croze regardait Jörgen et Jörgen regardait sans doute quelque part où il n’y avait aucun Scheffer dans sa ligne de mire. Sur ce, Dahoud le providentiel, entra en trombe dans le bateau, cria que le repas serait servi dans trente minutes, et fila droit vers l’escalier du niveau -1, probablement pour aller revêtir son costume d’intérieur.

Croze mit fin au duel silencieux :

- Chérie, laisse-les faire un tour dans le bateau. Toni, va montrer sa chambre à Jörgen et… choisissez un de mes costumes pour le dîner de ce soir. Rejoignez-nous à table dans trente minutes. Nous, mon cher amour, ça nous laissera le temps de passer en revue chaque couvert pour éviter un incident tel que celui de la dinde de Noël.
- Cro…

- Non négociable…

Toni hallucinait ! Son père commençait à maîtriser le trois-petits-points ! Vite ! Il fallait qu’elle s’y mette. Mais, pour l’instant, vite ! Il fallait disparaitre avant que quelqu’un ici change d’avis ! Ce programme lui convenait tout à fait.

- Allez-y, insista Croze qui semblait avoir la même crainte que Toni.

Elle acquiesça après avoir soufflé de soulagement quand elle aurait préféré pousser un cri de joie. Néanmoins, alors qu’ils montèrent tranquillement les marches de l’escalier en colimaçon, Toni s’était composé un visage figé dans le détachement pour que sa mère ne suspecte pas l’allégresse sans borne que l’intervention de Croze avait provoqué.

Mais, dès que le couple Scheffer eut disparu dans le couloir menant à la salle à manger et dès qu’elle et Jörgen eurent tourné au coin de l’escalier qui menait au couloir des cabines du niveau 3, Toni plaqua presque sauvagement Jörgen contre un mur et vint écraser contre lui, tout son poids, tout son corps et ses baisers. Comme des furies, ses mains cherchèrent à entrer en contact avec un maximum de centimètres carré du corps de Jörgen en un laps de temps rigoureusement court, et les cheveux, et le visage, et le cou, et les reins et le torse… rien ne fut laissé en reste. Et quand ses mains ne pouvaient se frayer un chemin décent, se furent ses jambes qui se collèrent aux siennes. Ils en perdirent légèrement l’équilibre mais ils se rattrapèrent de justesse à une statue de Nefertiti qui protesta en posant ses mains de calcaire sur ses yeux d’émeraude. Toutefois jamais Toni ne décolla ses lèvres de celles de Jörgen… Elle agissait, si c’eut été possible, avec autant de sauvagerie et d’appétence qu’un vampire affamé. Et c’était bon de décharger enfin l’afflux de tendresse qui grouillait en elle. Jusqu’à épuisement.

Quand elle se sentie rassasié de sa dose de Jörgen O’Brian, le baiser se fit plus doux, les caresses plus langoureuses avant de s’ancrer dans le dos du Poufsouffle qu’elle avait poussé contre le mur ; la respiration ralentit, doucement. Elle ponctua l’échange par un sourire angélique contre sa bouche, elle y resta ainsi un instant sans bouger, puis, après un moment, elle rouvrit les yeux avant de laisser choir son front contre l’épaule de Jörgen, comme si elle avait vidé toute son énergie durant ce baiser et que, à bout de souffle, il lui fallait un instant de répit. Ce n’était pourtant pas de la fatigue. Elle voulait seulement se reposer contre lui, prendre le temps de le respirer, de le sentir exister contre elle.

Le front toujours posé contre l’épaule de Jörgen, elle entrelaça ses deux mains aux siennes. Ses joues étaient brûlantes, son sourire qu’il ne pouvait voir était apaisé et coquin à la fois. Elle regardait le sol. Il y avait un pied à basket, puis deux pieds à sandalettes et encore un pied à basket et un baluchon qui avait du tomber entre temps :

- C’était la plus belle fleur d’orchideus qu’on m’ait jamais "presque-offerte", dit-elle comme un soupir sorti d'une pensée lointaine. Parce que maintenant, elle avait le temps de penser.

C’était une de ses informations que les sens enregistrent mais dont l’essence est mise en stand-by pendant un moment avant de parvenir au cerveau. Etait-elle vraie ? Ne se l’était-elle pas imaginé ? Pourtant, Toni était certaine de ne pas l’avoir rêvé cette fleur… même de si loin… quand, avec ses parents, elle voyait arriver Jörgen alors qu’il ne les avait pas encore remarqué. Mais, dans le débordement des pensées et des infos stressantes qui avaient jalonnées son arrivée, chaque goutte de mot avait été prise dans un torrent et la petite fleur au bout de la baguette avait fanée trop vite... si vite qu’elle ne connut jamais son « merci. » Toni eut un pincement au cœur. Elle s’en voulait. Elle pressa ses deux mains sur celles de Jörgen :

- Tu m’en feras une autre pour mettre dans mes cheveux pour le dîner de ce soir ?

Elle aurait juste aimé dire « Jörgen… » mais il lui manquait encore un peu de technique et de confiance pour maîtriser le langage du trois-petits-points.


Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: [Egypte] Ne le dis à personne   Sam 2 Jan - 10:03:19

- Toni..

Il ne dit rien de plus mais délaça deux de leurs mains pour égarer la sienne dans les cheveux de Toni qui s'étaient fait sauvages durant leur baiser, avant de finir sa course contre son dos, apaisée. Les yeux fermés, le sourire de Jörgen s'étalait grand sur son visage.
En cet instant même, à cet endroit même, il était heureux, simplement et intensément.

Toni avait déjà une très nette tendance à apparaître entre le monde et lui, au moment où il s'y attendait le moins, une image puissante qui s'imposait d'elle-même comme un patronus autodidacte. Et le souvenir de ce baiser, ancré dans ses reins et, de façon plus pérenne, dans sa mémoire, était à même de lui permettre d'affronter une armée de Jean Scheffer. Au moins.


*Wow!*

Son prochain fantôme aurait une robe couleur de printemps, les joues roses, un sourire malicieux et des yeux pétillants.
A en perdre son anglais.

L'orchidée...
Il l'avait oubliée.
Il murmura contre ses cheveux:


- Promis.

Sa main libre se fraya un chemin jusqu'à sa nuque. légère pression jusqu'à ce qu'elle lui présente à nouveau son visage.

- Juste un dernier.

Par gourmandise.
Léger, aérien. Pour voir encore quelques bulles de bonheur lui envahir la tête. Son baiser se finit dans un sourire presque glorieux. Un vieux couple passa au loin, leur accordant un regard attendri que lui trouva presque envieux. Il ne fit que la serrer plus fort contre lui, dans un "elle est à moi" qu'il n'aurait jamais osé clamé à voix haute.


- Joyeux Noël, Toni.

Il la lâcha presque à regret pour s'emparer de son sac, échoué à leurs pieds. Hésitant un instant, il finit par en sortir un petit paquet enveloppé de craft rouge et de raphia.

- C'est euh... pas grand chose. Enfin...

Un cadeau de Noël qu'il ne voulait pas exposer aux regards des parents Scheffer. Il en avait un autre plus acceptable, plus officiel et surtout dont il était plus sûr de savoir ce dont il s'agissait.

- C'est moldu. J'espère que... tu n'en as pas déjà une.

Collectionneurs dans l'âme, Toni se différenciait de lui dans le sens où elle savait ce qu'étaient les choses moldues qu'elle possédait.
La chose en question... elle provenait d'une boutique de Dublin et lui avait coûté une petite fortune venue de la tante Mildred, ou plutôt échangé contre le cadeau de cette tante Mildred. Chère tante Mildred, avare de ses sous comme un botruc de son arbre, mais dont James était le chouchou depuis qu'il avait sauvé Igor -un truc à plumes et à bec indéfinissable hormis sa couleur bleu céruléen mais qui devait malgré tout rentré dans la catégorie des oiseaux- d'un chat errant... En vérité, son frère avait plutôt sauvé le chat errant d'une amputation certaine de la tête puisque l'oiseau de Mildred s'était mis dans l'idée d'en faire son repas. Peu importe. Depuis cette épisode, James était devenu sacro-saint. Et Mildred offrait toujours un cadeau immonde mais cher au premier des triplés qui tombait sous son nez au pied du sapin, n'ayant jamais compris qu'ils étaient trois, ou alors incapable de les différencier, ce qui revenait sensiblement au même. Cette année, c'était Jörgen qui était l'heureux élu du gros lot: un autre immondice.
Un autre oncle un peu escroc sur les bords (chaque famille se devait d'en avoir un, pas vrai? Les O'Brian s'offraient même le luxe d'en avoir trois) s'était chargé de la transaction immondice-gallions, gallions-livres sterling.
Jörgen avait ensuite profité de son cours trajet jusqu'à la SNTE de Dublin pour errer devant les boutiques moldues. L'achat de la ... du... euh, du cadeau de Toni était devenu une scène mémorable qu'il lui raconterait le jour où la honte aurait été désistée de ses qualités assassines.


Spoiler:
 

Que sa petite folie lui ait coûté une fortune ne se verrait sans doute pas.En dehors de sa surface lisse et vaguement brillante, l'objet ne faisait pas grand chose d'utile. Il avait tenté d'appuyer sur quelques boutons, supposant que ce n'était pas beaucoup plus difficile d'usage que la boîte à musique que Toni lui avait offert le jour de leur rencontre.
... Encore un attrape-nigaud dans lequel il était tombé tête la première. A tout prendre, c'était toujours moins moche que l'étrange serpillère à trucs brillants de Mildred. On pouvait même se voir sur une des faces de son objet à lui. C'était fou que les Moldus inventent des miroirs aussi chers.


- C'est vraiment pas exceptionnel. C'est juste... enfin, tu verras. Mon autre cadeau est...

Plus à son goût à lui.
Ses deux mains se retrouvèrent enfoncées dans ses poches, comme deux autruches au bout de ses bras.
Il lui fallait trouver quelque chose pour contrebalancer... ça.
Baguette, s'il-vous-plaît.


- Et, en attendant ce soir...

*Orchideus!*

Oops.
La vérité. Il ne voulait que deux ou trois orchidées et... Au lieu de ça, il y avait un bouquet à faire pâlir n'importe quel fleuriste. Des orchidées multicolores, dans les teintes roses, orange et fuschia, nervées de blanc, et même, sans qu'il sache comment il était arrivé là, un colibri au plumage doré et rouge.
Un tout petit peu trop enthousiaste quand il avait fait le sort, sans doute.
Cette image, cette robe, allait le hanter longtemps.
Un peu embarrassé, il tendit le tout à Toni.


- Euh... voilà.

Il était toujours passablement mal à l'aise de mettre à jour quelque chose de personnel. Et bien que ce machin-là ne soit justement pas vraiment personnel n'y changeait rien.
Le regret vint trop tard. La peur de la décevoir vint remplacer l'envie de lui faire plaisir qui l'avait pris ce matin, qui l'habitait de manière presque constante. Il aurait dû attendre, ça n'était pas si pressé.
Il aurait pu lui reprendre le paquet des mains sauf qu'il aurait l'air stupide. Il aurait pu...

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MessageSujet: Re: [Egypte] Ne le dis à personne   Mer 20 Jan - 19:05:34

Pour un baiser.

- Jörgen...


C'était un soupir, et il lui semblait qu'il racontait mieux que les mots beaucoup de choses indicibles. Était-elle enfin parvenue à parler le langage du trois-petits-points ? Il lui tendit ensuite un paquet qu'elle ouvrit avec la joie des enfants au pied du sapin. Elle avait toujours les petits cadeaux offerts au BDE. Pourquoi en faire encore un ? Ce n'était pas la peine. "Ce n'était pas la peine", elle se le disait par sagesse et pondération mais au fond, elle était bien contente.

Quelle ne fut pas sa surprise d'y découvrir un portable. Ses premiers mots lui échappèrent ainsi qu'un petit rire hagard :

- Tu te fous de moi ?

Ça ne voulait pas dire se foutre d'elle au sens premier. Cette interjection malhabile ne s'adressait pas à Jörgen mais à un spectateur lambda qui ne vivait que dans la tête de Toni. Prenant conscience que cela pouvait être mal interprété par l'intéressé, elle se ressaisit et expliqua en souriant, un brin moqueuse :

- Toi, Jörgen O'Brian, tu as été dans une boutique moldue pour acheter ça ?

Cette fois-ci elle rit aux éclats, heureuse, tout en continuant de déballer le paquet pour se saisir du portable. Elle y vérifia la carte SIM :

- Mais t'es pas dingue ? Ils auraient pu te vendre une vraie bouse sans que tu t'en aperçoives... et celui-ci coûte super cher... wouah ! il a le wap... je vais pouvoir surfer sur Internet ! Enfin, ça ne change rien... on va le rapporter. Jörgen, pourquoi tu as fait ça ? T'es fou...

Ca ne devait pas être la réaction attendue mais apparemment Toni faisait exactement tout le contraire de ce que suggéraient ses paroles. Elle aimait beaucoup le portable, elle ne s'y était pas du tout attendu, surtout venant de la part de Jörgen. Elle s'imaginait déjà lui ouvrir un adresse mail pour lui envoyer des mails depuis son nouveau gadget.
Elle appuya sur une touche pour le mettre sous tension et vérifier le réseau. Ca marcha et elle parut en être heureuse.

- Mobicarte ! Génial ! Non, c'est pas génial ! C'est pas bien... J'adoooore. Ma mère va me tuer si elle découvre que j'ai un deuxième portable.


Oups, la boulette. Toni cessa de gesticuler un instant et scruta Jörgen :

- J'en ai déjà un... C'est... c'est ma mère qui m'a obligée...


Elle soupira, concédant au sort que le meilleur cadeau qu'il aurait pu lui faire était en fait de garder pour lui ce téléphone afin qu'elle y trouve aussi son compte et elle tendit l'objet au Poufsouffe :

- Ce qui me ferait plaisir, pour de vrai, c'est que tu le gardes, que tu apprennes à t'en servir et que lorsque nous ne sommes pas à Poudlard, tu m'appelles... Je voudrais t'entendre quand tu es loin ou, comme la dernière fois, quand je suis restée coincée à la gare sans pouvoir te joindre. C'est un super cadeau. Je te remercie beaucoup et je regrette de ne pas avoir été une petite souris le jour où tu l'as acheté, ça devait être épique, sourit-elle, mais je ne peux pas le garder... c'est un trop joli cadeau.

Elle ramassa la boîte et y remit l'objet qu'elle fourra dans les bras de Jörgen avec un air satisfait. L'idée lui plaisait beaucoup.

- On va voir ta chambre ?
proposa-t-elle avec tendresse en espérant ne pas l'avoir vexé.

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MessageSujet: Re: [Egypte] Ne le dis à personne   Ven 22 Jan - 16:31:58

Pour un sourire.
Pour un sourire, il voulait bien échanger un regard éloquent avec une petite boîte qui s'était mise à vivre entre les mains de Toni. Il pouvait bien afficher une tête scepticissime. Sans blague, il voulait bien que les Moldus soient inventif (géniaux?) mais de là à se servir d'un mini-truc pour surfer. Et l'Internet n'était sans doute pas un fleuve égyptien, à moins qu'il soit à ce point nul en géographie locale.
Jörgen se contenta d'observer son amie, tirant la conclusion générale que le cadeau devait lui plaire, même si elle exprimait ça dans un langage à moitié incompréhensible. Sans trop savoir comment, il se retrouva avec le portable (c'était ça? c'est vrai que c'était pas très lourd à porter et transportable partout... pas très poétique mais réaliste, comme nom.) entre les mains, en train de hocher la tête à grands coups de sourire, en promettant d'apprendre. Mais comment fonctionnait donc ce truc? Un genre d'appareil à sonorus, un amplificateur de voix? Parce que pour s'entendre ne serait-ce que d'un bout à l'autre du terrain de Quidditch... Ou alors... cela fonctionnait-il comme ces objets à double-sens qu'utilisaient certains sorciers? Comme ces miroirs dont chacun avait le double et qui communiquaient, même avec des miles et des miles de distance? Oui, mais ces objets-là étaient magiques.
scratch
Il restait là, tout papillonant, cherchant où il devait placer sa propre opinion, si il avait seulement son mot à dire. Il aurait dû être piqué que son cadeau lui revienne, il ne réussit qu'à sourire un peu plus fort. Toni paraissait tellement enthousiaste à l'idée qu'il récupère le portable. C'était le but d'offrir, non? Faire plaisir. Mission accomplie, paraissait-il.

L'envie de lui proposer un échange lui traversa l'esprit et y stagna. Peut-être est-ce que ça valait mieux.


- On va voir ta chambre ?

Est-ce qu'on pouvait humainement résister à ça? Humainement, il n'en savait rien. Jorgenement, non.
Le Poufsouffle opina simplement, glissant une main dans la sienne pour se laisser guider.

En chemin, il fit de sérieux efforts pour ne pas paraître trop impressionné, cachant son malaise grandissant à grands coups de coup d'oeil au paysage. Dans le ciel, des mouettes (ces bestioles étaient définitivement du genre international) clamaient sans pudeur leur droit à la nourriture. Des pêcheurs égyptiens, torses nus sur leur pantalon de coton blanc, leur cédaient quelques miettes de poisson. Ils étaient étrangement moins avares que les vacanciers qui se contentaient de jouir du spectacle en se gardant bien de jeter quoi que ce soit aux oiseaux. Seuls quelques petits sorciers, insouciants, se séparaient de la quasi-totalité de leur goûter, à grand renfort de cris et de rires. C'était à celui qui réunissait la plus grande quantité de volatiles dans son sillage. Un peu à l'écart, une petite tête blonde attira son regard et réussit à calmer toutes les appréhensions qu'il nourrissait depuis qu'il avait posé le pied en Egypte. Thémis avait cette faculté de l'apaiser sans qu'il ne se l'explique vraiment. Il avait sans doute juste assez de Toni pour cela. Entre eux deux, il se sentait enfin complet.

Ils s'arrêtèrent un instant pour le contempler en silence. Juste un instant. Ils avaient le même sourire sur le visage.

A peine après, lui sembla-t-il, Toni apposa sa main sur une porte qui s'ouvrit sur... euh... wahou! Une suite qui faisait deux fois la salle commune de Poufsouffle.


- ...

Ca se passait tout simplement de mots. Jamais il n'avait vu de pièce manifestant tant d'opulence, avec goût et sans ostentation. Et comme si ça n'était pas assez, la Gryffondor le guida jusqu'à une autre porte qui se révéla être la jonction entre la suite des Scheffer et sa suite à lui tout seul. pale . La différence entre leur style de vie ne l'avait jamais frappé à ce point.
Son sac atterrit au sol avec un petit pouf, complètement décalé dans le paysage de la chambre. Il se voyait d'ores et déjà rédiger un hibou de secours à James pour qu'il lui fasse parvenir il ne savait quoi qui l'aiderait à se fondre dans le moule.


- Tu aimes?

Il dévisagea Toni dans sa petite robe et il ne pensait pas exactement à la chambre quand il répondit par l'affirmative.
En dépit de Jean Scheffer et de l'enfer qu'elle allait lui faire vivre, en dépit de 1429 gallions qui lui faisaient comme un poids, en dépit de tout, en dépit de rien, il était juste heureux.
Il effectua un 360° pour prendre pleinement conscience de l'espace, revenant invariablement sur Toni.


- Ca me plaît beaucoup.

Il glissa deux doigts sous son menton jusqu'à ce qu'elle lève le menton vers lui et l'embrassa tout doucement.

- Ca me plaît vraiment.

Les instants de solitude leur étaient comptés, il le savait. Il allait leur falloir les grignoter et les soutirer au compte-goutte. Avec la complicité de Mr Scheffer? Jusqu'où irait sa sympathie pour ce garçon qui s'immisçait dans la vie de sa fille? Il verrait bien.
Mais de ces instants de solitude, il comptait bien en distiller chaque seconde.
La demi-heure tirait sérieusement à sa fin.

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Toni Scheffer
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MessageSujet: Re: [Egypte] Ne le dis à personne   Mar 26 Jan - 7:00:10

Quatre jours plus tard.

« 30 décembre 2009

Cher journal,

Je sais que tu n’es pas vraiment un journal et que tu ne m’es pas vraiment cher non plus pour la bonne raison que je n’ai pas de journal car je ne suis pas assez rigoureuse pour en tenir un quotidiennement. Tu n’es qu’un bout de parchemin piqué à l’accueil du Diamant du Nil mais tu feras l’affaire pour l’occasion car j’avais incontestablement besoin d’un journal pour me confier aujourd’hui. Si j’appelle Alex en Angleterre avec mon forfait Play School tout pourri auquel m’a mère m’a abonné, ça va coûter bonbon, ma mère va me descendre et, pour une fois, mon père ne sera pas foncièrement contre. Donc, écrivais-je, « cher journal… »

Pour le moment, Jean n’a pas fait d’écarts à mettre au Guinness Book des records de la mère la plus pénible mais elle flirte avec la frontière du ridicule à chaque instant. Le premier jour, après mes trente minutes de temps libre avec Jörgen, je crois qu’elle m’a collé aux sandales jusqu’à la fin de la journée. Au temple de Karnak, pas besoin de chercher un peu d’ombre par ces 42 degrés, j’avais l’ombre de ma mère tout du long.

D’après Dahoud, improvisé guide des Scheffer (je ne sais vraiment pas ce que l’Egyptien nous trouve), certains archéologues ont subi la malédiction de la momie. En ce qui me concerne, je subis continuellement la malédiction de la mummy. Si j’avais su que je devrais attendre trois jours avant d’avoir de nouveau l’occasion d’être seule et d’en profiter avec Jörgen, j’aurais mis nos trente minutes de respiration plus à profit.

Le premier repas a été horrible ! Dès que Jörgen ouvrait la bouche, Jean lui coupait la parole, comme si elle ne l’avait pas entendu, et elle se mettait à parler de tout autre chose en faisant comme s’il était absent. J’avais beau rouler des yeux et souffler comme un lama pas content, papa m’arrêtait d’un regard « laisse courir » et Jean continuait son cinéma. J’avais honte ! Tellement honte. Evidemment, on m’avait placé à l’exact opposé de Jörgen pour que je ne puisse pas le toucher ou lui parler sans croiser la conversation de mes parents. J’aurais pourtant eu envie de lui prendre la main sous la table pour lui donner un peu de patience et de courage. Il en fut de même pour le repas du soir où je réussis néanmoins à grappiller une danse à Jörgen après en avoir dansé cinq avec mon père. Je peux même proposer un vague extrait de la discussion que nous avons eu pendant la danse :

- Papa ! Elle est insupportable ! C’est pas bien comment elle se comporte avec Jörgen !
- Du calme, Toni… ça va changer. Sois patiente.
- Patiente ? Je suis extrêmement patiente parce que figure-toi que j’aurais pu la jeter dans le Nil dix fois pour dix raisons différentes et que je ne l’ai pas fait !
- Laisse-lui le temps de se faire à l’idée que tu as un amoureux.
- Un amoureux ? Mais j’ai jamais dit que Jörgen c’était mon amoureux et je… je… enfin, je… heu…
- Oui, c’est ça.
- Tu crois qu’elle l’aimera un jour ?
- Ca dépend plus de la patience de Jörgen que de celle de Ginny (le petit nom que mon père donne à ma mère.)
- A ce train-là, Jörgen sera écœuré et il partira en courant…
- Ne la laissez pas gagner. Si elle voit que tu tiens à lui en dépit de ses simagrées, elle cessera. Tu as toujours laissé tomber tes autres petits copains jusqu’ici. Tu ne t’es jamais donné la peine de combattre son opinion.
- Si ! D’ailleurs c’est plutôt eux qui me quittaient…
- Faux. Tu les laissais partir.

Ca m’a déporté les neurones toute la nuit. Selon mon père, si j’avais vraiment voulu garder un petit copain, j’aurais pu. Plus tard, pendant la danse avec Jörgen, j’étais si indignée que je n’en ai même pas profité. Je me suis juste contenté de m’excuser pendant les quatre minutes que ça a duré. A un moment, Jean est passée à côté de nous et m’a jeté un de ces petits « Toni… » J’ai failli l’attraper par le chignon mais j’ai obéi. C’était un « Toni, écarte-toi d’au moins trente centimètres. » Je tendis mes bras (je ne pouvais pas faire mieux) et l’écart entre Jörgen et moi semblait combler ma mère.

Je suis une bourrique. Au lieu de m’excuser, j’aurais aimé dire à Jörgen que le costume de mon père lui seyait épouvantablement bien et qu’il était beau, que ces quatre minutes valaient la peine de souffrir quatre jours et que plein d’autres choses.

Tous les repas du soir sur le bateau requièrent le port d’une tenue de soirée obligatoire et une soirée spéciale était prévue pour la saint Silvestre. L’occasion pour ma mère de verser dans le pire de Jean Scheffer.

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Lors de l’escale à Edfou où nous sommes allés visiter le Temple d’Horus que j’ai adoré et Dahoud est un très bon guide, j’écoutais ce qu’il disait avec admiration, j’aurais été incapable de lui faire visiter Londres en connaissant par cœur l’histoire des monuments pourtant on n’a pas fait plus londonienne que moi, enfin, bref, à Edfou en revenant par un des souks moldus qui bordent les quais, Jean a suggéré à Jörgen (sans s’adresser directement à lui, évidemment, mais il y avait une once de bon sentiment dans sa façon de le proposer), qu’il fallait qu’il ait un costume pour la soirée du 31. Je n’ai réalisé l’ampleur de cette simple suggestion qu’aujourd’hui et j’en suis outrée ! C’est un scandale ! Je suis scandalisée ! Jean est un démon !

Je raconte…

Like a Star @ heaven

Le troisième soir, comme la veille, l'avant-veille et probablement tous les prochains soirs, Jean faisait la Vigie devant la porte de la suite de Jörgen pour être bien sûre que le chemin que j’emprunterais irait directement vers ma chambre. Elle me fit un baiser sur le front et me questionna :

- La taille du Poufsouffle ? (jamais de phrases complète avec Jean)
- Hein ? fis-je, prise au dépourvu.
- Pas « hein », « comment ». Quelle taille ?
- Je... je sais pas… heu… 40. Ou 44 ? Et puis, il s'appelle pas Poufsouffle, il s'appelle Jörgen !
- Non. Pas 44. Je verrai bien.
- Pourquoi tu veux savoir ça ? Tu verras bien quoi ? Ne fais rien qui le mette mal à l’aise, je t’en prie. Tu es déjà assez injurieuse comme ça. Fiche lui la paix.
Loin de se vexer, elle me sourit et m’embrassa de nouveau avec affection :
- Au lit. Bonne nuit, ma chérie.

Je savais qu’elle préparait un mauvais coup. C’était peu dire.

Like a Star @ heaven

Le lendemain (aujourd’hui, quoi), à Assouan, ma mère nous a littéralement, mon père et moi, jetés dans la ville avec nos gourdes et nos baguettes. Elle nous a donné rendez-vous le soir même au Diamant du Nil pour qu'on se prépare tous ensemble avant de se rendre à la soirée Nubienne dans un club sorcier de la ville.

- Et Jörgen ? s’inquiétait mon père.

Si mon père avait l’air inquiet, je l’étais encore plus. Elle allait le vendre sur le souk !

- Vous occupez pas. A ce soir,
nous répondit-elle en poussant Jörgen ahuri dans le sens opposé du nôtre.

Et le soir ! Par Merlin ! Je n’osais même pas imaginer ce que Jörgen avait subi ! Une journée avec ma mère ! Ca aurait pu être le titre d’un film d’horreur. Tout ce temps avec mon père, j’avais eu du mal à ne pas penser à eux. Je savais que cela avait un rapport avec la taille de Jörgen. Mais quoi ? Et si elle avait prévu de lui faire un sarcophage sur mesure ?

Dès que nous sommes rentrés avec Croze, je m’empressai d’aller voir dans la suite de Jörgen si ses affaires étaient toujours là. Si, poussé à bout, il n’avait pas filé au premier point SNTE pour transplaner en vitesse vers les siens. S’il était toujours vivant. J’exagère un peu mais ça me faisait cet effet là.

Stupeur. Le lit de sa suite était recouvert de costumes, de polos, de pantalons et de vêtements. Le sol était un parterre de chaussures qui allaient de la basket au mocassin (70% de marques moldues, peut-être que finalement Jörgen apprécierait) et il y avait une nouvelle malle pour contenir le tout.

J’avais envie d’exploser la suite ! Elle avait osé ! Elle avait rechuté !

- MAMAAAAAAAAAaaaaaaaaaan !
Faché

Ma mère apparut derrière moi dans un crac caractéristique du transplanage.

- Toni ?

Elle avait ce petit air allègre sur le visage :

- Jörgen n’est pas une poupée ! Il est comme il est ! Ramène ces vêtements où tu les as acheté ! Il est déjà assez gêné d’accepter votre invitation…
- Herm herm…
- … D'accord, MON invitation, comme ça. Pourquoi tu fais ça ?
- Je l’aime bien.

Elle m’avait coupée souffle. Pourvu que ça tienne jusqu'au moment où elle recevra la lettre de Mareva Coolwater et qu'elle se souvienne de ce sentiment. Je restai comme une idiote au milieu de la suite.

- Avise-toi de lui dire et je lui fais un sarcophage sur mesure,
compléta-t-elle impassible.

C'est horrible, je la connais trop bien.
Je souris à ma mère mais ne laissai pas passer l’incartade :

- Je suis contente… je suis contente mais ça ne change pas mon impression. Laisse lui porter ce qu’il veut. T’as rien fait à ses cheveux, hein ? m’inquiétai-je. T’as pas touché à sa coupe de cheveux, je t’en prie ?!
- Toni… (celui-là voulait dire « arrête de faire la troll ») Je ne veux pas d’un gendre qui s’habille chez Guipure (le comble du mauvais goût pour elle.)
- M…mais… G.. gendre ?! Tu vas vite là. Hier soir encore, tu voulais qu’on le donne en offrande à Kom Ombo sur l’autel du Temple de Sobek…
Ca avait beaucoup fait rire Dahoud et mon père mais pas moi.
- C’est toujours le cas. Mais il mourra bien habillé, cligna-t-elle des yeux avant de me planter.

Jörgen est alors apparu à la porte de sa chambre. J’avais honte et, paradoxalement, j’étais heureuse. Même si l’appréciation de Jörgen passait par la case « le petit copain de ma fille est mon nouveau joujou » (je n’étais pas sûre de ne pas regretter le temps où elle ne l’aimait tout simplement pas), c’était assez engageant de savoir que Jean n’avait rien contre lui et s’imaginait qu’il puisse être un jour son gendre. Ca présumait aussi qu’au moindre écart, Jörgen était un sorcier mort. Pas sûr qu’il y gagne vraiment.

- Encore une fois, je suis désolée… murmurai-je en allant contre lui pour l’embrasser. Il faudrait qu'on crée un forfait bloqué pour les excuses. Ma mère est folle… j’espère que ta journée n’a pas été trop pénible. Quand elle a une idée en tête…

Il m’apprit que faire du shopping n’avait pas constitué l’ensemble de leur journée. Ca n’avait été l’affaire que de la matinée et Jean avait dépensé à une allure marathonienne. J’étais à peu près persuadé qu’avec ce qu’elle avait déboursé dans sa nouvelle garde robe on aurait pu combler la dette du tiers monde. L’après-midi, poursuivit-il de me raconter, après avoir déjeuné avec lui sans lui adresser un seul mot, elle l’avait emmené visiter l’île éléphantine après une balade en Felouque. Elle avait acheté des souvenirs à un tas de personnes et la seule question qu’elle lui avait posée en rentrant vers le Diamant du Nil était de savoir s’il aimait les dîners de charité (mais on s’en fout, maman !) parce qu’elle cherchait des jeunes gens motivés pour le prochain qu’elle organiserait à Londres et il n’y était non pas convié mais ardemment sollicité s’il désirait poursuivre sa relation avec moi (chantage minable. Il aurait accepté même sans y être forcé.) Pour finir, elle lui avait fait le coup de la crème solaire et à gros renfort de baguette magique, elle lui avait enduis le visage : « je ne veux pas que ma fille sorte avec un gyrophare ambulant. » Il n’avait pas osé demander ce qu’était un gyrophare.

A présent, il est dans les 3 heures du matin. Je n’arrive à dormir parce que je suis tourmentée. Surexcitée. Fragile.

Mes parents sont restés en amoureux dans le quartier Nord d’Assouan. La soirée Nubienne était géniale même si Jean a continué de faire si bien sa Jean Scheffer : ignorer Jörgen sauf pour lui remettre le col du (tout nouveau tout beau) polo Lacoste en place, surveiller la distance entre nos poitrines pendant les danses, critiquer la maison des Noir et Or, le Quidditch, la chaleur, les serveurs, les danseuses du ventre, le repas et les culex, proposer à Jörgen (par l’intermédiaire de Croze) de souscrire à une assurance vie des fois qu’il ne me ramène pas vivante avant de nous permettre de rentrer au bateau tandis qu’ils resteraient à la fête avec mon père.

J’étais estomaquée qu’elle songe nous laisser sans surveillance.

Néanmoins…

A creuser les moments de solitude intime que j’aurais pu avoir avec lui, elle a augmenté considérablement mon envie de faire pire. Mais ce n’est pas seulement ça. C’est aussi le fait de le savoir apprécié d’elle, même si elle s’en cache bien. C’est aussi l’Egypte et la magie sémite, c’est Poudlard qui est loin et c’est le temps qui passe au rythme de l’influence du Nil. C’est l’odeur du papyrus et des épices sur les étales le long des rues. C’est la sueur dans la paume de nos mains. C’est aussi Jörgen, rayonnant, un petit coup de soleil sur le nez malgré la crème solaire de Jean, et son sourire à faire fondre les glaciers du Pôle Nord. C’est l’odeur du soleil d’Egypte sur sa peau et son haleine de miel quand il m’embrasse. C’est ma poitrine qui tambourine et mon corps qui réclame plus. C’est un tas de choses qui ont fait du chemin du retour vers le bateau le sentier de la perdition.

- Jörgen, je voulais te dire que je t’… trouve qu’on va bien ensemble.

Dur à dire. Plus dur que ce que je pensais. Je me suis contenté d’enlacer sa taille pendant qu’on arrivait sur le quai où était amarré le Diamant du Nil. Je n’ai plus prononcé un mot jusqu’à ce qu’on grimpe sur le pont. Le bateau était vide. Quelques lumières dans les chambres, à peine. Du personnel affalé dans le salon des invités en train de savourer des cigarettes à l’hibiscus en décompressant de leur journée alors que les touristes étaient de sortie.

Sur le pont, près de la piscine où nous en avions profité pour baigner Thémis, on s’est ensuite installés dans un transat pour deux. Au bout de quinze minutes, le transat a cassé et on s’est enfui, mort de rire et en courant, vers la suite. On s’est retrouvés très bêtes parce qu’il flottait quelque chose de bizarre depuis que mes parents nous avaient permis de partir. Et je n’arrivais toujours pas à lui dire que je l’aimais. Il a du le comprendre… en fait, je ne sais pas. Parce que des fois, Jörgen, je lui dis des choses, je suis persuadée qu’il a compris mais je m’aperçois un peu plus tard qu’il a rien compris du tout. Ca ne concerne que les trucs de fille. On ne parle définitivement pas le même langage.

Après, je ne sais pas ce qu’il m’a pris mais c’est la raison pour laquelle j’ai besoin de me confier, cher journal qui ne m’a jamais été aussi cher que maintenant.

- Jörgen, est-ce que tu veux me serrer très fort…?

Ce n’était pas une question mais une invitation dite avec tellement de pudeur que je me rendais compte que je refermai sur lui le début d’un piège que je savais plus fort que nous.

La porte de sa suite fut refermée. Ma main restait un peu trop longtemps sur la poignée, hésitant à réellement effectuer ce geste qui nous mettrait à l’écart du reste de tout, du bateau, de l'Égypte, de mes parents, des choses. J’eus gain de cause entre ses bras. Dans une sorte de langueur qui cachait très mal mon impatience et ma curiosité, les vêtements de Jörgen tombèrent sur le sol et ce n’était pas lui qui les avait retirés. J’avais besoin de ça. Un appel du corps pour une communion qui témoigne, mieux que tout, du besoin qu’on a d’être une partie de l’autre. Nous nous contentâmes d’être dévêtus, l’un contre l’autre, allongés comme deux rescapés d’un crash au milieu de nulle part. C’était la première fois que je voyais un garçon et que je me laissais voir par l’un d’entre eux. Une sensation d’appartenance absolue succéda à la gêne de se découvrir.

Nous savions que le temps nous était compté. Mes parents allaient revenir et Jean irait sans doute vérifier que j’étais bien dans mon lit et Jörgen dans le sien. La trêve et les rêves de gendre idéal seraient terminés si elle nous découvrait nus ainsi enlacés. Même si dans le fond nous n’avions rien fait de plus… je veux dire, « le plus » qui ordonne aux mamans de nous parler de contraception ou, à la mienne plus particulièrement, qui ordonnerait plutôt à tous les Aurors du monde de venir réduire Jörgen en purée à scrout.

On flirtait dangereusement avec le tic tac imbécile de la montre. Le temps n’est pas étirable. J’ai eu un mal fou à désunir ma poitrine de la sienne parce que j’avais l’impression que son existence, sa raison d’être, résidait dans la douceur d’être collée à celle de Jörgen. Nos peaux prenaient une texture que je ne leur avais jamais connue auparavant et je découvrais la douceur d’endroits de nos corps, du sien surtout, que je n’avais jamais fréquentés jusqu’ici. Sentir tout Jörgen contre moi me conférait enfin la certitude que les garçons et les filles étaient fait pour se compléter. Nos ventres chauds étaient les deux pièces centrales d’un puzzle où s’abîmaient des fourmis et des papillons qui réchauffaient le reste de notre étrange assemblage. Nos jambes et nos bras emmêlés comme le tissage d’un collier nubien paraissaient avoir été conçus, en dimension et en forme, pour sceller parfaitement nos bustes l’un à l’autre. Je voulais dormir contre lui. Et, sans doute, je voulais plus, « le plus » qui ordonne blablabla blablabla aux mamans.

Je l’ai quitté il y a quelques minutes. Incapable d’aller directement me coucher, je suis passée à l’accueil pour te trouver, cher journal. Mes parents ne sont toujours pas rentrés. J’aurais pu rester plus longtemps dans les bras de Jörgen. En partant, je ne lui ai laissé qu’un bisou dans le cou. Je m’entraînerai mieux demain pour lui dire que je l’aime.

Je me suis demandé s’il me trouvait trop jeune pour que nous allions plus loin. Je me le suis demandé sans oser le lui demander aussi. J’ai essayé de le penser super fort pour qu’éventuellement ça transperce ma boîte crânienne pour pénétrer la sienne mais comme il n’a pas fait un geste pour réclamer plus (je le lui aurais donné, sans hésitation), j’ai mis l’idée de côté. Je ne suis vraiment pas certaine que la liberté inattendue accordée par Jean se reproduira d’ici la fin des vacances mais je sais que ce bout de nuit restera dans mon esprit à chaque instant que Jörgen sera près de moi, ou non.

Voilà, cher journal. La confidence d’une adolescente qui n’aimait pas les journaux intimes. Ne le dis à personne... »

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Jörgen O'Brian
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MessageSujet: Re: [Egypte] Ne le dis à personne   Jeu 28 Jan - 19:41:45

So easy to get attuned to her...

Citation :
Jean Scheffer
XXXXX (connue pour être un tueur de sorcier/impossible à dresser ou à domestiquer)
La Jean Scheffer est une créature svelte dont la tête est pourvue d'une magnifique crête de cheveux couleurs de flammes. D'aucuns s'accordent à la trouver belle mais ne vous fiez pas aux apparences. Oublier sa présence peut entraîner ses foudres et vous serez bien avisé de ne jamais lui tourner le dos. Nul doute qu'elle possède des capacités hors du commun, dont la nature comme le qualité nous échappe malheureusement. Elle a longtemps été soupçonnée d'être une legilimens hors pair au flair et à l'intuition plus développée que beaucoup de créatures magiques.

Ou alors il se faisait des idées. Mais l'air qu'abordait Mrs Scheffer à la table de ce dernier petit déjeuner de l'année n'augurait rien de bon et Jörgen persistait à être persuadé qu'elle avait scanné son esprit et qu'elle au courant d'absolument tout. De son bonheur immense au sourire béat qu'il trafiquait tant bien que mal en air niais de celui qui n'a pas assez dormi (elle ne pouvait quand même pas savoir combien il avait été insomniaque pour le court bout de nuit qui l'avait séparé de ce petit déjeuner). De ses mains qui brûlaient du contact de sa peau. De ses yeux qui n'en appelaient qu'à croise les siens. Des mots qui se bousculaient dans sa tête et qui signeraient très certainement son arrêt de mort.
Il savait qu'il aurait dû être plus attentif aux cours de St John. Le professeur avait très certainement tenu un discours sur le comment parer à de telles intrusions.

Oui. Il devait se faire des idées. On ne déplorait pas encore ses restes flottants à la surface du Nil, dont même les crocodiles n'avaient pas voulu après qu'ils aient subi les foudres de Jean Scheffer. Ses bras, ses jambes étaient toujours attachées à son tronc et son coeur lui paraissait plus vivant que jamais, battant en écho aux souvenirs de la nuit.

Croze Scheffer lui lançait bien un drôle de regard en biais mais c'était peut-être seulement parce qu'il engloutissait un demi-litre de café à lui tout seul.

La journée ressembla sensiblement aux précédentes, mis à part le fait que se tenir à l'écart de Toni relevait presque de la torture (une nouvelle tactique de la mère pour le faire céder?). La distance était encore plus difficile à supporter après la communion de la nuit. C'était presque comme si, par-dessus les croissants et la confiture d'airelles, le corps de la Gryffondor appelait le sien, ne serait-ce que pour sentir une main en frôler une autre ou deux lèvres s'échanger un peu de chaleur.
Ignorant tout cela, Jean Scheffer, ne s'adressant qu'à son mari et à sa fille, déballa le programme de la journée.

La balade en barkabul dans le lac Nasser tout comme la découverte d'un énième sphinx n'obtinrent pas de Jörgen le quota de charme auquel ils pouvaient espérer. Bien évidemment, la mère de Toni avait tenu à ce qu'elle et son mari s'installe entre les deux adolescents. Le Poufsouffle commençait à se demander si Mrs Scheffer ne craignait tout simplement pas qu'il soit contagieux de quelques maladies incurables et honteuses parce qu'hormis tenir la main de Toni et lui voler quelques baisers, il ne voyait rien qu'il put faire d'impudique ou de dégradant envers leur sacro-sainte fille.
Et malgré tout... malgré tout il n'aurait échangé pour rien au monde la moindre seconde de son temps en Egypte contre la même seconde passée au sein de sa famille, dépression de Noël ou pas.

Devant les étendues abyssales du lac artificiel, il se contentait de revivre en silence leur bout de nuit de solitude. De son sourire adorable qui avait fait pulser ses veines au sentiment troublant que toutes ces vacances n'avaient été orchestrées que pour cet instant-là où les limites entre elle et lui s'étaient floutés à le laisser vide et désorienté à son départ. Pour cet instant-là, éternel comme un toujours et éphémère comme un maintenant, où l'ordre naturel des choses en avaient soudain eu fini de chercher à se fixer car, enfin, les choses étaient ce qu'elles devaient être. Pour cet instant-là... *I belong to you, you belong to me*. Pour cet instant-là où l'exactitude du yin-yang s'était imposée à lui. Pour cet instant-là où le "je" était devenu "nous". Pour cet instant-là où l'on savait avoir atteint l'inaccessible derrière lequel on courrait sans cesse.
Pour cet instant-là à l'authenticité naturelle.

Et comme un rêve étrange dans lequel on restait prisonnier d'un temps immobile, la journée s'enchaîna sur la soirée du réveillon. Le Diamant du Nil organisait un bal avec tout ce tralala des gens évoluant dans les hautes sphères. Le couple Scheffer, dignes représentant de leur race, altiers et fiers. Toni, inaccessiblement belle dans une robe d'un rouge profond qui lui allait à ravir. Lui, engoncé dans le costume d'un type qui, d'après l'étiquette, se prenait pour le boss.
La maintenance magique avait dû suer des heures car l'atmosphère de la pièce était fraîche et détendue comme une belle soirée de printemps. La décoration était magnifique, tout dans l'élégance subtile que seul confère le haut standing. Teintes incarnat et or, un soupçon de vert et de blanc. Jörgen n'y prêtait qu'une attention très déconcentrée, entièrement vouée à Toni, qui lui semblait soudain aussi inaccessible que... aucune comparaison ne tenait la route.

Miraculeusement, Jean Scheffer semblait décidée à profiter de la soirée, dans le sens où elle ne les força pas à rester tous groupés dans un coin de la vaste salle mais les autorisa à s'éparpiller le temps de quelques danses, non sans un "Toni.." que Jörgen crut décrypter comme un "je vous ai à l'oeil".
Ces instants volés à l'avoir presque rien qu'à lui lui parurent presque trop courts avant que Mrs Scheffer ne les entraîne pour un énième repas.

La part objective de lui aurait pu noter qu'il n'avait jamais rien mangé d'aussi raffiné, même à l'auberge de sa propre mère dont la réputation n'était plus à refaire. Mais cette partie de lui était ensevelie sous son impatience à voir le dîner arrêter de s'étirer à n'en plus finir. Il fit bonne mesure, mangea de tout et sourit même quand aucune des remarques ne s'adressait à lui. Enfin...

Enfin, les tables s'envolèrent pour ne laisser place qu'aux activités de la soirée. Il y avait là un grand nombre de jeux qu'il ne connaissait pas et dont il se foutait d'apprendre les règles, hormis si celles-ci stipulaient que les adultes y étaient obligés d'abandonner leur progéniture à leur triste sort. Non? Non. Dommage.
En toute honnêteté, Jörgen serait incapable de parler des heures qui précédèrent minuit. Son coup de génie. Un peu d'auto-gratification était bénéfique de temps à autre.

Une immense horloge avait été hissée au beau milieu de la salle, annonçant le décompte avant la nouvelle année à coups de tic-tac discrets. Il était minuit moins dix quand Jörgen prit sa résolution avant l'heure. Aucune Jean Scheffer au monde ne lui volerait ce moment où l'année bascule. Il le voulait juste pour Toni et lui.
Le Poufsouffle venait tout juste d'écraser malencontreusement le pied de Toni dans sa précipitation à retrouver la juste distance (c'est-à-dire infime) entre eux deux puisque Mrs Scheffer venait de leur tourner le dos au gré d'une valse entraînante. Glissant une excuse à l'oreille de la Gryffondor, il en profita pour murmurer:


- Cap ou pas cap de prendre un bain de minuit moins cinq?

La question était pour la forme, il ne lui laissa pas vraiment le choix. Aussi vite qu'il lui était possible de le faire, il entraîna Toni loin de la foule et manqua s'écraser sur la barrière qui protégeait les voyageurs de l'appel du vide. Il y grimpa, tendit une main à la jeune fille et ensemble, ils firent le grand saut. La lumière des trois étages défilèrent à une vitesse ahurissante et disparurent lors du grand "plouf".

La robe de Toni s'étalait comme une corolle autour d'elle. Elle était magnifique, les cils perlés d'eau et la bouche invitante. Il avait assez résisté. En deux brasses, il l'avait rejointe, la serra contre lui comme si sa vie en dépendait et l'embrassa à perdre haleine. A se perdre un peu.

Au-dessus d'eux, le bateau et la foule des gens leur offrait une sorte de sécurité illusoire, qui ne laissait aucune place à un "plus" quel qu'il soit mais qui lui offrait, leur offrait une audace qu'il ne se serait pas permise dans l'espace clos et confiné de la chambre. Par cette même magie qui fait exploser le vieux papeton infâme que votre mère veut vous voir avaler ou qui vous rend étrangement élastique lors d'une chute dangereuse, cette magie qui vous protège de vous-même et du monde quand vous êtes enfant, Toni et Jörgen se retrouvèrent à flotter dans une eau qui les maintenait à flot au lieu de les engloutir. Et c'était tant mieux puisque Jörgen lui-même était passablement occupé. Trop en tout cas pour daigner accorder la moindre importance à la nécessité de surnager en milieu liquide. Ses mains caressaient doucement son dos, antonymes à l'avidité de sa bouche. Son corps se pressait contre le sien, rendu impudique par la présence des vêtements qui leur collait à la peau. A la recherche vaine de la perfection du soir précédent. Il y manquait cette quiétude stimulante qu'elle avait si bien su leur donner.
C'était autre chose. C'était enivrant. C'était pulsionnel.
C'était bientôt minuit.

Le souffle court, il s'écarta très légèrement d'elle pour la dévisager. Alors qu'on se sentait envahi dès qu'un intrus passait les cinquante centimètres de notre périmètre de sécurité personnelle, nécessaire à ce bien-être auquel on s'accrochait coûte que coûte, Jörgen savait que Toni ne serait jamais assez proche.
Il lui sourit tout doucement, paradoxalement timide.


- Chut, Toni. Ne dis rien.

Ses doigts effleuraient doucement ses lèvres.

- Laisse-moi le dire d'abord.

Dix, neuf...
Le bateau entier résonnait du décompte d'avant 2010. Malgré toutes les origines et toutes les cultures qui faisaient du Diamant du Nil un immense melting pot, il demeurait certaines choses profondément universelles.
Six, cinq...
Tous les discours décousus inventés et répétés devant un Thémis sceptique perdaient leur sens, tous ces mots qui à se vouloir beaux délaissaient au loin les émotions disparurent au pays imaginaire.


- Je t'aime.

Le visage de Toni était baigné par la lune. Il l'encercla de ses mains qui ne tremblaient presque pas et effleura ses lèvres avec une émotion non feinte.
Il y était. La perfection était là, juste à portée de main. Contre sa peau, il murmura:


- Bonne année, Toni Scheffer.

La tendresse filtrait dans sa voix et, pour une fois, il ne fit aucun effort pour la dissimuler.

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Toni Scheffer
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MessageSujet: Re: [Egypte] Ne le dis à personne   Dim 31 Jan - 11:15:09

- Je t’aime mais c’est pas assez, Jörgen O’Brian car je t’aime d’une façon clairement inappropriée et scandaleusement démesurée ! Et c’est tellement d’amour que j’exulte de ne pas connaître de mot plus précis pour te dire à quel point ! La moitié de mon âme est habitée par toi, l’autre moitié aussi... Tu débordes par tous les canaux de mes veines, des pores de ma peau, des neurones de mon cerveau, des cellules de mon épiderme, de mon anatomie, du vide et du plein de la matière. Jörgen, je t’aime à ne plus savoir quoi dire et ça me fait crever ! Ca me fait presque mal tellement ce que je t’aime est lourd et révoltant et je suis désolée d’avoir l’air si pathétique… j’avais envie de te le dire depuis des mois… and so far, I love you is not enough…



Quand minuit avait sonné et donné naissance à ces trois petits mots au bout des lèvres de Jörgen, son cœur s’était arrêté de battre un instant avant de reprendre à toute berzingue pour rattraper les battements perdus. Son ventre se contracta, ses bras autour de son cou aussi, sa bouche était sur le point de parler mais, au début, aucun mot ne sortit. Toni avait eu des yeux ronds ouverts sur Jörgen et elle eut peur à un moment que ça ne sorte jamais. Puis, après un silence, c’était sorti comme ça. Ce qu’elle avait accumulé ces derniers mois, c’était sortit comme un torrent, fouettant à chaque syllabe la surface tiède du lac Nasser ; dégorgé avec la violence d’un maelström tant elle trouvait cruel que même avec trois petits points à la fin et des majuscules à chaque lettre, "je t’aime" ne serait jamais assez pour lui décrire l’ampleur de tout ce qui s’ébranlait en elle quand il s’agissait de lui ; et les trémas sur son o flottaient au-dessus de Jörgen avec plus de sens pour lui représenter son amour que la conjugaison du verbe aimer à tous les temps, tous les modes, par tous les temps, toutes les modes.

Cependant, elle était enfin parvenue à lui dire. Elle lui sourit avec une once de tristesse parce que, finalement, ces mots tant attendus paraissaient minuscules à côté de ce qu’il représentait pour elle.

En nageant, ils étaient parvenus à la rive, près d’un endroit du lac où le sable gourmand engloutissait les pieds des promeneurs qui passaient par là. Fichus pour fichus, et la robe et le costume Hugo Boss méritaient bien une petite sieste nocturne sur la plage. Toni s’y allongea avec Jörgen et ils regardèrent les étoiles sans vraiment les voir. En tout cas, elle ne les voyait pas. Elle était encore trop occupée à critiquer sa déclaration. Même s’étant libérée de la charge de ce qu’elle ressentait pour lui, elle n’était toujours pas satisfaite. Ca ne reflétait pas assez bien à son sens ce qu’elle ressentait. Pas au plus fidèle en tout cas. Ca serait peut-être à tout jamais inexplicable et elle devait s’y résoudre. C’était à cause de la veille au soir… leur bout de nuit avait fini par lui faire comprendre à quel point les mots d’amour étaient inexacts pour décrire l’absolu.

Elle bourlinguait mentalement entre le souvenir frais du baiser qu’ils venaient d’échanger et qui lui avait fait l’effet d’une détonation dans tout le corps de par l’animalité et l’ardeur qui l’avait absorbé et les vœux qu’ils venaient d’échanger. Quoi qu’elle en pense, il fallait admettre que c’était beau une année qui commençait par un je t’aime et un baiser, aussi boiteux et incomplet pouvait-on ressentir ce je t’aime.



Le chapitre égyptien devait bien s’achever.
Les vacances tirèrent à leur fin.



Pour conclure, il y eut ce soir-là deux costumes bons à jeter tant l’escalade de la coque du bateau les avaient pourris à jamais. Une Jean Scheffer étonnamment soûle qui n’avait même pas réalisé que sa pupille avait manqué toute la fin de soirée. Un Croze Scheffer guilleret, portant sa femme en train de ronfler vers leur chambre. Un papa qui croisa les deux adolescents dans le silencieux couloir de la double suite tantôt réveillé par un bruit continuel de splatch-splatch dont il ne demanda pas l’origine. Au lieu de ça, d’un coup d’œil complice et de sa voix douce et chaude de papa, il leur avait dit :

- La vigie est terrassée. Si vous voulez profiter d’une soirée tous les deux et bien c’est ce soir ou jamais. Mais on reste sages…

Toni avait trouvé que son père était quand même le père le plus cool de la terre. Il disait les choses sans les dire vraiment mais Toni avait bien compris le dernier sous-entendu. Elle se demanda s’il s’agissait d’une marque de confiance. Elle jugea à regret qu’il faisait plus confiance à sa fille qu’elle-même ne le ferait jamais. Alors que Croze les abandonna pour aller coucher Jean, elle avait regardé Jörgen qui dégoulinait sur le tapis. Elle avait contemplé leurs mains l’une dans l’autre puis son père qui disparut vers la chambre. Enfin, elle avait fixé la porte de Jörgen et, légèrement impressionnée, elle avait demandé en regardant ses pieds nus :

- Ce soir ou jamais... tu serais consterné si je… enfin, je peux dormir avec toi ? On ne reverra pas ma mère avant demain après-midi.

L’alcool devrait être une denrée interdite à Jean qui ne le supportait pas. A Noël dernier, sa famille avait attendu un jour avant qu’elle se réveille. Personne ne s’était inquiété car Jean avait l’alcool joyeux mais terriblement fracassant. Elle adorait l’alcool mais c’était l’alcool qui ne l’aimait pas.



Ce soir-là, il y eut un murmure suivit de beaucoup de silence. La fête continuait de battre son plein au-dessus de leurs têtes et dans la salle du restaurant. Le bruit recouvrait la nuit égyptienne d’une nappe de bonheur pour l’ouverture de cette nouvelle année.

Ils furent aussi maladroits que la première fois mais on trouva vite le chemin des peaux.
Ils furent aussi silencieux mais on combla rapidement la vacuité des ténèbres.

C’était chaud et rassurant, comme elle n’aurait jamais pensé, de passer la nuit contre lui. C’était insensé de constater à quel point le corps retrouvait vite ses marques contre celui de l’autre et comme il devait être facile de s’habituer à ce genre de rituel. Juste dormir avec lui... Ca lui manquerait. Pour profiter de chaque minute du reste de leur nuit, elle repoussa plusieurs fois les marques d’intérêt du sommeil. Elle changeait et rechangeait de position, cherchant à chaque fois une nouvelle façon de tirer avantage du contact avec Jörgen, enquêtant secrètement sur la manière la plus confortable de s’endormir tout en faisant correspondre le plus grand périmètre de peau possible. Définitivement, ce qu’elle préférait, était le cœur à cœur. Le sommeil eut raison d’elle quand l’aube se leva.

L’après-midi déroula ses rayons à travers les rideaux de la chambre de Jörgen. La douceur du soleil les réveilla silencieusement. La peau du Poufsouffle n’avait pas la même odeur le matin, il sentait comme le pain au lait ou le sablé au chocolat. Elle sourit et l’embrassa avec tendresse avant de filer sur la pointe des pieds, emportant avec elle la robe rouge en haillon abandonnée sur un fauteuil la veille. Elle se faufila à l’extérieur et regagna sa chambre pour se préparer pour l’heure du déjeuner.

Un silence ouaté habitait tout le bateau. Les sorciers se remettaient de la fête de la veille avec la lenteur de tortues centenaires.

Avec un gros mal de crâne, comme prévu, Jean ne refit surface qu’en fin d’après-midi. Toni et Jörgen furent moins grondés quand elle se rendit compte qu’ils avaient quitté la soirée avant l’heure que lorsqu’elle découvrit les deux costumes de soirée en lambeaux : "Vous n’êtes pas croyables ! S'ils voyaient ça, Kenzo et Hugo Boss se retourneraient dans leur costume trois-pièces ! Sacrilège !"

Elle survécut à la fin de la journée en ingurgitant une dizaine d'élixirs anti-hangover et on ne l’entendit plus parler jusqu’au dîner.



Puis, arriva le moment du voyage où l’on vivait les dernières fois : dernières escales, dernières visites, dernière fête, dernier repas, dernière blague avec Dahoud, dernier moment volé avec Jörgen, dernière critique de Jean, dernier coup de main de Croze, dernier coup d’œil à la Vallée des Rois, dernière Sphinx auquel confronter ses neurones. Dernier souriant et assimilé "Je t’aime mais c’est pas assez" sur le sol égyptien.



- Jörgen…
- Oui, madame Scheffer ?
- N’oubliez pas le gala de charité.
- Je ne sais pas si on aura le droit de sortir de Poudlard en février…
- Ne vous occupez pas.
- Heu, d’accord…
- Jörgen ?
- Oui, madame Scheffer ?
- Vous êtes un gentil garçon.



Quelques jours plus tard, les parents recevaient la lettre de Mareva Coolwater. Jörgen ne perdit pas autant de crédit qu’on aurait songé aux yeux de Jean Scheffer mais il reçut cette missive peu de temps après :

Citation :
« Jörgen,
Aux prochaines vacances, je serais ravie de vous accueillir à Riverside.
Néanmoins, entre deux excursions dans les montagnes de Salt Lake, vous serez aimables de bien vouloir accepter de partager une seconde punition avec Toni et j'en discuterai avec vos parents s'ils le veulent bien.
Le japon ! Non mais avez-vous perdu la tête tous les deux ?
Bien à vous,
Jean Scheffer. »

Une fois de plus Jean brillait par la violence de ses paradoxes. Ils n’avaient pas fini d’entendre parler de cette punition au Triple K !

Toni apprit plus tard que ladite punition consistait à encadrer en tant que moniteurs un petit groupe d’enfants dont les parents passeraient les vacances dans la fameuse station de ski sorcière des Etats-Unis.

- Cap’ ?




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