Back to Hogwarts

Jeu de rôle basé sur les règles inventées par J.K. Rowling dans l'univers de Harry Potter.


 
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 Compromesses

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James O'Brian
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MessageSujet: Compromesses   Mar 7 Sep - 19:34:36

Two-shots liés: discours de rentrée

- Moi aussi, je vais avoir besoin de toi. Je veux m'assurer de rattraper mon retard en termes de sortilèges, enchantements et compagnie. Je veux me donner les moyens d'obtenir mes ASPIC en une seule fois. Et pour ça, j'ai besoin que tu sois mon professeur particulier.



C'était là-dessus que son entrevue avec Loevi s'était achevée, quelques jours plus tôt. Cinq pour être parfaitement exact. Sur le moment, il n'avait rien trouvé à répondre. La surprise, d'abord. Le bruit de dizaines de pas précipités ensuite. Merlin, il ne s'était pas attendu à ce que le banquet finisse si tôt. James n'était pas un froussard, pourtant, il avait préféré s'éclipser avant l'arrivée de toute la jeune génération de Poufsouffle. Pour éviter les questions, bien sûr, mais aussi parce que s'inviter dans cette soirée si spéciale était presque un sacrilège. Détourner l'attention en était un autre. Dans sa naïveté toute sociale, il ne tenait pas non plus à priver Loevi de cette première soirée. Elle redoublait son année, si, en plus, il l'accaparait au lieu de lui laisser le temps de s'acclimater à ses nouvelles camarades de chambre...
Sans compter qu'il avait besoin de réfléchir. Pas à sa réponse. Non, passées deux minutes, il avait su qu'il accepterait sans l'ombre d'une hésitation. Il n'en avait rien montré (à tout bien réfléchir, la seule émotion qui avait due filtrer sur son visage était l'étonnement) mais cette demande l'avait... surpris? Sûr! Ravi? Pas loin! Il avait ressenti ce sentiment bizarre des demandes exceptionnelles, ce petit quelque chose de plaisir à l'idée que Loevi Leroy, "la sauvage", lui demande un service à lui.
Non, il avait besoin de réfléchir à tout le reste.

La petite semaine qui s'était écoulée avait été remplie du soir au matin, à un point tel qu'une fois la journée terminée, James en était encore étonné, se retrouvant dans sa petite chambre de l'aile de Moon Shadow, sans trop comprendre où étaient passées toutes ces heures, pourtant si nombreuses, qui étaient supposées composer une journée ordinaire. Son emploi du temps estudiantin, nouvelles matières à l'appui lui laissait déjà relativement peu de répit, avec toute l'acclimatation et l'adaptation demandées. Les incursions régulières de sa fratrie ne l'aidaient pas à se réserver du temps libre. Sloveig était trop heureuse de se réfugier chez son frère pour lui raconter sa première journée de cours, comment le prof de Métamorphose lui avait sourit quand elle avait été la seule à répondre à la question posée, le garçon mignon qui s'était assis à côté d'elle en Botaniques et qui avait bégayé à chaque fois qu'elle ouvrait la bouche, l'odeur abominable qui avait régné dans la salle commune après ce qu'un imbécile de deuxième année ait laissé échappé un sac plein de bombabouses. Siegwart venait lui raconter par le menu les rumeurs qui circulaient dans le château, sur lui, entre autre, et celles qu'il avait lancé lui-même et dont il était tellement fier, la façon dont il avait défié son ennemi de toujours, un certain Mickaël, qu'il devait retrouver le lendemain soir pour un duel aux chandelles. Ellsworth, toujours si sérieux, qui fuyait parfois son dortoir pour venir se réfugier chez lui, recherchait un quelque chose qu'ils savaient tous les deux James incapable de lui donner. Ces moments avec son cadet étaient précieux. Plus que tout le reste, il n'aurait voulu pour rien au monde sacrifier les moments qu'il demandait à passer avec lui.
Mais, finalement, les choses se tassèrent.


Dans le courant du week-end, l'ex-Poufsouffle avait envoyé un court message spécial (spécial parce que le messager était sa jeune et innocente soeur, louable pour sa discrétion) afin de prévenir Loevi des petits ratés de son emploi du temps et de lui promettre de lui trouver un moment dans le courant de la semaine suivante.
Que la jeune fille prenne sur elle de lui demander quelque chose l'avait touché et il craignait que s'il ne tardait trop à répondre, elle regrette ses paroles, son geste et que tout soit à recommencer. Parce que leur échange du premier septembre constituait un immense pas en avant dans la ligne de conduite que James s'était tracée ce même soir. Pas question de lui laisser l'opportunité de faire marche arrière.

Cet après-midi même, il avait eu recours à un mode plus conventionnel de communication et avait envoyé un hibou pour lui apprendre que, si par hasard Loevi se trouvait dans les couloirs du cinquième étage, entre sept et huit, il y avait de fortes chances pour qu'elle l'y croise, lui, James O'Brian.
Il avait enfilé un pantalon noir, un sweat jaune vaguement délavé (Poufsouflle forever), avait récupéré sa baguette qui dormait au fond de son sac depuis le premier cours de l'après-midi et avait grimpé les nombreuses marches menant jusqu'à ce couloir. Il l'avait choisi car il était peu fréquenté et que, par conséquent, ils avaient peu de risques d'être dérangés. C'était important pour lui, sans doute même plus encore que pour elle, ce calme et cette tranquillité pour cette rencontre. Il ne lui avait toujours pas donné sa réponse, bien qu'elle lui parut évidente et qu'il ait adressé un sourire à la Poufsouffle de toujours la seule fois où il l'avait croisée dans un couloir, à l'heure de pointe.

Présentement, James était assis sur la plus haute marche de l'escalier reliant le quatrième et le cinquième, un livre à la main, qui avait tout du roman-détente et pas grand chose du vieux manuel journalistique qu'il était supposé étudier pour le lendemain.


*Le grand pari est: va-t-elle venir?*

Le jeune homme s'était résolu à éprouver quelques difficultés avant de gagner la confiance de Loevi. C'était peut-être même plus intéressant ainsi. Obtenir l'amitié d'autrui sans effort finissait par devenir lassant. Il s'attendait donc aux difficultés, s'était résigné à devoir délayer de quelques jours leur petite entrevue (il lui avait déjà prévu trois autres rendez-vous impromptus, pour le cas où il récolterait un lapin) et avait décidé, en cas d'extrême urgence, de forcer le passage chez les Poufsouffle pour se frayer un passage jusqu'à Loevi, la traînant hors de son dortoir si nécessaire.

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Loevi Leroy
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MessageSujet: Re: Compromesses   Lun 13 Sep - 19:47:50

-Et pour ça, j'ai besoin que tu sois mon professeur particulier.

Elle avait osé ! Elle avait osé le demander, et sans la plus petite hésitation, avec ça. Lorsqu'elle avait envisagé de le faire, après qu'Eleanor ait évoqué l'idée de revenir à Poudlard, elle n'avait pas pu s'empêcher d'imaginer la difficulté qu'elle aurait à formuler une telle requête, tant cela remettait en cause l'image qu'elle donnait d'elle-même ; et ses propres principes. Pourtant, l'occasion s'était présentée d'elle-même et Loevi avait sauté dessus sans se poser la moindre question. Cela ne lui ressemblait pas. Mais peu de choses lui ressemblaient, dernièrement. De même, elle ne lui avait pas tellement laissé le choix de la réponse. Elle devenait peut-être un peu plus BloodDust à chaque heure qui passait.

Il n'avait pas eu le temps de répondre que déjà la nouvelle armée des Jaunes déboulait dans la Salle Commune ; O'Brian s'était éclipsé en douce, la laissant seule avec ses jeunes camarades. Elle n'avait aucune raison de lui en vouloir, c'était légitime : il n'avait pas à se trouver là, officiellement. N'empêche qu'elle en avait conçu une rare frustration. Elle s'était réfugiée dans sa chambre, cachée derrière son baldaquin jaune et noir, trop inquiète et trop fatiguée pour envisager avec sérénité de faire connaissance avec les adolescentes qui allaient constituer sa fratrie pour l'année.

Elle avait passé sa nuit à penser à Eleanor, dont elle se trouvait déparée pour la première fois depuis plus de deux mois. Ce fut durant ces trop longues heures qu'elle réalisa à quel point la présence de sa cousine lui manquait - à quel point elle en était venue à avoir besoin d'elle.


¤¤¤

Une semaine s'était écoulée depuis l'élaboration de leur compromis - un échange de promesses à double tranchant, que chacun pouvait à tout moment regretter d'avoir formulé/accordé - avant que le triplé indéterminé ne donne de ses nouvelles. Si Loevi avait pensé qu'il avait oublié toute l'affaire, c'était raté ; elle en était à la fois soulagée et embarrassée. La gamine qui lui avait apporté le message, une O'Brian, elle aussi, lui avait assuré qu'elle venait de la part de James - ce qui confirmait d'ailleurs la signature. L'ancien préfet des Jaunes, donc. De quoi confirmer - ou pas - qu'il méritait un peu plus d'attention que la plupart de ses camarades. Un hibou avait suivi aujourd'hui même, fixant un rendez-vous potentiel en début de soirée. O'Brian prenait les choses à cœur, visiblement - ou peut-être tenait-il seulement à ses mots de passe.

Loevi s'était bien gardé de répondre, incapable de savoir à l'avance si elle se rendrait au cinquième étage ou non, et consciente d'être capable de changer d'avis à la dernière seconde. De fait, depuis qu'elle avait reçu la note, elle n'avait pas cessé d'osciller entre les deux options. Même alors que la demi de sept heure s'approchait, sonnait, puis s'éloignait doucement, elle se prenait encore à se poser la question sans parvenir à se décider. Il n'avait pas été très précis sur l'horaire, de toute façon...

Ah ! Il n'allait tout de même pas l'attendre durant tout ce temps... si ?


-Ce sera tout pour ce soir, les enfants, lança-t-elle brusquement en refermant le livre de cours posé devant elle. Tatie Loevi a des choses à faire.

-Déjà ? s'exclama un jeune garçon, visiblement très déçu. Mais on a pas fini...

-Tu ne voudrais pas que je fasse tes devoirs à ta place, tout de même ? lui répondit-elle avec un sourire taquin.

Le gamin vira au rouge mais d'autres Poufsouffle protestèrent également tandis que Loevi rangeait soigneusement ses affaires. On était tout juste en début d'année mais le petit groupe d'études marchait plutôt bien. Il y avait là quatre ou cinq deuxième année un peu inquiets, deux filles de troisième qui passaient leur temps à discuter entre elles plus qu'à travailler, et un redoublant de cinquième année qui voulait à tout prix comprendre pourquoi il avait échoué à ses BUSE, énoncés et brouillons à l'appui. Le tout sous le regard d'une poignée de première année curieux.

Il avait été de notoriété publique quelques années plus tôt, que la jeune fille avait toujours rattrapé ses notes catastrophiques en pratique par un travail assidu - et payant - sur la théorie. Visiblement, sa réputation l'avait précédée.


-C'est vrai que tu connais le programme de septième année par cœur ? demanda une petite tête de linotte de première année.

Ah ouais. Quand même.


-Qui a été te fourrer une idée pareille dans la tête ? fit Loevi en lui ébouriffant le crâne au passage.

-Mon grand frère, répondit l'enfant.

-Et peut-on savoir le nom de ce grand frère ?

-Balthazar Aynes.

Allons donc. Ce n'était pas tellement étonnant, de la part de cet abruti.

-Eh bien tu diras à monsieur ton grand-frère qu'il ferait bien d'apprendre les siens avant de dire des âneries.

Voilà qui lui ferait les pieds. Ça l'agacerait sans aucun doute. Et le meilleur, c'est qu'il ne pourrait pas se venger par une quelconque raillerie mesquine et gratuite. Etre débarrassée de lui était au moins l'une des conséquences qu'elle appréciait le plus. Il avait passé un temps considérable à détruire le peu de confiance en elle qu'elle avait su conserver. Cette année, du sang aurait coulé - et pas celui de l'éternelle Poufsouffle.

Elle laissa donc là son petit groupe d'études et sortit de sa Salle Commune pour se rendre au cinquième étage, comme indiqué. Elle n'avait pas tellement envie d'y aller, mais elle s'y sentait un peu obligée. Elle aurait pu tout simplement lui envoyer ses mots de passe par hibou, et l'affaire aurait été classée. Mais il lui semblait préférable de les lui donner en main propre - et quelques explications en bonus. Question de politesse, sans doute. Quelque chose qu'on n'attendrait pas de l'éducation décalée des BloodDust.

Elle grimpa donc quelques escaliers et découvrit le triplé assis en haut des marches, plongé dans la lecture passionnante d'un bouquin qu'elle n'avait jamais vu. Effectivement, il devait bien l'attendre depuis un moment... En tout cas, il ne pourrait pas l'accuser d'être en retard. Elle n'était pas en retard. Juste à la limite de l'heure convenue...


-O'Brian, dit-elle en s'arrêtant trois marches plus bas. Je suis là. Et j'ai ce que tu voulais.

Elle sortit un bout de parchemin plié en huit - ou peut-être plus - et griffonné d'une écriture brouillonne qu'elle lui montra ostensiblement avant de froncer les sourcils, soudain perplexe.

-Hey ! Qu'est-ce qui me dit que c'est bien toi qui me les as demandés ? lâcha-t-elle. Et puis comment je peux être sûre que tu es bien la version James des triplés ? Si ça se trouve tu es son frère qui me demande ça en se faisant passer pour toi. Ou bien c'est lui qui m'a demandé et c'est toi qui viens, ou l'inverse... enfin tu me suis ?

Pas sûr. Néanmoins, la question méritait d'être posée. Si quelqu'un trouvait un sens à cette question.


HJ:
 

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James O'Brian
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MessageSujet: Re: Compromesses   Jeu 16 Sep - 19:11:33

... touillant son chaudron avec rage. Des étincelles sortaient de sa baguette et vinrent enflammer la pointe de ses cheveux. Son brushing était bien le cadet de ses soucis, ce qui n'empêcha pas Ella de pester et de jurer à qui mieux mieux. A l'évidence, elle avait les nerfs à vif et elle avait beau juré le contraire, les dures paroles de Randon n'y étaient sans doute pas étrangère. Sa soeur Emily, en silence, répara les dommages causés avant de dévisager Ella, le visage légèrement penché, une lueur d'amusement sous la frange de ses longs cils.

" - Ella, tu devrais peut-être..."

Apparemment, Emily, s'était attendue à tout sauf à ce que sa soeur lui tombe dans les bras, les yeux débordant de rage et de larmes. La serrant contre elle...

Vingt-deux pages plus loin, Ella en était toujours à se lamenter sur son sort tandis que la sauvage Emily convolait joyeusement avec le fils du voisin, à son plus grand désespoir. Et à celui de James, qui se promit que plus jamais il n'écouterait les conseils littéraires de sa soeur aînée, Katarzyna. Il croyait avoir touché le fond quand cette dernière lui avait proposé une petite bluette sentimentale... Preuve que la surprise vous attendait à n'importe quel détour de chemin.

Alors que l'heure passait, il avait fait défiler les pages, en quête d'un peu d'action ou d'aventure. En milieu de roman, on apprenait que Ella et Randon s'étaient retrouvés. Et pour cause, ils discutaient passionnément sous l'épaisseur des draps tandis qu'un feu de cheminée ronflait dans l'âtre. Comment Randon avait réussi cet exploit alors que, quelque paragraphes plus haut, Ella se jurait encore de lui vouer une haine éternelle, mystère. Il n'était pas exactement sûr d'avoir envie de suivre son exemple. Randon était un petit richard prétentieux qui n'avait pas compris grand chose à la vie et qui semblait persuadé que son regard de braise faisait se pâmer les femmes devant lui. A raison, apparemment, puisque le bouquin concluait par le mariage en grandes pompes de nos deux héros bien-aimés.

Louée soit Loevi qui vint interrompre son ennui.
Il s'était mis en tête de traduire la chose en français. Etant donné son niveau dans la langue de Molière, au moins le résultat, à défaut d'être captivant, aurait au moins eu le mérite de faire rire.
Il dissimula l'ouvrage au creux d'une marche, songeant que sa soeur le tuerait très certainement pour ce geste avant de lever les yeux vers la nouvelle venue. De se lever tout court.
Il jeta à peine un regard au parchemin qui, de toute évidence, recelait la liste de ses précieux mots de passe et se contenta de sourire à la petite tirade de Loevi.


"Savoir si je suis James, Jupiter ou Jörgen? C'est simple, tu ne peux pas. Enfin, pas d'emblée. Il faut bien s'amuser un peu à traîner deux clones jour après jour."

C'était idiot, il n'avait pas voulu commencer ainsi. La présence de l'éternelle Poufsouffle n'était pas assez tangible pour supporter un soupçon d'ironie. Mais James était James et, à son goût, une tentative d'humour était le meilleur moyen de briser la glace.

"Alors... Hem. De deux choses l'une... Tu as l'option Une, dite "La facile": je te réponds purement et simplement, en jurant sur l'authenticité de mon identité et des mes intentions. Et tu as l'option Deux, dite "L'Egyptienne"."

En référence au Sphinx, évidemment. Tout le monde avait encore en tête les épreuves du Tournoi des Trois Maisons de l'an passé. Sauf les premières années, bien sûr, qui étaient absents à l'occasion. Dommage pour eux.

"A savoir... je glisse des indices et tu les enregistres jusqu'à ce que preuve soit faite que je suis bien moi, que tu es bien toi et que ce marché est bien le notre."

Bien sûr, cela demandait un peu de temps passé en compagnie l'un de l'autre, et un peu de bonne humeur. James était partant pour tenter sa chance. Qu'arriverait-il dans le pire des cas? Loevi choisirait l'option Une et basta! Voire même... voire même elle lui tournerait le dos et l'ignorerait royalement jusqu'à la fin de l'année. L'ex Poufsouffle ne croyait pas beaucoup à cette option. Quand bien même, et il le savait très bien, il possédait toujours l'alternative de tanner Ellsworth ou Siegwart pour obtenir son mot de passe. Ou encore Sloveig. Mais (parce qu'il y avait un mais), il y avait quelque chose qu'il n'aimait pas dans cette option de la dernière chance. Siegwart serait incapable de tenir sa langue ou fanfaronnerait des heures avant de lui céder le code. Sloveig serait trop gênée, de par son statut de première année, pour enfreindre le règlement, même pour lui, son grand frère préféré. Quant à Ellsworth... Demander un service à son cadet était toujours un exercice à double tranchant. Ells était trop sérieux pour son âge, suivant sans s'en rendre compte les traces de Gern. Lui demander un service s'archivait dans sa mémoire. Et on lui devenait redevable d'un service ad vitam eternam. Bien sûr, il ne mettrait jamais en avant la chose façon "j'ai fait ça pour toi, maintenant, c'est ton tour" mais il y avait quelque chose dans son attitude qui rappelait tout ça, sans même qu'il s'en rende compte. Sans doute même à son insu.

"Alors, Loevi, tentée par le Grand Jeu?"

Face à elle, il lui tendit une main qu'elle était libre de serrer pour sceller leur pacte ou d'ignorer royalement. Il ne doutait pas qu'elle saurait le faire avec superbe.

"Tu vois, peut-être que je m'ennuie, à l'Université, finalement. Ca doit manquer de Poufsouffle."

Ce qui n'était pas totalement faux. Son frère Jupiter avait choisi Moon Shadow, comme lui. Mais si, comme Jörgen, il était parti dans une autre filière, ça n'aurait pas changé grand chose. C'était plus fort qu'eux, plus fort que des dortoirs séparés, ils trouvaient toujours du temps pour en passer ensemble. Ils ne se l'expliquaient pas, c'était ainsi, c'est tout. Son meilleur ami, par contre, avait penché pour un séjour en échange international, dans un pays d'Europe de l'Est. Il ne lui manquait pas encore, pas tant que ça. Mais ça viendrait. Et cette idée lui faisait, à elle seule, ressentir le manque. Et il y avait les autres, copains d'un soir ou des sept ans, autres qui s'étaient dispatchés dans les différentes sections et à travers le pays. La rentrée, au fond, avait un petit goût d'amertume.

Sa dernière phrase n'était donc pas un indice, d'aucune sorte, puisque, comme lui, ses deux frères avaient décidé de passer encore quelques années à Poudlard.


"Ca te dit de faire un tour? On sera tranquille, ne t'en fais pas. Ca n'est pas le couloir préféré des élèves. Mais je l'aime bien. Tu verras..."

Comme le moindre trou de souris, à Poudlard, le cinquième étage recelait des surprises. Et sept années au château n'avaient pas suffi pour en faire le tour. Par ailleurs, James était intimement persuadé que ces mêmes surprises étaient sans domicile fixe. Elles déménageaient, variaient, se créaient, au fur et à mesure des années. Il se demandait si quiconque avait un jour tenté (en vain) de toutes les répertorier.

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Loevi Leroy
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MessageSujet: Re: Compromesses   Dim 19 Sep - 10:16:49

Bien sûr, ça lui disait - bien sûr ? oui, elle devait se l'avouer - mais là, en cet instant, en cette minute, la jeune fille était surtout terriblement embarrassée. Voir O'Brian tenter de transformer en jeu quelque chose qu'elle lui avait imposé la mettait affreusement mal à l'aise ; même si, d'une certaine façon, elle n'imaginait pas que ce soit dans leur tempérament, à aucun des triplés. Elle n'arrivait pas à croire qu'il veuille réellement accéder à son égoïste requête. Elle aurait aimé que tout cela soit vrai, en fin de compte. Elle aimait jouer, s'amuser - autrefois.

Son visage se déforma d'une grimace gênée et elle grimpa deux marches avant de fourrer ses doigts dans la main de l'étudiant - pour y déposer le parchemin chiffonné. De cette façon, elle lui signifiait qu'elle se déchargeait de tout moyen de pression sur lui. Bouse, elle aurait vraiment dû lui envoyer un hibou au lieu de s'imposer cette corvée. Mais ça n'aurait pas été correct.
* Assume tes actes, ma chérie. Tu as voulu agir à la BloodDust, eh bien payes-en le prix. *

-Je voulais m'excuser pour la dernière fois, bredouilla-t-elle à contrecœur, en regardant partout ailleurs - les marches, les murs... - sauf vers lui. Je t'ai forcé la main et euh... Bon, ok, disons-le clairement, je m'en veux, lâcha-t-elle soudain en le regardant droit dans les yeux. Sens-toi libre de refuser si tu en as envie. Je sais que je suis une véritable catastrophe avec une baguette et je sais aussi qu'une personne normalement constituée refuserait franchement de m'aider. Je suis dangereuse, tout le monde le sait.

Ce n'était pas tout à fait vrai - enfin, pour ce qu'elle en savait, ça pouvait encore être tout à fait vrai. Elle n'allait pas essayer de le convaincre sur la pauvre supposition qu'une fois débarrassée de ce maudit tatouage de malheur et en pleine possession de ses pouvoirs, elle serait moins nocive qu'avant. Après tout, elle n'en avait elle-même pas encore eu la preuve. Peut-être même était-ce pire qu'avant. Comment savoir sans essayer ? Elle avait peur de le faire toute seule. Mais elle ne voulait pas impliquer quelqu'un qui n'aurait pas eu le choix.

Même si cela voulait dire qu'elle devrait au final le faire seule.

Rah, bouse, son côté Poufsouffle la poussait à "tenter le Grand Jeu".
* Non ! Qu'il accepte d'abord. * Ce qu'il ne ferait pas, bien sûr. Elle aurait dû continuer à se la jouer BloodDust - ce qu'elle était incapable de faire à long terme, bien entendu. Quelle misère que d'être celle qu'elle était. Elle soupira.

-Bref, refuse tout de suite, ça sera fait. Tu peux garder les mots de passe, je jure sur mon honneur de Poufsouffle de ne te dénoncer à personne. D'ailleurs je te transmettrai tous les mots de passe si jamais ils viennent à changer - on ne sait jamais. Tu vois ? Tu n'es pas obligé d'accepter. Je ne t'en voudrais pas si... Enfin bouse quoi. Fais ce que tu veux.

Aïe, elle commençait à virer mélo, là, il valait mieux qu'elle se taise. Elle croyait avoir tiré un trait sur cette partie d'elle-même après avoir fait ce long voyage avec Eleanor, mais force était de constater qu'il n'en était rien. Chassez le naturel, il revient avec les Doxys ? Comme quoi le proverbe n'était pas si faux que ça. Par Merlin et sa barbe ! Ne pouvait-elle donc pas devenir une fille normale ?

Elle leva les yeux au ciel. Normale, hein ? Eh bien, à première vue, être normal consistait déjà à ne pas traiter les autres aussi bizarrement qu'elle le faisait d'ordinaire. Et commençait par s'excuser quand on faisait n'importe quoi - comme là, tout de suite, maintenant. Nouveau soupir.


-Je suis désolée. J'ai peut-être changé mais il y a des choses qui ne changent pas, il faut croire. Enfin bon. Je crois que je te dois d'être tout à fait honnête avec toi, alors je vais faire un effort et arrêter de faire comme si j'étais ma mère ou une vraie descendante de cette famille pourrie. Si tu as encore un peu de temps pour moi alors... Ok, marchons, je vais t'expliquer un peu tout ça et ce que j'attends vraiment de toi. Fini les secrets, j'en ai mon chaudron.

Elle prenait de gros risques, elle en avait conscience. Mais peut-être que repartir de zéro signifiait jeter un Avada sur son passé - mais pas tout seul. Eleanor l'y avait déjà aidée. Il s'agissait de faire confiance, désormais - et peut-être qu'elle en avait maintenant la chance. Tout dépendait de lui, de cet O'Brian sur lequel elle ne pouvait pas totalement mettre de prénom. De ce qu'il serait prêt à entendre - et à faire.

Elle l'interrogea du regard, hésitante.


-J'espère que tu as conscience de l'honneur que je te fais, essaye-t-elle de plaisanter. Les grands secrets de Loevi Leroy, la mystérieuse Poufsouffle fugueuse...

Bein voyons, ça sonnait tellement bien...

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James O'Brian
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MessageSujet: Re: Compromesses   Mar 28 Sep - 19:36:01

James, qui avait déjà entraîné son ex-comparse de maison par le bras, stoppa net et se tourna vers elle, tentant de gommer le moindre soupçon d'humour sur son visage. Cela suffirait pour constituer une preuve de son manque d'honnêteté ou de tout ce dont Loevi pourrait l'affubler comme tare, pour peu qu'elle ne le croit pas.

"Arrête, Loevi. Je sais que tout le monde me prend pour le bon gars qui se vendrait sa chemise si ça pouvait filer un coup de main à quelqu'un mais... Mais ça n'est pas vrai. J'acquiesce à tout, tant que ça n'et pas important. Mais ce qui est important, ce qui me tient vraiment à cœur, personne ne m'y forcera ou ne m'en empêchera. Et ça, c'est important."

Il fut tenté d'expliciter ce ça mais il jugea que ça virait presque à l'insulte intellectuelle. Elle devrait comprendre toute seule qu'il n'avait pas accepté leur drôle de pacte par envie et par obligation ou par allégeance envers son ancienne maison ou par sentiment de culpabilité ou par devoir... Ou par il ne savait quelle autre bêtise.
Il gardait un petite piqûre de rappel en stock (Jörgen et sa toute nouvelle orientation vers la médicomagie étaient passés par là. Pour devenir un bon guérisseur, son frère semblait persuader qu'il devait en savoir un rayon sur tous les moyens de guérison, même les moldus et quand bien même il ne s'en servirait jamais), pour le cas où la Poufsouffle ferait une rechute. Il était bien déterminé à obtenir la confiance, à défaut de l'amitié, de Loevi. Il y passerait le temps et les mots nécessaires et refuserait la possibilité de l'échec. Il avait un an pour parvenir à son but, c'était assez, même pour le cas désespéré qu'elle croyait incarné.

Enfin, il lui lança un petit sourire façon "no stress" et tenta une légère boutade, d'un ton qui ne laissait aucun doute sur sa crédulité face à sa déclaration:

"Et puis, je suis diplômé, maintenant. Le danger, même pas peur..."

Il glissa un bras sous celui de la jeune fille et entreprit de leur faire arpenter le début de ce fameux couloir. Rien à l'horizon, pour l'instant, et c'était tant mieux.
James conserva le silence pendant un moment, le temps que Loevi se reprenne et se lance dans une nouvelle déclaration. Entre les doigts de sa main libre, il triturait le petit morceau de parchemin qu'elle lui avait donné et le considéra pour la première fois de son point de vue à elle. Comme une monnaie d'échange.

"J'ai plein de temps devant moi."

Ca n'était pas tout à fait vrai.

"Si tu en veux, je t'en fais cadeau."

Il allait tout simplement oublier de faire son devoir sur les méthodes de journalisme traditionnelles. Avec un peu de chance et un peu de baratin, il s'en tirerait avec une petite punition de la part du vieux Muller. Au pire... c'était vrai que le sourire et l'air angélique ne fonctionnait pas vraiment avec ce prof... mais une petite mention à ses deux années de préfétariat suffirait à lui rappeler que James n'était pas du genre à traiter ses responsabilités par-dessus la jambe. Au pire, donc, et de toute façon, il écoperait d'une vieille retenue et pourrait se vanter d'être le premier étudiant de sa promo à passer son samedi avec Gardens.

"En échange de l'honneur que tu me fais, bien sûr..."

Nouveau sourire. Léger. Il ne fallait pas trop en faire, ne surtout pas la mettre mal à l'aise. Le jeune homme restait persuadé qu'une fois que Loevi se fermait à quelqu'un, il était quasiment impossible de regagner un semblant de camaraderie.

"J'ai toujours aimé les secrets. Comprendre les choses et les gens. C'est pour ça que j'ai choisi le journalisme..."

*Oh la boulette...* Neutral

"Je veux dire..."

Et bouse... Si elle se mettait à croire qu'il l'écoutait juste dans l'espoir de faire tourner les infos le lendemain matin. Il n'était pas du genre potin mais était-elle supposée le savoir?

"Loevi Leroy,", déclara-t-il, en s'arrêtant à nouveau pour lui faire face, plus sérieux qu'il ne l'avait été depuis le début de leur "rendez-vous", "Je n'ai jamais trahi un secret et je ne commencerai pas avec toi."

C'était une des lois édictées par sa mère. Etre un Irlandais pour qui ce que disait sa mère était paroles d'évangile n'était pas qu'un sujet de moquerie. Il y avait quelques règles ainsi inculquées qu'il ne pourrait jamais trahir. Jamais sciemment. Le respect dû aux femmes, aux secrets et à la liberté d'autrui, entre autre.

"Je te propose un autre troc, puisqu'on fonctionne bien, ainsi. Les grands secrets de Loevi Leroy, la mystérieuse Poufsouffle fugueuse contre les petits secrets de James O'Brian, l'ex-préfet de Poufsouffle."

C'était un échange correct, non?
Avec ça, pas de danger lié au risque d'être trahie. Théoriquement, c'était ainsi qu'elle était supposée voir les choses. En théorie. La théorie ne se mettait malheureusement pas toujours en pratique.


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Loevi Leroy
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MessageSujet: Re: Compromesses   Dim 17 Oct - 20:08:36

Loevi écouta le O'Brian en haussant un sourcil de plus en plus surpris. Elle ne savait pas trop à quel genre de réaction elle s'était attendue, mais certainement pas à cela. Si elle peinait à croire que sa demande égoïste fut en effet réellement importante à ses yeux, elle devait au moins lui accorder qu'il savait y mettre les termes pour la rassurer. Pour un peu, il arriverait presque à faire taire les remords qu'elle éprouvait. Presque ; parce que, quelque part, il contribuait à les alimentait. Sauf qu'elle ne le croyait pas capable de mentir, pas de cette façon. Alors... Le fou, était-il vraiment sérieux ?

Elle finit par éclater de rire - réaction là aussi fichtrement inattendue - alors qu'il s'embrouillait pour des termes de journalisme. "Si tu ne trahis jamais aucun secret, comment comptes-tu devenir un bon journaliste ?" eut-elle envie de lui demander ; mais elle se retint et, de toute façon, la suite stoppa net son éclat dans un bref hoquet de surprise.

Ah ça, il appréciait les deals, ce O'Brian, quel qu'il soit - c'était peut-être le cas des trois, en vérité. Le sourcil de la jeune fille se haussa de nouveau alors qu'elle plongeait son regard dans le sien, comme cherchant à se confirmer qu'il ne se moquait pas d'elle. Après tout, d'autres que lui, Poufsouffle aussi, en auraient très largement profité, ne lui laissant que l'occasion de s'en mordre les doigts jusqu'au sang. Balthazar Aynes, pour ne pas le citer. Un abruti de premier ordre qu'elle était ravie d'avoir abandonné en cours de route - même si, dans les faits, c'était lui qui l'avait laissée derrière... Mauvaise pensée.

Loevi n'était pas tellement curieuse, dans le genre à poser des questions à tout va, s'entend. Elle aimait savoir des choses mais ça s'arrêtait là ; les gens parlaient ou ne parlaient pas, et elle s'en accommodait fort bien. Elle n'avait rien demandé à O'Brian, et certainement pas de raconter sa vie, ses petits secrets, comme il disait. Sauf que... Eh bien, dans le cas présent, il ne lui laissait pas tellement le choix. Elle ne se voyait pas lui refuser ce plaisir, non seulement parce qu'il semblait ravi de le faire, mais aussi parce que, de cette façon - et c'était fort bien calculé de sa part - il s'arrangeait pour lui offrir l'assurance non négligeable que tout ce qu'elle allait lui confier resterait entre eux.

C'était un marché très honnête, et Loevi était honnête. En bref, il l'avait habilement piégée.


-D'accord, faisons donc comme ça, dit-elle.

A ces mots, elle se sentit inexplicablement soulagée, comme si un poids s'envolait de ses épaules. Merlin, elle n'avait pas réalisé combien l'idée de partager les inavouables secrets de sa vie au risque de les voir lui échapper la rendait nerveuse. Elle s'avisa également, dans un second temps, qu'elle devait avoir terriblement confiance en ce type pour en arriver là, quelle qu'en soit la raison. D'autant qu'elle ignorait toujours duquel des trois il s'agissait. Elle devait être un peu folle, elle aussi, pour se confier à quelqu'un dont elle ignorait le prénom.

Mais, après tout, la folie avait bien dirigé sa vie.


-Bon, eh bien... Je vais essayer de faire simple dans un premier temps, de t'expliquer simplement ce que je veux, pourquoi je te demande ça et... pourquoi le danger est différent d'avant... avant cet été. Si tu as la moindre question, sur quoi que ce soit, n'hésite surtout pas à me demander. Je t'entraîne dans une sacrée affaire et j'estime que ça t'autorise à comprendre exactement dans quoi tu t'embarques.

Bien sûr, elle avait conscience que tout ça ne prendrait pas un jour, d'autant plus si lui-même - et elle n'avait aucune raison d'en douter - avait de quoi meubler des heures au coin du feu. S'il était aussi malin qu'il en avait l'air, il devait le savoir aussi. Mais, de toute façon, s'ils continuaient, ils s'apprêtaient à passer beaucoup de temps ensemble, alors...

-Comme je te disais donc, tu sais comme tout le monde à quel point je peux être une véritable catastrophe quand je m'y mets - et je ne parle pas seulement des explosions ou départs de feu en plein cours, bien sûr...

Elle haussa les sourcils en grimaçant, songeant que c'était sans doute là l'image que chacun ici - sauf peut-être les premières année - avait d'elle. Il serait toujours temps d'y remédier. Pour l'heure, elle n'avait qu'une personne à convaincre.

-J'ai... Disons qu'il s'est passé quelque chose cet été, beaucoup de choses même, et que... Imagine un instant que quelque chose, un tatouage par exemple - par exemple - ait bridé ma magie pendant toute ma scolarité. Imagine que ce soit à cause de ça que tout se détraquait autour de moi. Imagine maintenant que quelque chose a, hm, effacé ce tatouage, et que j'aie récupéré toute ma maîtrise de la magie... Eh bien c'est à peu près ce que je vis actuellement.

Impossible, elle n'avait pas pu se résoudre à évoquer ce tatouage sans lui faire croire que ce n'était pas l'exacte vérité. Mais cet horrible dessin avait conditionné toute sa vie dans un chaos indescriptible ; il n'était pas si évident de se défaire du tabou qu'il avait constitué durant tout ce temps.

-Le problème, tu vois, c'est que je ne sais pas du tout comment faire. J'ai récupéré ma magie, d'accord, mais tous les cours que j'ai eus jusqu'à maintenant n'ont servi à rien, et je me retrouve à peu près aussi douée qu'un sorcier qui vient de naître. Et c'est là que tu interviens... Je ne peux pas demander à un professeur, et n'importe qui serait terrifié à l'idée de se trouver à côté de moi quand j'utilise la magie. Tu es sûrement le seul de tout le pays à vouloir le faire... et je ne pense pas exagérer. Je dois tout réapprendre depuis les bases et, le plus beau, c'est que je dois être prête pour mes ASPIC. Magnifique, non ?

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James O'Brian
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MessageSujet: Re: Compromesses   Mer 27 Oct - 19:15:00

Un éclat de rire aigre s'éleva dans les airs. Fort peu à propose. Pour sa défense, ce n'était pas James qui avait émis ce rire.

'Finalement, le cinquième étage n'était peut-être pas une si bonne idée...'

Ce rire était précisément la raison pour laquelle il avait pensé qu'une petite balade de ce côté du château pouvait se révéler amusant. Il n'avait pas prévu que la situation évoluerait vers les confidences, sinon, il aurait très certainement choisi autre chose. D'un autre côté, un endroit trop confiné n'était pas, à son sens, le lieu privilégié pour se sentir à l'aise dans ce genre de situation. Trop cliché.
Le jeune homme se contenta donc d'émettre un vague haussement d'épaules. Qui pouvait-il si Poudlard regorgeait d'étrangeté?

"Ma foi... si ça, c'était la partie simple, j'appréhende un peu la suite..."

Quelques pas de plus avant qu'il ne prenne conscience de la portée des paroles qu'il venait de prononcer. A l'évidence, il n'avait pas assez fréquenté Loevi, malgré sept années de salle commune, pour qu'elle soit coutumière de son sens de l'humour parfois un peu... particulier.

"Je plaisante, Loevi.", crut-il bon de signaler. "On peut avoir des neurones et ne pas échoir à Serdaigle."

Il s'en voulait maintenant d’avoir plaisanté alors que le sujet ne s'y portait pas. Il se rattrapa en affichant l'air sérieux, mais pas sévère, de circonstance. Il se donna un temps pour réfléchir à ce que la Poufsouffle de toujours venait de lui apprendre. La magie et tous ses dérivés lui en démontraient tous les jours. Naïf était celui qui pensait que les cours dispensés au sein de l'école faisait le tour des possibilités offertes aux jeunes sorcières et sorciers. En vérité, le savoir dispensé par les différents profs n'était que la partie émergée de l'iceberg. La partie immergée avait quelque chose d'un peu flippant.

"Les autres sont des idiots. Professeurs y compris."

Son ton était celui d'un jugement sans appel.

"Ils sont stupides s'ils ne se rendent même pas compte que tu as besoin d'aide."

Qui étaient-ils, tous, pour se terrer comme ça, sous des prétextes futiles? Et ça se disait adulte et responsable... Tss tss. Ca ne faisait que renforcer la détermination de James, envers et contre tout.

"On va passer des moments intéressants, toi et moi. Mais tu sais quoi? Ca me motive encore plus."

Ca promettait d'être plus intéressant que ses cours à Moon Shadow.

"Ecoute, je ne te promets pas que tu atteindras un niveau "Optimal" pour chacun de tes ASPICs mais on fera le maximum, ok? Et puis, l'essentiel, c'est que tu arrives à te sentir bien ta baguette. Mais quelque part, tu es le niveau au-dessus d'un gamin de deux mois. Un, tu ne baves pas, tu ne hurles pas et tu comprends ce qu'on te dit."

Et voilà qu'il remettait ça avec son humour à rebours. Tant pis. Il faudrait qu'elle s'y habitue. Il ne pouvait pas se brider une année entière s'ils étaient amenés à partager leur emploi du temps.

"Et deux... ok, la pratique n'est pas fameuse, sans doute. Mais tu as des années de théories derrière toi. C'est quand même une sacrée base. IL s'agira uniquement de pratique. Et avec de la patience et de la volonté..."

James était persuadé que c'était la clef de tout. Patience, volonté et un peu de courage pouvait venir à bout de (presque) toutes les difficultés.

"A moins que... ce tatouage n'a pas altéré... hem... ta mémoire?"

Peut-être aurait-il dû être moins direct. La question pouvait être offensante. Mais à tourner autour du pot, on finissait par tourner en rond.
Ils marchèrent en silence pendant quelques temps. Le temps pour l'autre folle du tableau de ricaner deux ou trois fois, de moins en moins distinctement à mesure qu'ils s'en éloignaient.

"J'ai... j'ai une question un peu personnelle. Garde la réponse pour toi si jamais tu me trouves indiscret. Mais, ce tatouage... Ne me dis pas que tu es née avec. Alors, pourquoi? Qui?"

Qui, surtout.
Qui avait osé, avait voulu s'en prendre à une gamine? Parce qu'à l'époque, Loevi ne devait être rien de plus qu'une gamine. Avant sa première année, ça remontait à ses onze ans, peut-être même encore plus jeune dans l'enfance. Qui pouvait donc attenter ainsi à l'intégrité d'une enfant? Cela le dépassait, le dégoûtait, même s'il s'efforçait de le cacher au mieux. A peine un soupçon de colère s'était glissé dans sa voie.

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MessageSujet: Re: Compromesses   Mar 2 Nov - 22:00:39

Loevi darda un regard noir sur la vieille mégère en passant devant son tableau, ce qui ne la fit pas taire pour autant. Finalement, elle haussa un sourcil et continua sa route sans plus s'en préoccuper, un léger sourire teinté de tristesse sur le visage.

-T'en fais pas, va, plaisante autant que tu veux. Ça vaut mieux que d'en pleurer, crois-moi. J'ai eu ma dose, je sais de quoi je parle.

Elle lâcha un bref soupir et fourra les mains dans ses poches, où le vieux poignard d'argent se trouvait encore. Après les événements de cet été, elle avait décidé de toujours le garder avec elle. D'abord parce que c'était bien pratique pour se défendre quand la magie faisait défaut, mais aussi et surtout pour se rappeler constamment ce qu'elle s'était juré de combattre : sa famille, et tout ce qui allait de pair.

-Tu as raison d'avoir peur de la suite. Ce que je vais te dire aujourd'hui ne sera que la partie visible du Sombral - c'est tout dire. Les BloodDust forment une dynastie démoniaque, tu t'en rendras vite compte, si ce n'est pas déjà fait. Je suis contente que tu sois aussi motivé, tu sais ? Je me dis que, comme ça, tu n'auras peut-être pas peur de tout ce que je traîne comme malédictions et autres secrets. Enfin... Merci, en tout cas. Ça me fait plaisir. Je promets d'être une aussi bonne élève que possible, en échange.

Elle lui offrit un sourire sincère. La certitude de l'avoir derrière elle dans les moments difficiles qu'elle s'apprêtait à vivre la réconfortait au-delà de ce qu'elle avait imaginé. qu'est-ce que ce serait quand Eleanor serait enfin elle aussi entre ces murs ? Il ne lui manquerait alors plus grand chose pour prétendre connaître le bonheur...

-Je ne demande pas le niveau optimal, tu sais ? Juste d'avoir mes ASPIC facilement. C'est la troisième fois que je fais ma 7ème année, et je peux t'assurer que j'ai pas envie de poursuivre comme ça toute ma vie. J'ai des projets, pour l'avenir. Il y a des choses que je veux faire, et même si je n'ai pas encore d'idée précise, je veux me donner les moyens de faire ce que je veux, tu comprends ? Et non, je n'ai pas perdu la mémoire, loin de là, mais je ne veux pas me baser uniquement sur la théorie, ça n'amène à rien, et je veux du concret dans ma vie.

Sûr qu'il comprenait, elle en était certaine. Il n'aurait pas si facilement accepté de l'aider dans le cas contraire ; c'était en tout cas ce qu'elle croyait. Elle ne pouvait en vouloir à personne d'ignorer ses appels à l'aide muets, pas après les désastres qu'elle avait causés autour d'elle. James pouvait penser ce qu'il voulait, elle au moins les comprenait, mieux que quiconque. Dire qu'eux non plus n'avaient aucune idée de ce qu'était sa vie... Jamais ils ne l'auraient approchée s'ils avaient su.

O'Brian écoutait attentivement, et le subterfuge concernant le tatouage ne lui avait pas échappé. De même, il avait de suite mis le doigt sur le plus dur. L'origine même de ce tatouage. Loevi se renfrogna, blessée au simple souvenir de ce dessin et de ce qu'il représentait, au-delà de son action inhibitrice. Pourtant, elle décida de répondre.


-Oh, ça... murmura-t-elle. Non, tu as raison, je ne suis pas née avec. C'est... Le tatouage représente le blason de la dynastie BloodDust. On me l'a apposé ici - elle posa sa main sur son buste, entre ses seins, un léger décolleté qu'elle n'avait jamais dévoilé au regard de personne - le jour même de ma naissance. Arthur a reçu le même... En plus de brider tous nos pouvoirs, il est là pour nous rappeler que nous appartenons entièrement à la dynastie, je veux dire... en tant qu'esclaves de la branche maîtresse.

Ça y était, elle l'avait dit. Un autre des grands secrets de sa vie, l'un des rares qu'elle ait gardés pour elle toute sa vie durant, sans jamais le révéler à personne. Elle était née avec pour seule destin celui de servir, toute sa vie durant, son cousin maintenant disparu. Il en avait toujours été ainsi de la branche secondaire et, tant que l'un de ces absurdes traditionalistes vivrait encore dans cette famille, il en serait toujours ainsi. Il était difficile d'échapper aux coutumes barbares d'une si ancienne famille de Sang Pur.

Elle se doutait que O'Brian, avec la perspicacité dont il faisait preuve jusque-là, n'allait pas laisser échapper le seul indice qu'elle avait glissé concernant son dernier secret - le plus lourd et le plus douloureux de tous.


-Il va falloir que tu parles de toi, maintenant, dit-elle avec un sourire malicieux, espérant le diriger sur un autre chemin que ses sentiers sombres et tortueux et peut-être alléger un peu l'atmosphère alourdie qui s'était installée après ses aveux.

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James O'Brian
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MessageSujet: Re: Compromesses   Mar 9 Nov - 19:58:37

"Tu seras ce que tu seras. On verra bien.", répondit-il alors que Loevi lui promettait d'être une bonne élève en échange. James savait très bien que l'échange était la base de la relation qui se tissait doucement entre eux mais il espérait la convaincre de comprendre qu'il voyait la situation sous un jour légèrement différent: chacun donnait et donnerait ce qu'il pouvait sans que l'autre ait à attendre en retour. Il lui prêtait une oreille attentive et une main secourable sans lui demander quoi que ce soit en échange. Elle, lui avait offert ses mots de passe et il ne voulait pas voir sa propre proposition comme celle de quelqu'un qui était redevable. Certes, il l'était. Mais il aimait à penser que même sans cela, il l'aurait aidé pour peu qu'elle en fasse la demande.
Il ne voulait pas partir dans des explications sans fin où le risque le plus grand était encore de se comprendre mal et basait son espoir sur le fait que le temps viendrait apporter les clefs et les explications à sa place. Le temps aplanissait toutes les surfaces, même les plus rugueuses.

Il lui rendit son sourire et la laissa poursuivre sans autre interruption.
Il avait bien fait de se taire. Sa voix aurait surement déraillé en cours de route. La partie visible du sombral, avait-elle dit. Il se demandait s'il avait vraiment envie de faire connaissance avec la partie invisible.
Mais si. C'était important. Aussi important que de refuser de se voiler la face devant la réalité, aussi crue et aussi dure soit-elle. Il ne parviendrait jamais à lui apporter un réel soutien si l'image qu'il se faisait d'elle était faussée par son manque de connaissance. Prétendre aider alors que de trop nombreux éléments lui échappaient aurait été idiot. Et immature.

Pendant un temps, l'étudiant fut incapable de dire quoi que ce soit, trop effaré pour oser avancer quoi que ce soit. Tatouer un nouveau-né... Quand on savait que même les gros durs hésitaient avant de passer sous l'aiguille. Il se contenta de marcher aux côtés de Loevi tandis que le fil de ses pensées essayaient de faire la part des choses.

'Que...?'

Oh. Il fallait qu'il parle de lui? Alors que tellement de questions se pressaient à ses lèvres?
C'était peut-être la meilleure option, en définitive. Il avait besoin d'un peu de temps pour assimiler le tout et il ne voulait pas offusquer la jeune fille par des questions, certes sensées, mais un peu abruptes. Il lui trouvait déjà un courage sans faille d'avoir osé aborder tout cela avec lui. Il ne voulait pas qu'elle se mette à le regretter à cause d'une de ses maladresses. Le temps de l’humour était passé.

"Moi?"

Ses dix-huit années de vie lui paraissaient soudain bien fades, en comparaison. Sa famille à lui, bien que nombreuse, et, par là-même, riche en rebondissements et ragots, était relativement sobre par rapport à la dynastie Blooddust. Des petits drames, des querelles, rien que de très normal.
Il eut presque honte en se lançant dans son propre récit.

"Je n'ai pas grand chose à te proposer en échange."

On parlait plutôt librement chez les O'Brian et, à sa connaissance, les placards de Dublin étaient exemptes de tout squelette. Il devait se contenter de ce qu'il avait lui.

"Je le répète souvent mais personne ne semble me croire. Je suis un gars sans histoire."

D'un geste qui tenait du tic, il frotta ses deux paumes l'une contre l'autre.

'Mais...'

Il en avait tellement pris l'habitude qu'il oubliait à quel point cet épisode de sa vie avait été empreint d'étrange et combien il lui avait fallu de temps pour assimiler que...

"Je suis marqué."

D'un geste vif, il releva la manche de sa chemise pour mettre au jour la paume de sa main. Y était gravée une cicatrice en forme de X. Rien que de très banal si on considérait la foule d'incident qui pouvaient vous arriver à Poudlard, surtout si vous étiez un peu aventureux et, qu'en plus, vous aviez un goût prononcé pour le Quidditch.

"C'est un peu particulier...", commença-t-il, sans trop savoir dans quelle direction lancer son récit. "Disons que c'est la marque de... Quand j'étais en sixième année, il m'est arrivé une drôle d'histoire*..."

Les mots, d'abord abruptes, finirent par couler tout seuls, à mesure qu'il racontait cette étrange aventure en compagnie de Sothis.

"Et depuis, c'est comme si on était relié, lui et moi. J'ai appris à faire la part des choses mais, comment te dire? Je sens ce qu'il ressent. Et c'est la même chose pour lui. C'est un peu comme si j'étais omniscient mai seulement avec Sothis. Même encore aujourd’hui, il arrive que ça me perturbe. la nostalgie peut me tomber dessus à tout moment. Ou l'euphorie. Sans raison particulière et il faut que je prenne juste assez de distance pour me rappeler que ça n'est pas moi."

Tout en parlant, il continuait de frotter la cicatrice de sa main, machinalement. Il finit par sourire tout grand en concluant:

"Rien de très traumatisant, somme toute."

James se tut. Moins parce qu'il n'avait plus rien à dire que parce qu'il était persuadé d'avoir vu passer une ombre dans la périphérie de son champ de vision. Si c'était Wilfried... ça n'était vraiment pas le moment. L'ombre disparut. Elle reviendrait bien assez tôt.
Il préférait poser la question qui le brûlait depuis tout à l'heure avant son retour:

"Dis-moi... qui es Arthur?"

C'était le point obscur de son récit. Ainsi que...

#Et cette histoire de branche maîtresse... Qu'est-ce ...?"

Il était tout à fait conscient d'en avoir moins dit qu'il ne lui en demandait mais....


Spoiler:
 

Bref résumé:
 

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MessageSujet: Re: Compromesses   Mer 10 Nov - 19:22:45

Pas grand chose à proposer en échange. Loevi eut un sourire désabusé à cette réponse digne d'un gamin à la vie ordinaire. N'avait-il donc pas conscience que c'était là exactement ce qu'elle recherchait ? L'ordinaire, les joies et les petits tracas d'une vie normale ? L'évolution d'un enfant ayant pu grandir sans les tourments et les barreaux de la prison rouillée dans laquelle elle avait été élevée ? Elle avait longtemps cru que sa vie était la norme, que tout le monde subissait les mêmes épreuves, avait la même famille cruelle qu'elle. Jusqu'à ce que, à force de côtoyer les élèves de Poudlard, elle réalise que personne, nulle part, n'avait la même existence, les mêmes contraintes. Elle avait cru ensuite ne pas mériter le bonheur, le poids de ses péchés l'écrasant comme la masse d'un dragon ; et, aujourd'hui, elle enviait cette vie paisible à laquelle elle n'avait jamais eu droit.

Elle se fichait des grandes histoires - elle avait eu sa dose pour la dizaine de vies à venir.


-Je suis marqué.

Surprise, elle tourna la tête vers lui, ne sachant trop quoi penser. Marqué ? Elle l'écouta en silence, étonnée de se rendre compte qu'elle n'avait pas été la seule à vivre de drôles d'aventures au sein de cette école soit-disant surprotégée. Elle essaya d'imaginer ce que cela pouvait faire de se retrouver avec les sentiments d'un autre, d'envoyer et de recevoir ces émotions comme autant de messages involontaires, mais en vain. La seule personne avec laquelle elle aurait dû avoir ce genre de relation, elle l'avait perdu depuis toujours. Elle communiquait avec un vide béant.

-Traumatisant, peut-être pas, murmura-t-elle. Mais intense, et marquant...

Gardant le silence comme si elle n'avait pas entendu les questions d'O'Brian, elle s'arrêta et prit sa main dans les siennes. Elle n'avait rien vu de l'ombre qui s'était glissée près d'eux mais, perdue dans ses pensées, elle n'aurait pas même vu un élève la croiser ostensiblement. Du doigt, elle retraça la cicatrice sur la paume, fascinée. Il avait demandé qui était Arthur, comme s'il avait lu dans ses pensées, comme s'il avait su que son récit avait ravivé son souvenir après la seule allusion qu'elle y avait faite.

-Arthur... souffla-t-elle.

On y était. C'était le sujet. Le point le plus obscur de sa vie, la seule chose dont elle n'avait jamais parlé à quiconque - elle ignorait même si Eleanor était au courant. C'était un souvenir fragmenté, presque inexistant, mais plus douloureux que les plus douloureuses expériences de sa vie. C'était le néant auquel elle ne pouvait pas se raccrocher.


-Mon frère jumeau, mort à la naissance, dit-elle enfin. C'est moi qui l'ai tué.

Elle avait dit cela d'un ton monotone, comme si elle récitait un texte appris par cœur pour ne pas penser à la signification des mots. Très vite, elle poursuivit sur autre chose. Il lui fallait le temps d'accepter le fait d'avoir enfin prononcé cet aveu à haute voix - et peut-être fallait-il également à O'Brian celui d'assimiler un tel crime.

-Il y a la branche maîtresse et la branche secondaire. Imagine la dynastie BloodDust comme une famille royale. Il y a toujours une branche principale, celle des héritiers du royaume, tu vois ? Eh bien, chez nous, c'est pareil. Sauf que la branche secondaire ne tombe dans l'oubli qu'après plusieurs générations. Entre-temps, les frères et sœurs, les cousins, deviennent les serviteurs de l'Héritier, du Patriarche. Ils lui appartiennent jusqu'à la fin de leur vie, et à l'Héritier suivant si le premier meurt avant eux. D'aussi loin qu'on se souvienne, et mon arrière-grand-mère est encore là pour en témoigner, prompte mort à elle, ça a toujours été comme ça. J'espère juste que ça s'arrêtera avec moi.

Elle referma la main d'O'Brian et releva le regard vers lui. Elle lui fit un pauvre sourire, avant de s'expliquer.

-Avec la disparition de Mark... Mark Resnald, tu te souviens de lui ? Il était à Serpentard et... ma foi, on ne s'entendait pas très bien, à l'époque... Enfin, depuis qu'il a disparu, toute la dynastie est en pourparlers pour savoir si je dois prendre sa suite ou pas. Et comme l'abominable vieille Martha a encore largement son mot à dire, je pense que ça n'est pas prêt d'arriver. Elle me déteste depuis le jour de ma naissance. Elle ne jurait que par Mark, et maintenant qu'elle l'a perdu... Oh, elle ne le reprendrait pas s'il revenait, mais... Je ne lui arrive pas à la cheville, c'est tout.

Elle hocha la tête et reprit sa marche, à reculons, les yeux plongés dans ceux de l'ex-Poufsouffle. Un léger sourire vint tenter de balayer la mélancolie de ses traits.

-Ce que je voulais, moi, c'était le récit d'une vie sans histoire, lança-t-elle avec une bonne humeur à demi feinte, tandis que ses yeux se mettaient à briller d'excitation. Je veux savoir comment on vit quand on ne s'appelle pas BloodDust. Comment c'est, d'avoir autant de frères et sœurs, de cousins, de cousines... ? D'avoir deux personnes qui ont exactement le même visage ? Comment c'est d'avoir des parents aimants, d'avoir le droit de choisir ? Je ne sais rien de tout ça. C'est quoi une vie normale ? Dis-moi !

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MessageSujet: Re: Compromesses   Sam 13 Nov - 19:49:35

James était incapable de décrire ce qu'il avait ressenti, alors que les doigts de Loevi touchaient doucement sa cicatrice. C'était à la fois extrêmement gênant et étrangement agréable. A la limite entre l'impersonnel et l'intime. Aurait-il voulu définir l'exacte sensation qu'il lui aurait fallu, pour ce faire, ratisser quinze rouleaux de parchemin avec une plume usée. Il se contenta de fixer Loevi avec attention, sans sourire mais sans grimace. Il ne trouva rien à dire aussi se borna-t-il au silence.
Il faisait bien. la moindre coupure aurait peut-être retiré à la jeune fille le courage de raconter son histoire et, sans savoir pourquoi, James était persuadé qu'il avait besoin de l'entendre... autant qu'elle avait besoin de l'énoncer à voix haute à un élément extérieur à sa famille. Il écouta attentivement, tentant de percer des nuances qui lui échappaient et de coller une réalité à ses mots. A peine cilla-t-il à la mention de Mark Resnald. Mark... lointains souvenirs... Autant commencer par ici:

"Mark serait l'Héritier? Ou alors... un des..."

Le mot bloquait dans sa gorge.

"Un des serviteurs? Je m'y perds un peu."

Si Loevi devait prendre sa suite, il ne savait pas trop laquelle des deux options étaient préférable à l'autre. Bien sûr, devenir le 'serviteur' de membres de sa famille était humiliant et injuste et tout ce qu'on voulait, mais... Mais quelque part, il n'était pas sûr que la place d'héritier soit à envier pour autant. Etre ainsi tributaire des histoires familiales et avoir leurs espoirs qui reposaient sur ses épaules. James, évidemment, ne pouvait que concevoir sans comprendre réellement cette réalité. Mais, à moins d'être en mesure de se rebeller contre ce système en tant que "rejeton de la branche royale", il ne trouvait pas grand chose à envier à cet héritier.

'C'est moins pire que l'autre mais c'est bien tout.'

Les pièces du puzzle commençaient à se mettre en place.
Si quelque chose avait effacé le tatouage bridant la magie de Loevi, quand cette bride était supposée l'asservir à la branche maîtresse, cela voulait dire que la Poufsouffle était désignée pour succéder à Resnald en tant qu'Héritière.
Conscient qu'il contrevenait aux questions qu'il avait posé plus tôt, il demanda:

"Et tu serais en mesure de refuser? Maintenant que tes pouvoirs sont libérés, tout ça..."

Il gardait la main de la jeune fille serrée dans la sienne et continuait de la dévisager, tout en avançant doucement. Il fronça légèrement les sourcils:

"Désolé. Ca doit déjà être suffisamment compliqué comme histoire sans que je te demande ça."

Pour se donner le temps de réfléchir et pour accéder à sa demande, il sauta du coq à l'âne et enchaîna sur sa propre famille. Juste pour voir les yeux de Loevi briller un peu plus. Il avait toujours été ainsi, à préféré les sourires aux larmes. On ne se refaisait pas.


"Une grande famille, je suppose que ça n'est jamais vraiment normal mais... on aime ou on n'aime pas, je crois. Jörgen n'aime pas, il s'y perd, il a l'impression d'y dissoudre son identité. Moi, j'aime ça. J'aime les gens, depuis toujours, sans explication. Il y a toujours quelqu'un qui est là pour parler, au beau milieu de la nuit, pour partir dans un délire complet ou être là quand tu as besoin de soutien. Ca n'est jamais calme, chez moi. Ca crie, ça pleure, ça rit. Ca vit pour de vrai. J'aime le silence, pourtant, mais, dans ma famille, le silence, c'est effrayant."

Le silence qui avait plané sur eux à la mort de Gern.
Plus jamais il ne voulait vivre ce silence là. Une ombre passa dans ses yeux mais il ne voulait pas donner plus de pesanteur au moment. Il la chassa rapidement, et reprit avec entrain:


"Et puis, sur tout le lot, tu es obligé de t'entendre avec un ou deux, même avec un caractère difficile. En cas de coups durs, on se serre les coudes. Et dans les bons moments, c'est comme si toute cette bonne humeur se démultipliait. Je ne sais pas comment t'expliquer ça mieux. Le meilleur..", commença-t-il avec un grand sourire qui se dessinait doucement, "C'est que tu viennes te faire ta propre opinion, un de ces jours."

C'était une invitation voilée. Elle la prendrait comme elle le voulait.
Une fois intronisée dans le clan O'Brian, il serait difficile de s'en défaire. Mais ça, elle n'était pas obligée d'être au courant.

"D'ailleurs... si jamais tu..."

James se tut brusquement.

"Wilfried! Tu me gaves! Soit tu te montres soit tu te casses!"

Depuis à peu près le moment où il avait mentionné son frère Jörgen, il sentait de tout petit projectiles s'écraser contre son dos, à intervalles réguliers. Des bavboules périmées. La marque de fabrique de Wilfried.
Wilfried était un tout jeune esprit frappeur. Il avait l'apparence d'un petit garçon de huit ans. Il était apparu, pour ce que James en savait, au cours de l'année précédente, impossible d'être plus précis. D'où venait-il? Qui était-il? Nul ne le savait. Il était là, c'était tout. Le fils de Peeves? Les esprits frappeurs pouvaient-ils se reproduire (ce qui aurait signifié qu'il y avait une madame Peeves dans le château, à moins que les E.F. ne se dédoublent? Mais les E.F., dans ce cas, vieillissaient-ils? Autant de questions sans réponse.)? Aucune idée. La seule chose curieuse, dans cette histoire, était que Wilfried semblait être contraint aux limites de ce couloir, ou, pour le moins, de cette partie du château, relativement peu fréquentée. Autant dire qu'il s'ennuyait. James, qui n'avait pas prévu que la conversation dérive vers quelque chose d'aussi sérieux et personnel, avait tout d'abord pensé qu'une visite de courtoisie à l'esprit pouvait se révéler distrayant. Il regrettait vaguement son choix. Dans le pire des cas, il ne leur restait qu'à courir jusqu'à la grande tenture qui dissimulait un passage secret, à une cinquantaine de mètres de là. Et laisser Wilfried à sa solitude.

L'E.F. sortit de l'ombre et flotta jusqu'à eux, un sourire narquois aux lèvres. Quelques soient les circonstances, Wilfried essayait toujours de paraître distant et inatteignable.

"Wilfried, je te présente Loevi, une ami à moi."

-Obiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii!


Et l'esprit frappeur de se ruer vers lui. On ne savait pas trop si il s'agissait là des prémices d'une bataille ou d'une amorce d'étreinte. James envoya un sourire gêné à la Poufsouffle, signifiant quelque chose du genre "je m'occupe de ça et mon attention te revient". Ca ne serait pas long. Il fallait espérer.


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MessageSujet: Re: Compromesses   Jeu 2 Déc - 0:16:21

-Oui, Mark était l'Héritier. Il était le fils de la fille aînée du Patriarche, tu vois ? Alors forcément, ça devait être lui. Je ne crois pas que sa mère ait jamais été considérée comme Héritière. En fait, je crois bien que je suis la première fille à pouvoir prétendre au titre. Je veux dire, on serait obligés de remonter trop loin dans l'arbre pour trouver un garçon pour reprendre le flambeau. Et le seul qui soit assez proche, si j'ai bien suivi l'histoire de la famille, le seul Héritier mâle possible est un cousin d'Eleanor mais... son père a été renié depuis longtemps, alors...

Elle soupira.

-C'est compliqué, je ne te le fais pas dire. Même pour moi qui ai l'habitude. Et je ne te parle même pas des légendes familiales... Enfin toujours est-il que non, je ne pourrais pas refuser s'ils décidaient que je suis l'Héritière. Ou si... Si je les décevais, par exemple, mais c'est plus difficile qu'il n'y paraît. Etre le Patriarche - la Matriarche, dans mon cas - ça ne veut pas dire être libre. La vieille mégère et mon Serpentard de père ont encore leur mot à dire et... Bah, je ne fais pas le poids. Je pourrais dire que j'ai l'habitude d'être dirigée, de toute façon, mais...

Elle haussa les épaules et détourna le regard, sans terminer sa phrase. A quoi bon ? Elle avait lutté durant tant d'années pour tenter de se libérer de sa famille... Elle y était finalement parvenue, au prix de sacrifices douloureux. Elle avait beaucoup souffert pour en arriver là et... Et désormais, elle espérait presque avoir cette place d'Héritière. Ne serait-ce que pour mettre fin définitivement à toute cette mascarade. Pour sauver les prochaines générations - s'il devait y en avoir.

Elle s'était certes trouvée elle-même, au cours de ces derniers mois passés à se battre pour sa survie, au bout du monde, avec Eleanor comme unique bouée de sauvetage. Elle avait fait la paix avec elle-même, ou peu s'en fallait. Mais elle n'avait pas trouvé toutes les réponses, et elle ignorait ce qu'elle voulait faire à présent. Vivre, c'était certain. Mais comment ?

Elle se détourna de ces pensées encore trop stériles en écoutant O'Brian. A l'entendre parler de sa famille, à voir son visage s'éclairer à la simple mention de son innombrable parentèle, Loevi ressentit un douloureux pincement au cœur. Une brûlante étincelle de jalousie qui ternit son sourire et lui fit presque monter les larmes aux yeux. Elle ne pouvait en vouloir qu'à elle-même, c'était elle qui avait voulu savoir. Elle ne comprenait pas bien, ne pouvait pas vraiment imaginer, mais les émotions de l'étudiant ne trompaient pas. C'était là un petit paradis dont elle avait toujours rêvé.

Aurait-elle connu cela, cette espèce de félicité, cette joie d'être écoutée et soutenue, si Arthur avait vécu, lui aussi ? Elle s'était toujours demandé ce qu'il aurait ressenti s'il lui avait survécu au lieu du contraire, mais jamais encore elle n'avait songé à ce qu'ils auraient pu partager. Comment l'aurait-elle pu, alors qu'elle était responsable de sa mort ?


-Le meilleur... C'est que tu viennes te faire ta propre opinion, un de ces jours.

Elle leva vivement un regard surpris vers O'Brian, pas bien sûr d'avoir bien entendu ce qu'il venait de dire. Avait-elle bien compris ? Etait-il réellement en train de lui proposer de... venir voir sa famille, chez eux ? Après tout ce qu'elle venait de lui révéler ? Certes, elle avait fini par comprendre qu'il n'attachait pas grande importance à ses difficultés magiques, sinon pour l'aider à les faire disparaître, et il ne considérait pas les torts de sa famille comme ayant rejailli sur elle, mais... Arthur ? Rien que cela aurait dû le faire réfléchir ; sans compter le poids de la dynastie BloodDust, qui aurait fait fuir n'importe qui. Il devait bien avoir compris qu'ils ne la lâcheraient pas si facilement. Pas si elle devenait leur Héritière.

Mais soudain la voix d'O'Brian explosa et le fantôme d'un gamin pas très âgé apparut dans le couloir, flottant jusqu'à eux avec une mine malicieuse de gamin farceur.


-Obiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii ! s'écria-t-il presque aussitôt en bondissant sur l'ex-Poufsouffle - chose assez étrange quand on est un créature immatérielle qui tente d'embrasser une personne bien réelle.

Même si les esprits frappeurs semblent dotés d'une capacité à interagir physiquement, celui-ci ne fit que soulever les cheveux d'O'Brian en passant à travers lui. D'abord trop surprise pour réagir, Loevi finit par laisser échapper un léger rire qui faisait un bien pâle écho à celui du bambin.


-Wilfried, c'est ça ? fit-elle d'une voix amusée. Eh bien, mon petit bonhomme, qu'est-ce que tu fais par ici ? Tu sais que ce n'est pas bien d'écouter aux portes ?

-J'écoutais pas aux portes, miss, répondit le petit bout d'esprit frappeur. Y'a pas de porte ici.

Et, de fait, il n'y avait pas de portes à 10 mètres à la ronde. Les salles qui se cachaient derrière ces murs devaient être immenses ; Loevi n'avait jamais vraiment mis le pied au cinquième étage avant ou, en tout cas, elle n'avait jamais exploré cet endroit précis. Elle connaissait beaucoup de coins perdus du château, c'était certain, mais tout de même bien moins que quelques aventureux... à commencer par les O'Brian, très certainement.

-Tu sais très bien ce que je voulais dire, dit-elle en souriant. J'espère que tu n'as rien entendu, sinon je risque de ne pas être très contente.

Bien sûr, son visage trahissait l'exact contraire. Wilfried fit une moue faussement boudeuse mais il n'était pas dupe. Même si Loevi pouvait mal prendre que ses secrets soient écoutés en douce et, qui sait, semés aux quatre vents à qui voulait l'entendre, elle aurait probablement du mal à en vouloir à cet adorable petit bout de chou espiègle qui lui faisait face.

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MessageSujet: Re: Compromesses   Lun 20 Déc - 20:30:12

- Baaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah! Les murs ont des oreilles, eux aussi. Tu vas te fâcher après eux pareil?

Si Wilfried était capable de se montrer sérieux, James n'en avait jamais encore été témoin. A dire vrai, quand on avait l'éternité devant soi, rien ne devait paraître bien important. Les choses étaient impermanentes de nature et, quelque part, étaient désormais incapables de l'atteindre réellement. Néanmoins, il était sensible aux émotions humaines et prenait garde à ne jamais pousser le bouchon trop loin. Trop loin était une notion vague, quand on avait la mentalité d'un enfant de dix ans.
L'esprit frappeur, après avoir fait mine de bouder (il se savait alors irrésistible), lança un sourire charmeur à Loevi. Beaucoup de garçons, dans cette école, aurait pu prendre des cours auprès de lui.

- Peut-être que c'est eux qui m'a tout répété.

' Ce sont eux qui m'ont tout répété.'

Alors qu'il était surpris en pleine conversation par Wilfried, James ne trouvait rien de mieux que revoir ses cours d'orthogram. Décidément, cette soirée serait à placer sous le signe de l'étrange.
Il jeta un bref regard à la Poufsouffle, avec un bref signe d'épaule qui voulait dire quand il te gavera, je m'en occuperai. Pour l'instant, Loevi ne semblait pas trop s'en plaindre.

Ne rencontrant aucune remontrance réelle, le jeune esprit frappeur s'aventura un peu plus loin:

- Si je garde le secret que tu es l'Héritière...

A l'évidence, seul le titre lui parlait et il n'y rattachait aucune réalité tangible.

-... tu reviendras me voir?

James eut un léger pincement au cœur face à la solitude de ce petit être, qui en était presque à quémander de l'attention et des visites. A sa façon, évidemment. Il ne se serait jamais risquer à en formuler la demande simplement.
L'étudiant se décida à intervenir, entrant dans leur jeu du "j'en dis peu mais je n'en pense pas moins".

"Alors, ça y est, Wilfried...? Je t'amène quelqu'un et tu me mets aux oubliettes. C'est pas gentil-gentil tout ça."

- Elle a l'air plus marrante que toi.

"Mouais."
, convint James d'un ton qui n'était pas du tout convaincu. A l'intention de Loevi, il ajouta: "Je crois que ça veut dire qu'il te trouve plus intéressante."

- J'ai jamais dit intéressante.


Pour qui n'avait jamais vu un esprit frappeur rougir (et, avec Peeves comme seule exemplaire jusqu'à un passé récent, la chose était courante), le spectacle était édifiant.

"Fais gaffe, Loevi... Après tu risques de devoir l'adopter."

Wilfried lui tira la langue et décida de ne plus s'occuper d’eux, tant qu'ils ne se montraient pas plus enclins au respect. Ses bouderies ne duraient jamais bien longtemps. Hors de question, donc, de reprendre leur discussion où ils l'avaient laissé. D'un autre côté, il était difficile de partir maintenant et de le laisser là.

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