Back to Hogwarts

Jeu de rôle basé sur les règles inventées par J.K. Rowling dans l'univers de Harry Potter.


 
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 Le début et la fin

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Toni Scheffer
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MessageSujet: Le début et la fin   Ven 7 Aoû - 15:25:27

- Tu es parfaite ! Tu as repris du poids ces dernières semaines. Je suis contente.

Le visage de Japhet Cullen entra dans l'encadrement du miroir devant lequel se tenait déjà Toni qui se dévisageait et redécouvrait un visage dont elle avait longtemps oublié les traits. Deux chandeliers éclairaient timidement la pièce vide autour des deux jeunes filles. Le miroir était posé sur un pupitre, contre le mur en pierre d'une des pièces du bureau des élèves.

Toni était assise sur une chaise et Japhet se tenait debout à côté d'elle, penchée au-dessus de son épaule. Cette dernière admirait son travail: un maquillage sophistiqué à peine plus prononcé que d'habitude, des cheveux coupés au carré où brillait une légère poudre scintillante qui provoquait une sorte de halo doré dès que Toni remuait la tête, une robe noire à bretelles, assez courte mais simple… "parfaite" pour Japhet mais Toni n'avait pas encore d'avis bien qu'elle admettait intérieurement que cela faisait un long moment qu'elle n'avait pas eu l'air aussi en forme. En effet, les fraîches rondeurs sur ses joues étaient revenues, ses épaules et ses articulations paraissaient moins saillantes, sa démarche et ses gestes avaient retrouvé leur fluidité et leur assurance.

Toni fit une moue désabusée :

- Pas mal, pas mal…

- Pas mal ? Tu rigoles ? Tu apprendrais le bon goût à un troll rien qu'en croisant son chemin. Allez, debout, va-t-en retrouver ton cavalier avant qu'il croise une fille plus souriante que toi.
- Hé mais je souris ! s'étrangla Toni poussée dehors par Japhet qui, elle, n'était pas encore prête.

La porte venait de claquer entre les deux filles. Japhet était parvenue à jeter la Gryffondor dehors pour jouir pleinement de son plan de travail esthético-pharaonique.

- Merci Japhet !!
cria Toni à travers la porte.

Elle trottina jusqu'au hall après être allée chercher un petit sac baluchon en tissu noir et mauve irisée assorti à sa robe. Elle y fourra un unique objet.

Dans le hall, elle se posta en haut des escaliers qui menaient aux cuisines et attendit… attendit… manquant de patience, elle mit ses mains en porte voix et hurla - avec toute la discrétion et la féminité dont son sexe était naturellement pourvu - du haut de l'escalier :

- JÔOOOOOOOOOOoooooooooooooorrrrrgen OOOOOooooooo'BriaAAaaAaan !! RAaaaaaaabouuuule !!

Un beau couple Serpentard/Poufsouffle, surpris par le cri alors qu'ils s'apprêtaient à monter les marches, frôla la crise cardiaque. Le Serpentard conspua Toni jusqu'à ce que le couple ait disparu dans le parc. Toni les suivi des yeux avec un regard désolé pour la Poufsouffle. La pauvre fille, elle allait passer une soirée horrible avec un horrible râleur visiblement de mauvais poil en cette soirée pourtant géniale.

- Génial, murmura-t-elle heureuse en pointant de nouveau ses yeux vers le bas de l'escalier, enfin, s'il arrive…

Un court instant Toni s'imagina qu'il avait en effet croisé une fille plus souriante que lui et que... Oh, non, non, non... Dans ce cas, elle lui briserait incontestablement chaque os de la main avant de s'en prendre à ses orteils. C'était grâce à lui, à leur amitié, et à tout ce qui était arrivé en France et depuis la France qu'elle allait bien. Maintenant, sans sa dose quotidienne de Jörgen, elle ne tiendrait pas. C'avait été dur de "tout" admettre. Il restait encore du travail et des choses à vivre ensemble. Surtout que ces trois jours de fêtes précédaient la terrible et longue séparation des vacances d'été.

"Alors O'Brian, il est hors de question que tu me laisses tomber comme une citrouille pourrie un soir de fête !"

Là, le visage de Toni déformé par une grimace grotesque lui donnait l'air d'une satyre. Comme une première année de Poufsouffle n'osait pas monter l'escalier de peur d'en venir à croiser le chemin de Toni, la Gryffondor sourit avec gêne, reprit un visage normal et surtout, elle s'écarta de ce maudit escalier en soupirant... Le pire était que Jörgen n'était pas encore en retard. Il ne le serait que dans dix minutes. Toni était impatiente.

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Jörgen O'Brian
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MessageSujet: Re: Le début et la fin   Lun 10 Aoû - 9:31:30

Les yeux cernés de James parvenaient encore à mimer l'amusement. Et à Jörgen, il restait une bonne part de compassion. Assez en tout cas, pour sourire alors que son frère tentait une boutade.

"Jörg, mon cher, il me semble avoir entendu un filet de voix, dans le lointain."

Qui ne l'avait pas entendu?
C'est fou ce que cette fille avait de bons poumons. Et Jörgen de sourire de plus belle, saluant la tentative de clin d'œil de sa doublure. Ignorant vaillamment les fou-rires et grimaces qui avaient envahi les visages de la moitié de la salle commune, le jeune homme décida de sortir avant que tout le monde ne soit victime d'une deuxième attaque auditive. Une otite généralisée un premier soir de fête, pas sûr que tout le monde allait adorer.
Somme toute, il était prêt. Il avait troqué l'uniforme "élève de Poufsouffle" pour un pantalon et une chemise blanche. C'était suffisamment élégant sans être tout much. De son propre point de vue. Il détonnait sans doute un peu au milieu des costumes deux pièces choisis par certains mais au moins, il n'avait pas l'air d'un pingouin engoncé dans une enveloppe trop petite pour lui.

JÖOOOOOOOOOOoooooooooooooorrrrrgen OOOOOooooooo'BriaAAaaAaan !! FIiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiile !!!

La solidarité Poufsouffle... Il était presque certain d'avoir reconnu la voix de McIntosh. Un haussement d'épaules salua l'interjection alors que Jörgen franchissait la barrière entre l'univers Poufsouffle et le monde réel. McIntosh ne comprenait pas. Personne ne comprenait vraiment.
Tant pis.

Trois pas plus loin, il chercha Toni des yeux (la voix, c'était elle, pas de doute là-dessus) pour tomber sur une robe avec des .. hum, jambes, des bras, une tête scintillante et quelque chose qui ressembla soudain à de la bonne humeur.

- Salut.

Bref instant de solitude.

- Tu es très.... en forme, ce soir.

L'art du compliment, conjugué au masculin.
C'était toujours mieux que l'autre, là, qui était sur le point de baver s'il ne fermait pas bientôt la couche.

*On va peut-être pas s'éterniser.*

Pour deviner où il fallait se rendre, il suffisait de se fier à ses oreilles. Bruit=musique=ambiance=fête. D'un léger mouvement de tête, il proposa à la jeune fille d'y aller et ils se mirent à avancer de concert en direction du parc.

- Euhm...

Un coup d'oeil à droite, un coup d'œil à gauche.

- Il n'est pas avec toi?

Il, une tête aux boucles blondes, une ombre aux yeux de gouffre.
Baume au coeur, amputation sentimentale ou cure de sourire, il n'était pas tout à fait sûr.

Une chose était certaine, cependant, Jörgen ne s'était jamais sentit aussi bien.

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Toni Scheffer
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MessageSujet: Re: Le début et la fin   Lun 17 Aoû - 16:04:49

Pour toute réponse, Toni agita son petit baluchon en satin sous le nez de Jörgen. Avant de parler de leur "enfant", elle désirait faire un petit commentaire :

- Tu es assez mauvais en compliments… je t’apprendrai, le taquina-t-elle.

Elle prit plaisir à regarder l’effet de sa remarque sur le visage de Jörgen et saisit l’opportunité pour prendre son bras et commencer à se diriger vers le Parc. Il est probable qu’avant d’aller danser, boire et manger, Jörgen voudrait voir Thémis. L’enfant dormait sous sa forme de pierre. Une pierre blanche et lisse, comme la peau de cet être fabuleux.

Toni avait été des plus surprise, presque effrayée, lorsqu’un jour de pluie la pierre s’était transformée en nourrisson. Elle avait paniqué, ne comprenant pas d’où ce bébé pouvait provenir. Il était apparut là, sur ses genoux, à la place de la pierre de lune que leur avait donné un soir une vieille femme près de la fontaine du Boulevard du Souffle, à Paris.

Cela avait été toute une entreprise pour contacter Jörgen et le prévenir. Elle ne se voyait pas traverser l’école avec un bébé dans les bras… bébé qu’on lui aurait peut-être retiré ou pire, qu’on aurait pu soupçonner d’être le sien. Elle dut cacher l’enfant dans une des serres, sous les larges feuilles d’un palmier coton qui berça l’enfant jusqu’à son retour catastrophé. Elle avait tiré Jörgen de son entraînement de Quidditch pour le traîner dans les Serres sans lui dire de quoi il s’agissait. Elle ne savait pas de quoi il s’agissait et elle était incapable de l’expliquer. Quand ils arrivèrent près du palmier, l’enfant avait dispau. Toni crut qu’elle avait rêvé… à la place, la pierre de lune reposait sur une des feuilles. "C’est dingue !" s’était-elle exclamée. Elle eut d’abord peur que Jörgen aille penser qu’elle inventerait n’importe quoi pour passer du temps avec lui. C’était presque vrai mais elle n’aurait jamais songé inventer une histoire pareille.

Ils sortirent après que Toni eut essayé d’expliquer ce qui s’était produit dans le parc. Jörgen avait prit la pierre et la scrutait sans se prononcer. Quand ils furent de nouveau sous l’inverse, Jörgen sursauta. Dans ses bras, il tenait un enfant qui pleurait à chaudes larmes. Illico, les deux adolescents retournèrent en courant dans la Serre. Effrayés, mais cette fois deux à faire le même rêve, ils se penchèrent plus posément sur cette apparition.

"Il prendra l’apparence de ce qui vous est communément le plus cher" avait dit la vieille française. Il n’avait jamais été cher à Toni d’avoir un enfant. En tout cas, pas maintenant… La Gryffondor regarda d’un air très soupçonneux Jörgen qui contesta lui aussi. La paternité n’était pas encore une de ses lubies. "C’est vrai, enfin ! soupira Toni, on a déjà assez de mal à s’occuper de soi… de nous… que…"

Toni ne finit pas sa phrase. Le secret était peut-être là. Leur envie la plus profonde était peut-être de s’occuper d’eux. Au fond d’eux. Se faire du bien par le biais d’un tiers qui grandissait à une allure démente. En deux semaines, l’enfant qu’ils appelèrent temporairement Thémis, prit deux centimètres et quelques cheveux blonds lui poussèrent. Blond, à l’identique de la chevelure de Jörgen. Ses yeux noisettes et clair n’étaient quant à eux pas sans rappeler le regard de Toni. Les deux adolescents mirent très peu de temps de comprendre comment Thémis changeait d’apparence : l’eau le faisait devenir humain et la chaleur, comme celle qui régnait ce soir ou dans les serres, lui rendait sa forme de pierre.

Aujourd’hui Thémis ne marchait toujours pas mais il paraissait avoir un an. Ces derniers temps sa croissance avait ralentie. Pour le nourrir, Toni avait demandé à Shawn de lui dégoter du lait maternel… Evidemment le Serpentard avait faillit s’étrangler. Néanmoins, comme à son habitude et malgré une curiosité palpable, il ne posa pas de question et Toni entra en possession d’un stock de lait maternel et de purée de citrouille premier âge qu’elle et Jörgen cachèrent dans le cœur d’une armure du troisième étage.

Au jour d’aujourd’hui, ils ne savaient ni l’un ni l’autre ce qu’allait devenir cet enfant ni ce qu’ils devaient en faire. S’il continuait de grandir ainsi, dans six mois, il aurait six ans.


Jörgen et Toni s’embusquèrent derrière un chêne qui bordait la forêt Interdite en direction des lumières et fanion de la fête qui brillaient au loin près du lac. La chaleur était très dense ce soir et Thémis n’était qu’un galet.

Toni ouvrit son baluchon et le tendit à Jörgen. Il était irrationnel de se rendre compte à quelle point elle éprouvait une sensation paisible et sereine au contact de la Pierre de Lune. Pour elle, Thémis représentait leur reconstruction, la sienne et celle de Jörgen.

- Il n’a pas encore mangé mais, à vrai dire, il fait tellement chaud qu’à part sous la douche, je ne vois pas comment on pourrait faire ce soir. Il y a le lac aussi… laissa-t-elle planer en jetant un regard par-dessus l’épaule de Jörgen. Mais dans ce cas, je dois retourner chercher le lait en haut…

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Jörgen O'Brian
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MessageSujet: Re: Le début et la fin   Mar 25 Aoû - 16:14:01

*Sous la douche?*

Thémis, Toni et lui, sous la douche?
Ok, on passe.

L'eau.
L'eau de la grotte de Siemens.
La glace de Seagaard.
Le sel et l'amertume des larmes.
Le gris de la pluie.
La fontaine du boulevard du Souffle.
L'eau, c'est la vie.
L'eau, c'était un peu leur vie aussi.
Depuis le début, elle était là, dressant l'arrière-plan de chacun de leur rencontre.
L'eau, encore et toujours, comme un leit-motiv.
Un hasard? Une évidence? Allez savoir.

La mention du lac sauta comme une bénédiction aux oreilles de Jörgen qui s'empressa de sauter sur l'occasion. S'occuper un peu de Thémis, c'était s'éloigner de la foule d'un soir de fête. Et s'il y avait une chose dont le jeune homme ne raffolait pas, c'était bel et bien de la foule.

- Je... oui, c'est une idée!

Autant d'entrain à l'idée d'alimenter un nourrisson, pour un garçon de son âge, il y avait de quoi faire hausser plus d'un sourcil. Seulement, ils y avaient veillé, l'existence de Thémis était un secret absolu. Le seul haussement de sourcil à l'horizon ne pouvait venir que du visage de Toni et Jörgen ne s'en inquiétait pas. Ils partageaient ce sentiment de réconfort à prendre soin du petit garçon, inexplicablement, peut-être, mais incontestablement surtout. Et qu'on ne lui parle pas de fibre paternelle. C'était moins, c'était plus, c'était autre chose.
Thémis, c'était un peu lui, c'était un peu elle, c'était un peu eux.
L'aube qui évacue le cauchemar.


L'aube leur avait été offerte par cette vieille femme édentée, agitant son petit sac de velours usé comme Trelawney son pendule. Devant l'insistance de cette femme et face au refus obstiné de Jörgen de faire quoi que ce soit, Toni avait fini par se saisir délicatement du sachet. Il ne contenait qu'une petite pierre qui, hormis ses reflets bleutés, ne payait pas de mine.

Un peu plus tard dans la soirée, ils l'avaient observé avec plus d'attention, désoeuvrés. Au début, rien. La pierre passa d'une main à l'autre, frémissant à peine, comme si elle les testait. Et puis, c'était devenu un peu.. surnaturel. A peine détachaient-ils leurs doigts de la surface minéral que s'en échappaient de longues volutes d'un or sombre, que Jörgen aurait peut-être pu comparer aux birbes de souvenirs offertes à une pensine si seulement il avait su de quoi il s'agissait.
A chaque brume dorée, c'était ses épaules qui devenaient plus légères, bien qu'il mit un moment à percevoir le processus. Le poids du secret, de la culpabilité, du doute, du manque... c'était un peu tout ceci qui s'envolait.

Sous leurs doigts, la pierre s'était brièvement réchauffée, insufflant un peu de vie à son coeur de pierre, dissolvant la boule de sa gorge, formidable démêlant pour noeuds d'entrailles.
Un premier sourire avait point, lentement un deuxième lui avait fait écho. Ils n'avaient peut-être pas compris mais ils avaient senti.
La différence.


De derrière leur chêne, c'est à mi-voix (savait-on jamais) que Jörgen lança sa suggestion:

- Je connais un coin, un peu plus loin. Plus loin que la Cabane de Hagrid. Il y a une sorte de ru. Personne n'y va jamais.

Pas même les soirs de fête.
Serrant précautionneusement "Thémis" au creux de son poing, Jörgen s'empara de la main de Toni. Par réflexe. Par habitude. Parce que c'était réconfortant.

- C'est là.



Juste le bruit de l'eau à la place du brouhaha des élèves.
Un peu de calme. Un peu de silence.
Ils iraient, après, si elle en avait envie. Mais avant...
Un peu de solitude.

- Je me suis entraîné.

Démonstration baguette en main.
Sa mère n'avait pas posé de questions quand il l'avait interrogé, par hibou interposé. Cela viendrait, pendant les vacances. Toujours est-il qu'il connaissait la formule pour faire apparaître du lait. Pas LA solution au quotidien (apparemment, rien ne valait la boisson que leur procurait Toni) mais en cas d'urgence...

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Toni Scheffer
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MessageSujet: Re: Le début et la fin   Mar 8 Sep - 11:02:52

Peut-être que si Toni allait nager dans le Lac Noir tous les jours depuis le 2 septembre 2003, le lendemain de son arrivée à Poudlard, ce n’était pas comme elle le pensait un désir conscient mais un appel surnaturel de cette étendue somptueuse. Le Lac venait à elle quand elle n’allait pas à lui. Les deux seules fois où elle avait décidé de ne pas aller nager, elle s’était retrouvée malgré elle dedans.

La première fois avait été le 8 décembre de l’année dernière. Une tempête de neige s’était abattue sur Poudlard et dans ces conditions aller nager lui paraissait compromis. Mais ce jour là coïncida aussi avec la disparition d’Emily, une jeune Gryffondor de première année. Elle avait été chahutée un peu trop fort par une équipée sauvage de Serpentard et, triste, elle s’était enfuie du château pour marcher près du Lac dans lequel elle tomba. Ne la voyant pas à table à l'heure du déjeuner Toni avait à son tour chahuté les Serpentard qui finirent par confier qu’ils avaient vu Emily se diriger vers le Lac. Toni était sortie en courant. Une écharpe rayée rouge et or flottait à la surface gris blanc du lac. A quelques mètres du bord, malgré le givre qui lui foutait les yeux et le visage, Toni remarqua une petite forme noirâtre qui se débattait sans y croire. Elle avait plongée. Deux heures plus tard, Emily et elle étaient à l’infirmerie et les quatre Serpentard perdaient vingt points chacun mais gagnaient six heures de colle. Malgré un rhume carabiné, le lendemain Toni alla nager dans l’eau glacée.

La deuxième fois était ce soir. Toni n’était pas allée nager aujourd’hui. Elle avait dédié sa journée à la préparation de cette fête avec d’autres élèves et à la coquetterie. Coquetterie qui apparemment n’aura duré le plaisir que de quelques minutes. C’était Japhet qui allait être déçue. Mais cela fit sourire Toni… Encore une fois, le Lac, l'eau, l’appelait.

L’endroit que lui fit découvrir Jörgen, Toni le trouva enchanteur. Pour un bain et un biberon, on aurait rêvé endroit plus atypique. Il faisait très chaud ce soir. La canicule de la journée laissait traîner ses lambeaux de soleil dans le sol, les feuilles, l’atmosphère humide et chargée, l’eau tiède et les pierres qui respiraient un parfum de talc brûlé. Le relais donné à la lune par l’astre du jour donnait l’illusion que la dame grise se chargeait à son tour de réchauffer la nuit. A cause de cette chaleur, Toni savait que Thémis ne garderait pas son apparence humaine tout le temps du biberon.

Un air malin étira les lèvres de Toni : "A l'eau O'Brian !" pensa-t-elle amusée.

Elle retira ses chaussures, s’assit sur la rive du petit ru et y plongea ses pieds dans un soulagement dont un long soupir vint trahir la profondeur. Ses pieds compressés par la chaleur et le cuir du soulier à talon lui rappelèrent le jour où Meghan et James lui avaient tendu un piège pour qu’elle se retrouve avec Jörgen. A cette époque, elle ne sentait plus la douleur. Ni le soulagement. Après avoir rencontré la vieille sorcière près de la fontaine, Toni avait laissé ses chaussures sur le rebord et marché nus pieds jusqu’au retour à l’auberge de jeunesse. Le Poufsouffle, sans doute par pitié, avait eu la générosité de la prendre sur son dos pour une partie du trajet du retour car les rues de Paris étaient bien moins propres que celles des sous sols de la ville.

Flashback

Il devait être six heures du matin mais les lumières de l’aube refusaient de poindre. On ressentait partout autour une angoisse indescriptible mais il était encore trop tôt pour s’inquiéter vraiment… mais plus tard à 9h, puis 10h, puis midi, puis 17h, la panique générale gagnerait le monde entier. Vendredi 15 mai : le jour où le soleil ne se leva pas.

Toni était perchée sur le dos de Jörgen et piquait du nez. Elle tenait contre son cœur le baluchon avec la pierre que la vieille femme leur avait échangé contre la vieille paire de souliers de Toni… La Gryffondor avait brièvement repensé aux souliers d’argent de Dorothy. Etait-ce le bout du chemin ? avait-elle songé.

- Jörgen, murmura presque endormie la quatrième année, je te remercie… tu m’as manqué.

Elle s’était quasiment endormie à la fin de sa phrase alors que Jörgen atteignait l’entrée près du pont Alexandre III. Elle ne savait pas comment ils avaient échappé à la punition d’être sortis malgré l’interdiction qui avait frappé les élèves de moins de 15 ans. Tout le monde devait dormir à l’heure à laquelle ils étaient rentrés. Mais le plus étonnant fut qu’elle s’était réveillée à midi, dans son lit, les pieds propres et changée en robe de nuit. Le Poufsouffle ne lui avait jamais raconté ce qu’il s’était passé. Elle avait - à juste titre - pensé que l’anomalie qui avait perturbé l’arrivée du jour avait fait oublier à tous les problèmes les plus mineurs.

Quant à elle, elle avait été moins perturbée par l’absence du jour que par l’énigme de la pierre de lune.



Toni ne résista pas à la douceur de l’eau. Elle retroussa sa robe jusqu’en haut de ses cuisses puis avança dans le ru jusqu’à trouver un endroit où l’eau lui arriva jusqu’à mi cuisse. Elle laissa Jörgen baigner Thémis et s’adonner au rite de la nutrition.

Elle aimait le regarder quand il était avec Thémis... bizarrement, elle avait l'impression qu'il s'occupait ainsi d'une partie d'elle. Elle s'était toujours bien gardé de lui confier cet étrange sentiment.

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Jörgen O'Brian
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MessageSujet: Re: Le début et la fin   Ven 11 Sep - 18:44:58

C'est donc les pieds dans l'eau et la baguette dirigée tout droit vers la bouche de l'enfant que Jörgen entama la soirée. Assis sur un rocher, il s'occupait du nourrisson avec attention. Le jeune homme se penchait à intervalle régulier pour humidifier la peau de Thémis qui en profitait pour lui dégouliner allègrement sur le pantalon, un sourire rêveur accroché au visage. C'était étrange comme il se sentait responsable du petit être qui tenait à peine au creux de son bras, mais sans pourtant le poids que la charge d'un enfant était censée faire peser sur ses épaules. Il n'analysait pas le phénomène plus en avant. A vrai dire, sa vie était devenue d'une simplicité rassurante. Il y avait d'un côté, le rythme monotone des cours avec son cortège de devoirs et TP, et, de l'autre, quelque chose qui avait vraiment le goût de la vie, ces moments qu'il avait l'impression de voler à il ne savait qui et qu'il partageait avec Toni et Thémis. C'était simple et reposant, calme et détendant.

Depuis le début de leur amitié, il n'avait jamais passé autant de temps avec la Gryffondor et, sans vraiment s'en rendre compte, il cherchait de plus en plus sa compagnie. Jörgen n'avait jamais été l'animal sociable par excellence, il ne négligeait donc personne, si son quota de solitude auquel il n'était, finalement, pas si attaché. Il n'y avait qu'un bémol dans sa paix béate retrouvée et qui avait pour nom Sakura. Jörgen gardait la volonté farouche d'agir comme si rien n'avait changé. Seulement, il pouvait se mentir à lui-même mais la vérité était là: le séjour à Paris avait été un tournant et il n'avait pas encore trouvé comment intégrer à sa juste mesure la jeune fille dans ce qu'il appelait sa "nouvelle vie".

Mais il remisa le sujet pour plus tard.
Pour l'heure, il n'y avait plus que Toni qui avait massacré sa tenue de soirée pour un peu d'eau. Et Thémis qui acheva sa première tétée-baguette dans un rot ravi.

*Et puis, il y a moi.*

Et puis, il y avait lui dont le regard s'était fixé sur un point flou du lointain pour ne pas s'attarder sur les jambes de Toni.
Il finit par abaisser sa baguette et la glisser dans la poche de son pantalon. Pantalon dont le bas mouillé battait ses mollets. Au point où il en était, un peu d'eau en plus ou en moins n'y changerait pas grand chose. Et il avait envie de garder Thémis encore un peu plus longtemps avec eux. Comme il ne pouvait pas demander à son amie de gâcher sa tenue qui devait coûter une petite fortune (sans compter que les filles étaient tellement plus attachées à l'allure de leurs vêtements), il se sacrifia pour la bonne cause et transforma sa chemise en éponge dégoulinante en lui faisant prendre un bain forcé. De toute façon, par cette chaleur, il serait sec avant qu'ils aient rejoint les autres.

- Toni?

Sa voix le surprit lui-même.

- Tu...
J'aimerais...


Son regard chercha le sien au-dessus de la surface aquatique.

- ... vraiment que tu viennes quelques jours chez moi, cet été.

"Tu", pas "vous". L'invitation ne tenait pas qu'à la présence de Thémis dans leur espace de vie commun.
Jörgen esquissa l'ébauche d'un sourire avant d'ajouter:

- Et tu es belle, là comme ça.

L'air de dire "je fais des progrès, tu vois?".
C'était vrai qu'elle avait quelque chose maintenant qu'elle était plus naturelle, moins comme toutes les autres dans leur belle tenue. Même si Toni n'avait jamais été comme toutes les autres.
La maladresse, elle, était toujours là:


- Tu veux qu'on y aille?

Par "y", comprendre la fête où s'agglutinait tout ce que Poudlard comptait d'adolescents en mal d'émotions.

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Toni Scheffer
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MessageSujet: Re: Le début et la fin   Lun 14 Sep - 13:29:02

Mon cœur bat. Je suis vivante. Bam, bam… Il se brise parfois. C’est que je vis. Crac. Mon Coeur s’envole, devient lourd, crève, saigne, rit, frissonne, grelotte, s’étonne encore. A toute allure, je veux vivre. Bam. Paf. Il frappe fort et des fois je crois qu’il va s’arrêter. Il ne peut pas survivre à une activité aussi intense. Vlan. Il me flanque la frousse, s’apaise, ralenti, devient imperceptible, il m’arrive d’oublier qu’il bat… jusqu’à la prochaine fois où il me fera savoir qu’il est là et que je suis en vie. J’ai beau essayer, je n’arrive pas à le comprendre. Tout ce que je sais, c’est que je vis et que je ne comprends rien à la vie. J’ai besoin de savoir ses secrets, j’ai envie de comprendre, de m’arrêter de respirer à certains moments, juste pour prendre le temps de ne plus ressentir. M’arrêter et seulement regarder, penser, prendre de la distance. Mais je ne sais pas faire ça, prendre de la distance. Il frappe, se brise, éclate, s’extasie, vlan, me fout une de ces raclées, s’endort, s’emballe, se referme, explose sans que je ne puisse rien faire, rien comprendre. Je vis. Je… je revis… Et ça m’étonne jour après jour de vivre sans comprendre pourquoi. Mais dans ces moments, ces instants où je n’arrive pas à faire taire l’Incompréhensible qui me submerge, il y a comme une brève explication qui brille l’espace de quelques instants… elle prend des formes différentes… ça dépend des moments. Ces derniers mois, toutes les formes que prennent ma raison d’être et les balancements de mon cœur ressemblent à Jörgen.


"...mon cœur bat pour toi."

Alors ces simples paroles un peu mièvres prennent soudain tout leur sens.

Toni caressait mécaniquement la surface de l’eau tout en regardant Thémis et Jörgen. Jörgen dans les yeux. Elle se noyait... Elle s’était arrêtée de penser car elle ne savait plus faire les deux en même temps, penser et sentir. Ca se traduisait par une sorte de silence contemplatif et béat. Des vacances ? Belle ? La Fête... Pourtant, elle n’avait qu’un oui à répondre. Elle n’avait pas besoin de réfléchir. Le oui s’était dessiné dans ses pupilles avec la même vivacité et la même détermination qu’une jeune fille amoureuse que son âme sœur demande en mariage.

"Mon cœur bat" se répéta-t-elle. C’était idiot de se le dire. C’était tellement évident. Maintenant devant eux, elle se sentait vivante. Le reste lui semblait absurde. Il était la seule évidence de sa jeune vie. Cela avait quelque chose de terrifiant.

Elle avait tellement envie de se jeter contre lui et de ne plus bouger. Mais elle ne voulait pas le terrifier ou le perdre encore.

Il la trouvait belle là comme ça. Quelques mots qui changent un univers. Pas le compliment mais ce qu'il signifiait pour elle parce que Jörgen parlait si peu comme ça. La surface de Toni était calme mais à l’intérieur, le séisme cardiaque ébranlait de son onde de choc le moindre atome de son âme et de son corps. Elle savait qu’elle en était amoureuse. Elle le savait depuis très longtemps. Seulement, elle venait juste de réaliser à quel point. Même soumis à son étrange trinité, ce garçon lui semblait unique.

Dans les bras de Jörgen, Thémis se mit à pleurer. C’était la première fois qu’il pleurait. Le cri fit revenir Toni à elle-même. Elle fendit l’eau jusqu’à eux, inquiète, troublée.

"Se peut-il que Thémis ressente ce que je ressens ?"

Si l’enfant de la lune était une partie d’eux deux, un témoignage magique de leur vie, de leur vivant et de leurs émotions… Toni posa sa main sur le front de Thémis. Elle croyait comprendre ce qu’il lui arrivait. Elle devait le rassurer. Elle allait tenir bon et ce qu’elle ressentait pour Jörgen se transformerait en une chose positive pour préserver leur amitié. En effet, pour le moment, la Gryffondor ne voyait rien de bénéfique dans cet amour.

- Je peux ? demanda-t-elle à Jörgen en prenant Thémis dans ses bras.

Elle le berça en souriant.

- Shhsshhh… shusshh, Thémis… tout se passera bien, murmura-t-elle.

L’enfant se calma… pas assez d’eau. Il se transforma en pierre… Toni s’assit dans l’eau et tint Thémis à flot, allongé dans ses bras. La robe était définitivement fichue. Quand il reprit sa forme humaine, Toni sourit joyeusement à Jörgen à côté duquel elle était restée. Elle posa sa tempe sur les genoux du Poufsouffle avec affection :

- Ca serait super chouette de venir passer les vacances avec ta famille et toi…

Thémis était calme et ronronnait en s’endormant. Toni releva sa tête et son buste, sourit à l’enfant qu’elle rendit à Jörgen pendant qu’elle sortait de l’eau pour s’essorer. Un craquement se fit entendre… quelqu’un approchait…

- Mince ! Thémis ! paniqua Toni.

L’ombre de Kévin apparut. C’était le garçon dont elle avait un jour entendu les exploits dans les Serres, coincée avec Shawn. Il les scruta dubitatif :

- Qu’est-ce que vous faites ici… ?

D’après le ton de sa question, on avait l’impression qu’il pensait être tombé sur le ragot du siècle.

- On… je… rien.

Kevin regarda tour à tour Jörgen et Toni mais n’eut aucun regard pour Thémis qui dormait dans les bras du Poufsouffle.

- O’Brian ? Tu fais quoi dans cette position bizarre ?

Là, ça devenait effectivement très bizarre. Kevin ne semblait pas pouvoir voir Thémis. C'était une nouvelle pour Jörgen et Toni qui avaient toujours fui la foule sans se demander si d'autres qu'eux pouvaient voir l'enfant.

- Je lui apprends à danser,
dit sottement Toni. C’était la première chose qui lui était passé par la tête.

Soupçonneux encore :

- Dans l’eau ?
- Oui, t’as pas vu Dirty Dancing ? dit-elle en bonne moldue quand Kévin était 100% sorcier.
- C’est quoi ça ?
- Un film moldu, bref, tu déranges Kévin…

Kévin ressentit enfin que sa présence gênait. Il rougit. Toni aurait alors parié sa baguette que si à son tour elle demandait à Kévin ce qu’il faisait ici, la situation s’inverserait. Qui serait le plus gêné…? Au loin, les trois adolescents entendirent une voix féminine appeler après Kévin. Ils avaient leur réponse. Toni se moqua pour retourner la situation :

- Il est lààààààààààààààààààààààààà ! hurla-t-elle au grand désespoir de l’intrus qui vraisemblablement ne souhaitait pas que le couple connaisse l’identité de sa dernière conquête car de source publique Kevin était avec Margot, la française... or la voix qui l'appelait "son petit sorcier d'amour" avait un accent on ne peut plus écossais.

Toni venait de s’offrir le silence forcé de Kévin. Il ne propagerait pas de ragot sur Jörgen et elle. Sakura n’aurait pas à se torturer…

- Je… je me suis perdu, lâcha Kévin en tournant les talons, bon, ben bonne soirée, à plus, fit-il sans demander son reste, fuyant à grande enjambées à travers les fourrés avant que la demoiselle n’arrive à eux et fasse connaître son identité.

Toni explosa de rire :

- Qu’il est bête !

Se calma aussi tôt en retournant près de Jörgen :

- Tu m’invites à danser ?.... ici, sourit-elle avec complicité, je n’ai pas envie d’aller à la fête ce soir. Et puis, dit-elle malicieuse, il reste trois jours !

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Jörgen O'Brian
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MessageSujet: Re: Le début et la fin   Dim 20 Sep - 16:04:50

- C'est vrai?

Un deuxième "c'est vrai", à peine plus tard, séparés par les pleurs de Thémis et l'intervention inopportune de Kevin.
Themis s'était calmé, Kevin avait fui au loin, et Jörgen souriait. Tout était au mieux.


- C'est vrai?

Un premier "c'est vrai" qui était un "c'est vrai que tu viendras chez moi pour y affronter ma famille?", elle qui avait déjà eu droit aux cousins du Grand Nord. Une réminiscence le frappa alors, un petit quelque chose d'énorme que les événements de janvier avaient réussi à occulter. Ou bien, peut-être cela l'arrangeait-il de faire comme si de rien n'était. Un petit quelque chose d'énorme qui parlait de boulangerie et de gourmandise. Ca le frappa comme un coup de poing dans le ventre même s'il n'en laissa rien paraître. Comment avait-il pu...?
Un instant d'hébétude.
Là, maintenant, avec tout ça qui ressurgissait, ça aurait été facile de donner. De donner et de prendre. C'est ce que James aurait fait, il était prêt à le parier. Mais il n'était pas James et, pour la première fois depuis longtemps, ce simple constat remplit l'espace de son ampleur rassurante.
Il aurait pu, oui, mais il s'y refusait. Le moindre faux pas verrait Toni s'envoler Toni au lointain, il en était certain. Et il ne pouvait pas se permettre ce luxe. Il ne pouvait pas se permettre ce risque. Il tenait trop à elle pour ça. Et puis, il y avait qu'elle ne méritait pas ça....

Un deuxième "c'est vrai", presque incrédule devant l'alternative "la fête ou moi" où personne au monde n'était supposé choisir l'option un. Et pourtant... Le flash lança un dernier appel.

...qu'elle méritait mieux.

Le visage de Jörgen s'ouvrit. Ce n'était pas la même chose que lorsque son regard se portait sur Thémis. Pas la même chose non plus qui éclairait son visage lorsque son équipe remportait un match de Quidditch. Mais, pas plus qu'alors, il n'en avait pas conscience. Quelque chose s'ouvrait dans sa carapace, le rendait un instant vulnérable. Si on voulait l'atteindre, c'était ce signe-là qu'il fallait guetter.
Un immense sourire s'afficha sur ses traits que même la perspective de danser ne réussit pas à affadir.
A son dilemme, il ne trouva qu'une solution: occulter ce petit quelque chose énorme. Alors, il se contenta de la prendre contre lui et d'oublier. De la prendre contre lui parce qu'elle voulait danser. Parce que lui ne savait pas.
Et que tant qu'à être ridicule, autant demeurer son seul et unique spectateur.
Parce qu'envers et contre tout, elle était son amie.

La musique était trop lointaine pour vraiment les porter. Danser avec musique était déjà une épreuve, danser sans relevait tout bonnement de l'utopie. Chanter était relativement moins risqué. Tous les Irlandais savaient chanter leur terre natale. Bon, il est vrai qu'en théorie, ces mêmes Irlandais avaient la danse dans le sang mais il passerait sur ce détail. Jörgen se mit à fredonner doucement, presque pour lui-même:


- Marv Brian Boru 'rein buhez 'n Iwerzhon
Dihan e Bro-Ulad ha ba ker Dulenn
Undedan tiegezhn unded an dud-man
Unded ar Gelted hag an douar


Chacun a sa manière de célébrer les choses. Et même si Jörgen n'y était pas pour grand chose dans le diplôme des universitaire, il avait trouver sa façon à lui de fêter. C'était sobre et c'était bien. Thémis, redevenu pierre de mystère, reposait au creux de sa poche.

- Je suis curieux... Dirty Dancing, c'est quoi? Un truc où ils dansent dans la boue...?

Ente autres choses, il avait retrouvé le goût des Moldus.


Spoiler:
 

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Dernière édition par Jörgen O'Brian le Mer 23 Sep - 14:46:55, édité 2 fois
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Toni Scheffer
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MessageSujet: Re: Le début et la fin   Lun 21 Sep - 17:04:53

- Un truc qui se.. qui se danse dans la boue ? Qu’est-ce que tu racontes sorcier inculte ? C’est un film d’amour génial.

Il n’avait pas duré mais Toni avait eu le temps de le voir. Un rien du tout. Une pupille vaguement dilatée juste après le premier « c’est vrai ? » Elle l’avait vu et elle l’avait surtout senti. Sans certitude, elle aurait pu tenter de donner une forme ou un nom à ce qu’elle avait vu. Oui, vraiment rien du tout… ça relèverait même plutôt du talent qu’ont les filles pour les sentir les choses que d’une lueur d’intelligence. Justement, c’était comme une lueur dans la pupille dilatée de Jörgen. Elle avait à peine eu le temps de l’apercevoir que la lueur avait disparu. S’il avait fallu nommer cette ombre qui était vaguement passée, Toni l’aurait appelé une Sakura. Ca n’avait pas persisté sauf dans l’esprit de Toni.

Alors qu’elle dansait sur le rythme défait d’un air irlandais, la lueur dans le regard de Jörgen devint une petite ombre qui planait désormais au-dessus d’elle. Comment avait-elle fait pour oublier une chose pareille ?!

"Il devrait être avec elle maintenant…"

Que faisait-elle là ? Pourquoi était-il avec elle ?

L’ombre s’épaissit et faillit gâcher la danse. Mais la Rouge s’accrochait. Au cou et aux épaules de Jörgen mais aussi à sa propre capacité d’auto-persuasion. Elle se le disait à chaque fois que « ça » arrivait.

"Ce n’est pas le moment… ce n’est pas le moment… ce garçon n’est pas pour moi…"

C’est dur, hein, de se faire croire des choses ? Surtout quand on vient de s’apercevoir à quel point l’autre comptait pour soi.

Toni frissonna. Elle n’aurait su dire qui du souffle de Jörgen ou des lamentables pensées qui la hantaient en étaient la cause. Elle redressa légèrement les yeux vers lui, décidé à sortir son parapluie imaginaire avant que le nuage sombre qui planait au-dessus de leur tête ne se mette à pleuvoir et à tout gâcher.

"Un jour, il faudra qu’on parle de nous…" savait-elle "mais pas maintenant."

Elle lui sourit avec complicité tandis qu’il chantait. Il fallait cacher un peu plus combien elle était séduite alors elle opta stratégiquement pour une gentille dérision qui, croyait-elle, ferait rentrer dans l’ordre les idées de tout le monde ici présent :

- Mmm, soupira-t-elle, Jörgen, pourquoi n’es-tu pas mon Romeo ? C’est avec lui que je devrais être maintenant… Je veux dire Romeo McCarthy, l’autre irlandais… tu sais celui de Gryffondor. Je ne lui ai toujours pas dit ce que je ressens pour lui…

"Et pour cause, je ne ressens strictement rien pour ce poseur caricatural…"

- Notre amitié nous empêche de vivre nos amourettes… en tout cas, pour toi, je ne sais pas, mais pour moi, c’est le cas. Souvent, je me sens tellement bien avec toi que le reste ne compte pas… tu favorises ma paresse à nouer des liens avec les autres ! fit-elle semblant de l’engueuler. Je te promets que pendant les vacances, ça va changer ça ! Il sera là J.S. ?

Toni était persuadée que, sous couvert de confidences amicales, suffisamment de pics, de doutes et de n’importe quoi pour brouiller les pistes sur son état réel avait été semés. Elle devait aussi rappeler à Jörgen que lui, pour de vrai, quelqu’un l’attendait.

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Jörgen O'Brian
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MessageSujet: Re: Le début et la fin   Mer 23 Sep - 15:32:29

- Tu regrettes?

En l'intervalle de dix secondes, ces deux mots avaient changé de teinte. Ils étaient devenus affirmation.

- Tu regrettes.

Un pincement dans la poitrine.

*L'orgueil, mon vieux, l'orgueil.*

L'orgueil qui gonfle comme une poche de protection entre soi et le monde, entre soi et l'image impitoyable que nosu renvoie le regard-miroir des autres. Jusqu'à présent, l'orgueil de Jörgen avait eu pour nom Toni. Exprimé avec des mots, ça sonnait sans aucun doute bizarrement mais l'idée était là. Depuis leur rencontre sous l'accalmie de Portsmouth, elle avait un peu son garde-fou tout en le faisant se sentir lui, ce qui n'était pas une mince affaire. Il y avait d'ores et déjà, bien sûr, le Jörgen-capitaine, le Jörgen-frère-de-James, le O'Brian-mais-lequel-est-ce, le Jörgen-de-Sakura. Mais le Jörgen-tout-court, le Jörgen-lui avait fait son apparition avec elle. Il avait morflé, il avait souri, il avait souffert, il avait revécu. Et là...
Comme tout ce que prononce une fille, il y avait plusieurs niveaux de compréhension dans ce qu'elle venait de dire. Il y avait ce qu'elle voulait qu'il comprenne et ce que lui voulait comprendre, avec au milieu, toutes les attentes d'un côté et toute la mauvaise volonté du monde. et, par-dessus tout, il y avait ce qu'il avait peur de comprendre. Les sous-entendus n'étaient pas son fort mais il tentait malgré tout le décryptage. ERt le décryptage ne lui disait rien qui vaille. D'où sa quasi-certitude que Toni lui reprochait plus ou moins implicitement de l'accaparer. Il aurait dû s'en douter, sentir que c'était trop beau pour durer.


*Arrête de te prendre la tête, mon vieux... tu vois, elle est passée à autre chose.*

La autre chose en question, un troll de 1m80 incapable de voler droit, lui donnait des envies de punching-ball. Mais ne rien dire. Rester l'ami de toujours, souriant du bonheur retrouvé. Il ne put s'empêcher une pointe de curiosité. Le ton n'était pas exactement amène.

- Tu lui avais proposé pour ce soir?

Faisant de lui-même le deuxième choix? La perspective était relativement déplaisante.
Plus déplaisante encore était l'idée que le "oui" de Toni pour l'été à venir ne soit qu'un prétexte pour tenter de revoir J.S. Et, cette fois, ce fut plus fort que lui:


- Non, il ne vient pas. Il voulait faire un tour au Népal.Il a toujours été fasciné par le yéti.

Qui se ressemble...
Ok, c'était vraiment énorme comme prétexte mais. Bon. Voilà.
Tant bien que mal, il réussit à afficher son sourire habituel (plutôt mal, en l'occurence). Au fond de sa poche, Thémis-la-pierre pesait de tout son poids.


- Tu sais, je...

Comme d'habitude, les mots le fuyaient. Il manquait d'entraînement.

- Si tu veux aller le rejoindre...
Mais s'il te plante, je lui mettrais avec plaisir mon poing dans la figure.


C'était le sort réservé aux imbéciles au mauvais goût.
Le silence s'installa.
Et dura.


- Moi, je ne regrettes pas., les mots s'échappaient dans un filet de voix tandis que le regard de Jörgen errait en direction de la forêt. Et je vois pas pourquoi je squatterai avec d'autres si je suis bien avec toi.

Pourquoi en effet? Les dortoirs et les cours imposaient déjà une promiscuité indésirée. Son temps libre, il pouvait bien le passer avec les gens avec qui il se sentait à l'aise, simplement, sans se forcer.

Jaloux. Il était jaloux.

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Toni Scheffer
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MessageSujet: Re: Le début et la fin   Dim 27 Sep - 13:01:21

Non. Rien de rien, je ne regrette rien...

Il avait mordu et il ne fallait pas lâcher maintenant. C’était un petit coup pour un grand bien. La mère de Toni disait toujours que ce qui nous faisait mal maintenant nous rendrait plus fort après. Bah ça faisait un mal de chien de blesser intentionnellement Jörgen. La Gryffondor savait exactement où elle venait de frapper. En plein dans l’ego. Même sans amour amoureux, ça faisait toujours un petit peu mal.

Elle avait envie de le serrer dans ses bras et de lui dire "mais non, je te faisais une blague voyons ! Si tu savais ! Si tu pouvais seulement comprendre à quel point je tiens à toi."
Mais ce n’était pas ça le plan. Il ne s’agissait pas de s’éloigner de lui mais de lui rendre la liberté qu’elle avait l’impression de lui voler. Ils auraient toujours Thémis pour les réunir.

- Tu regrettes? Tu regrettes.

Elle sourit pour lui faire un petit non admirablement bien mal-joué tout en s’accrochant un peu plus à son cou.

- Non, il ne vient pas. Il voulait faire un tour au Népal. Il a toujours été fasciné par le yéti.

Elle ne dit rien. Cacha son visage dans le cou de Jörgen pour ne pas le regarder, pour ne pas se trahir, pour que tout passe plus vite.

- Tu sais, je... Si tu veux aller le rejoindre... Mais s'il te plante, je lui mettrais avec plaisir mon poing dans la figure.

Le silence s'installa.
Et dura.

- Moi, je ne regrette pas. Et je vois pas pourquoi je squatterai avec d'autres si je suis bien avec toi.
- Moi aussi je suis très bien avec toi... je voulais seulement qu’on prenne conscience qu’à rester tout ce temps tous les deux, nous passons peut-être à côté de... des autres. J'ai pas officiellement demandé à Kev mais il a dit à une fille de ma classe qu'il m'aimait bien - je suis une mythomane - alors je devrais peut-être en profiter. On a encore demain et après demain. Ce soir, c'est toi et moi mais dorénavant, il faut que tu me laisses tranquille.

Ca me brise de dire une chose pareille. Pardonne-moi Jörgen...

Comme elle n’en avait rien à faire des autres. C’était un supplice de lui mentir.
Pour évincer le cas de conscience que ça lui posait, elle le contrecarra à grand renfort de rire. Comme si elle s'amusait de cette situation qu'elle ne prendrait pas trop au sérieux.

Ils dansaient toujours sur le silence mais Jörgen avait arrêté de chanter. Ca lui semblait tellement naturel d’être pendu à son cou que Toni venait à peine de s’en rendre compte. Elle s’écarta de lui, bloquée dans un rire qu’elle n’espérait pas trop faux.

- O’Briannnnn !
Toi...
Arrête de jouer aux jaloux ! Ca ne te va pas du tout !
Tu es beau quand tu es jaloux.
Ce n’est pas parce que j’ai envie d’avoir un petit ami que je regrette les moments qu’on passe ensemble.
Ah, ça, non. Non. Je ne regrette rien...
Il faut juste qu’on se dé-scotshe quoi !
Mais pas trop longtemps, d’accord ?
Sakura doit se poser des questions...
Je l’envie.
Tu t’en rends compte que tu es avec une amie au bal de fin d’année ?
Et j’en suis tellement fière.
Je déteste ça.
J’adore ça et je me fous de tout le reste.
Parce qu’un jour tu vas peut-être me reprocher de t’avoir pris tout ce temps.
Mais je n’aurais rien regretté. Promis.
Jörgen...
Mon Toi.
Je me demande même si passer les vacances ensemble est une bonne chose.
Royale bouse ! Qu'est-ce que je dis ? Bien sûr que c'est une idée géniale ! Tous les deux avec Thémis sans les cours... ferme-la Toni !
On pourrait garder Thémis un mois chacun et se voir en milieu d’été pour se l’échanger.

La pierre vibra dans la poche de Jörgen. En phase avec les contradiction de Toni, Thémis ne comptait pas rester silencieux. Mais le langage de la pierre ou celui d'un nourrisson n'était pas assez clair pour complètement trahir ce qu'il se passait.

Toni s’approcha de lui avec inquiétude, oubliant toute cette discussion :

- Quelque chose ne va pas ?

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Jörgen O'Brian
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MessageSujet: Re: Le début et la fin   Jeu 1 Oct - 15:34:17

Le bon vieux pincement dans la poitrine est devenu une torsion du nerf coronarien à tendance grosse crampe bien douloureuse. L'espace d'un instant, Jörgen fut pris de la certitude fulgurante que si Themis s'était trouvé sous sa forme humaine, il serait mis à hurler. Cette impression fut fugace et s'évapora dans un souffle, celui qu'il avait retenu, accumulant la tension. A mesure que Toni parlait, il se tendait imperceptiblement, tandis que tout ce qu'il aurait voulu dire le fuyait.

*"Kev"... En plus, il y en a un troisième.*

Au quotidien, il devait déjà se battre pour trouver sa place entre deux frères que tout le monde confondait. Trouver sa place à lui au milieu d'un cortège de petits amis hypothétiques était au-delà de ses propres moyens.

- Quelque chose ne va pas ?

Il lui était arrivé de se sentir mieux.

- Ca va.

Toutes ses ripostes s'étaient faites la malle. Celles sur les valeurs ringardes de la famille qui étaient les siennes. Celles sur Kevin qui n'était pas fait pour elle, de manière évidente. Celles sur le choix de passer ses soirées avec qui il en avait envie et qui n'appartenait lui. Celles, égoïstes, sur son droit de jouir du temps passé avec Sakura et Toni, droit qu'il s'apprêtait à lui refuser à elle. Celles sur l'amour-pot-de-colle qu'il ne supportait pas. Aurait-il été une fille qu'elle n'aurait pas songer un seul instant à prendre de la distance.
Tous ces mots qui ne franchiraient pas le barrage de ses lèvres.
Les garder sur le bout de langue et ravaler le tout comme une pilule indigeste. Ca lui resterait un temps en travers de la gorge mais, comme tout, ça finirait bien par passer.


- Ok.

C'était la seule conclusion potable qu'il avait à donner face à l'exposé de Toni, sans partir dans des délires égocentrico-possessif.

– Je suis crevé.

A même pas huit heures du soir...

- Je vais rentrer, je crois.

Sans brusquerie, il se détacha d'elle. Le sourire qu'il lui adressa était crispé. Avec un peu de mauvaise foi, on pouvait le mettre sur le compte de sa prétendue fatigue.

- Je te souhaite bonne chance avec... euh...

Elle comprendrait très bien. Et ça ne regardait que lui si ses mots lui écorchaient la bouche.
Il lui tourna le dos pour s'éloigner en direction du château. Ca allait être sympa de tomber sur la réunion "fraternité O'Brian" si ses frères n'avaient pas encore quitté la salle co. Une petite baston lui passerait les nerfs.
Deux pas plus loin, il se retourna, rassemblant toute la bonne humeur à disposition dans ses réserves pour paraître cool et décontracté:


- Tu n'auras qu'à m'envoyer Thémis par hibou spécial. pas la peine de gâcher tes vacances pour moi.

*Evite de m'oublier trop vite.*

C'était une impression ou un soupçon de ressentiment avait réussi à se glisser dans sa voix? Une impression, très certainement.

Dès qu'il fut hors de vue, Jörgen se laissa glisser contre le tronc d'un arbre, essayant de mettre le doigt sur la raison exacte de la rage mélancolique qui s'était installée au creux de son estomac. Il resta un long moment immobile avec l'écorce de l'arbre pour seul contact avec la réalité.
Toutes les aiguilles alentour avaient été réduites en miette quand il se releva, sûr ni de sa décision ni de rien. Ce qui ne l'empêcha pas de faire demi-tour, hésitant entre les deux espoirs qu'elle soit restée sur place et qu'elle ait désertée. Quand le ru fit entendre sa musique de manière intelligible, il lança un - Toni? hésitant. Puis:


- Qu'est-ce que tu veux faire pour notre dernière soirée?

Son regard parcourut l'espace alors que la possibilité de ne pas la trouver seule l'effleurait seulement. Il aurait l'air d'un troll fini, les bras ballants. Il avait l'air d'un troll fini, de toute façon, à parler dans un vide peut-être total.
Même si le prof de Botanique les encourageait à "parler" aux plantes, leur demander le programme de la soirée n'était sans doute pas très académique.

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Toni Scheffer
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MessageSujet: Re: Le début et la fin   Dim 4 Oct - 16:55:30

Toni était tellement habile pour le mensonge qu’elle s’était emmêlé les pinceaux et avait remplacé Romeo par Kevin, le garçon qui était venu les interrompre un peu plus tôt. Elle se rassura et assuma que Jörgen ne s’était aperçu de rien. Dans le pire des cas, il songerait qu’elle avait fait un lapsus. Si elle savait qu’il pensait qu’elle était sur trois coups en même temps ! Ils n’auraient néanmoins pas le temps d’en discuter car Jörgen venait tout simplement de...

- Fuir... il m’a planté, n’en revenait-elle pas.

Il lui avait donné Thémis en lui souhaitant bonne vacances. Il lui avait souhaité bonne chance avec "euh." Lequel c'est ça "euh" ?

La forêt se fit silencieuse. Puis soudain, ses bruits devinrent vite angoissants. Toni ne bougeait pas. Elle était restée debout avec la même rigidité dans laquelle Jörgen l’avait...

- Abandonnée... il m’a abandonné, murmura-t-elle.

Non, Toni. C’est l’inverse, lui rappela une petite voix qui s’appelait conscience, c’est toi qui l’as abandonné la première. Tu as eu ce que tu voulais : l’éloigner, alors, qu’est-ce qui ne va pas maintenant ?

"Rien ! Mais rien ne va !"

Sa poitrine se serra et pour calmer son angoisse elle caressa la pierre de lune qui lui sembla plus lourde que d’habitude. Elle prit ses chaussures à la main et cala Thémis dans son baluchon pour commencer à marcher. Mais elle n’avait pas envie de voir les autres. Elle n’avait pas envie de supporter les questions de ses copines ou de Japhet. Comment expliquer aux autres qu’elle rentrait si tôt et seule de sa soirée de fin d’année ?

Trop loin déjà, elle ne fut pas là pour entendre la question de Jörgen.
Elle prit par la rivière, l’eau fraiche la détendrait. Elle se rendit compte après quelques minutes que la lourdeur sur sa poitrine s’était transformé en plomb sur ses joues. Elle pleurait comme on pleure après une rupture.

- Ce qui fait mal maintenant me rendra plus forte un jour, essaya-t-elle de se convaincre en répétant cette petite maxime en boucle.

Elle marcha longtemps en remontant le cours de l’eau. A aucun moment elle n’imaginait que Jörgen était resté près du lieu de baignade, derrière un tronc. Pour elle il était retourné dans sa salle commune pour dormir. Il était fatigué. Elle n’en avait rien cru mais, par amitié, elle avait fait semblant.

Elle arrivait à une petite cascade d’un mètre où l’eau se jetait dans une sorte de cuve naturelle de trois ou quatre mètre de circonférence. Elle sortit de l’eau et dégringola le long de la butée pour aller mettre les pieds dans ce bain naturel.

Elle ne pleurait plus mais elle ne se sentait pas super bien. Ca passerait. Dans l’eau tout passait. Insouciante et en chantonnant à tue tête comme elle faisait toujours pour se défouler, elle retira sa robe et la pendit à un arbre qui penchait maladroitement sur le bord rocailleux de la cascade. Elle sortit Thémis de son baluchon et se baigna avec lui. Elle avait besoin de quelqu’un... une personne qui lui ressemble et qui ne lui fasse pas regretter ce qu’elle avait fait. C’était un pécher de mentir. Elle en était persuadée. Mais en y réfléchissant, après la réaction de Jörgen, elle n’était pas la seule à mentir. Il mentait lui aussi...


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