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Jeu de rôle basé sur les règles inventées par J.K. Rowling dans l'univers de Harry Potter.


 
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 Tea for two, and two for tea... (PV Professeur McEwan)

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Mélusine McEwan
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MessageSujet: Re: Tea for two, and two for tea... (PV Professeur McEwan)   Lun 19 Oct - 14:05:50

"J'accepte."

Parce que ça rimait avec danger. Et qu'à défaut d'autre chose flirter avec le danger lui était particulièrement agréable. On se débat comme on peut.
Du veritaserum... intéressant.


"J'apporte le jus de citrouille."

Une façon comme une autre de mettre un terme à l'intermède aquatique.
Une main sur son torse, elle le repoussa, sans violence, mais avec conviction. Cette partie-là était terminée.

Ayant retrouvé sa liberté, Mélusine en profita pour faire quelques longueurs, avalant une ou deux bulles de savon au passage. C'aurait été pitié de gâcher toute cette eau sans même s'offrir le luxe d'une petite brasse. Parvenue au bord, elle se hissa hors du bassin à la force de ses bras, ramassa ses vêtements épars, les cala sous son bras et ne se retourna qu'une fois arrivée sur le pas de la porte (toujours défoncée, la porte):


"Je ne triche jamais, Ack. Je joue mais je ne triche pas."

C'est à moitié nue qu'elle regagna ses quartiers. Le château était toujours aussi vide, elle n'y croisa que Peeves. De cette rencontre, naquit une chanson qu'il n'est pas utile de retranscrire ici. Les curieux pourront toujours aller quémander cette "oeuvre" musicale auprès de l'esprit frappeur. Je vous souhaite bonne chance.



Une demi-heure à tuer.
Ca n'était pas s'habiller qui allait rentabiliser tout ce temps. Deux minutes lui avaient suffi pour passer un autre kilt (rien de plus désagréable que la laine mouillée), un débardeur et un pull. Basta. Ca, c'était expédié.
Maintenant, attendre.
Il n'y a rien de pire que d'attendre quand on ne sait pas quoi faire. Parce qu'en général, on fait n'importe quoi.
Comme sortir la caisse qui n'avait pas encore eu le temps de prendre la poussière de dessous son lit. C'était la caisse-James. Une sorte de petite malle en bois ouvragé fermée par un système en fer forgé. Genre, c'était juste un peu de fer forgé qui allait l'empêcher de l'ouvrir. Sa propre naïveté envers elle-même l'épatait parfois.
Passons.
La caisse fit grincer le sommier lorsque Zyn l'y envoya d'un coup de baguette (pas la peine de s'extasier, c'était un sort méga-simple, même les premières années savaient le faire). Un coup de batte bien placé et la malle s'ouvrit sans manifester de résistance. Un peu de persuasion physique, il n'y avait que ça de vrai.

A l'intérieur... eh bien, à l'intérieur, c'était deux longues années de souvenirs. Des billets de match, des photos, des lettres froissées et refroissées, une boîte à musique, des grigris que n'importe qui aurait expédié dans la première décharge venue (et que Zyn aurait assommé avec sa batte. Génial, ça, les battes multi-usages!), un vif d'or nommé Alasdair, une mèche de cheveux, un pull-over en laine beige qu'il avait oublié un soir chez elle...
Elle n'avait pas besoin de les sortir pour pouvoir faire l'inventaire de ces objets. Elle les connaissait par coeur.
Coeur.
C'était peut-être encore ça le problème. Toute son histoire de coeur enfermée dans une malle.
Toute? Non. Quelques souvenirs résistaient encore et toujours à l'envahisseur la mise en malle. Le fameux T-shirt vert, roulé en boule sous son oreiller. Et un portrait en couleur, perché sur sa table de nuit.
D'une impulsion, sa malle rejoignit les moutons de poussière qui régnaient en maîtres sous le sommier tandis que Mélusine se levait d'un bond, saisissant le portrait à deux mains et le fixant d'un air qui se voulait provocant. Le verre qui protégeait l'image de James émit un léger couinement à se retrouver soudain face contre le meuble.


"Tu vois, James, je t'oublie très bien."



La demi-heure n'était pas encore passé quand elle frappa à la porte du "troisième étage au fond du couloir", la tête un peu en vrac.
Aucun importance. Mélusine n'était pas une vraie fille, aucune nécessité, donc, de sacrifier à la tradition et d'être en retard.


"Asphodèle."

C'était plus fort qu'elle. Quand la porte s'entrebailla pour la laisser entrer, la jeune femme jeta un coup d'oeil inquisiteur avant de faire le moindre pas en avant.
Pas exactement ce à quoi elle s'était attendue.


"Bouse, j'ai oublié le jus de citrouille."

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"En vérité, nous ne nous battons ni pour la gloire, ni pour les richesses, ni pour les honneurs mais pour la liberté... pour elle seule; car aucun honnête homme ne peut y renoncer, si ce n'est en lui donnant sa vie."

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MessageSujet: Re: Tea for two, and two for tea... (PV Professeur McEwan)   Lun 19 Oct - 15:30:56

- Evanesco.

L'eau s'évapora d'un simple coup de baguette lorsqu'elle fut partie. Le professeur s'habilla lentement en réfléchissant à ce qui venait de se passer. Amusant. C'était ce qu'il en pensait.

- Moi non plus je ne triche pas. ajouta-t-il à l'attention des seuls murs de la pièce.

Il prit tout son temps pour rentrer dans ses appartements. Rien ne pressait après tout, il avait une demi-heure.

Le troisième étage était tranquille et les voisins peu nombreux. Il n'y avait que les malades de l'infirmerie, Zagora en journée, et les armures de la gallerie non loin de chez lui. A londres il avait un petit appartement Non loin de Saint-James Park, petit mais agréable. Ici c'était un peu plus grand, en plus du living et de la chambre, il disposait d'un bureau.


- Asphodèle.

La porte s'ouvrit sur le living. Elle découvrait un canapé en cuir noir et un fauteuil assorti devant lesquel siégeait sur un tapis crème une table basse en acajou. Sur le dessus une lampe à pétrole. Tout cela faisait face à une fenêtre gothique ouvrant sur le terrain de quidditch et le parc. L'exposition à l'est ne laissait entrer le soleil que le matin, ce qui convenait parfaitement au professeur qui se moquait éperdument de ce genre de choses. A gauche du canapé, contre le mur se tenait une grande bibliothèque pleine de livres anciens, de premières éditions pour la plupart. Voilà le seul luxe que s'offrait Ackroyd avec la fortune de la famille. Tout y était méticuleusement rangé, classé et ordonné pour donner un sens et une clé du personnage. Mais seul un esprit éclairé pourrait s'en rendre compte.

Le mur opposé était percé de deux portes, une ouvrant sur la chambre, l'autre sur le bureau. Entre les deux portes se trouvait une console sur laquelle était posé un chandelier, une photo du couple Ackroyd parents qui datait du temps de leur rencontre, et une photo d'Antiochus bébé, dans les bras de sa nanny. Au-dessus, au mur, le décret du Ministre de la Magie le faisant Auror, "malgré les atrocités du passé qu'il avait commises et qui ne seraient jamais effacées de son dossier."

L'appartement, bien qu'austère, ne manquait pas d'une certaine classe.

Ackroyd entra et se dirigea immédiatement vers le bureau. De l'un des tiroirs il sortit une petite fiole au contenu bien précis. Une fois l'objet en main, il repartit au salon et le posa sur la table basse.

Il n'avait plus qu'à attendre.

Antiochus s'assit en tailleur sur le sol et ferma les yeux. Il resta dans cette position jusqu'à ce que la demoiselle ne fasse son entrée - sans jus de citrouille.

- Nous avons mieux à boire. dit-il en ouvrant finalement les yeux et en se relevant.

- Installez-vous.

Lui-même prit place sur le canapé et prit la fiole en main.

- Moi non plus je ne triche pas Miss McEwan.

Il prit la fiole, la déboucha, et fit léviter vers eux deux verre à liqueur contenant un fond d'eau, ce qui ferait passer le mauvais goût de la potion. Après cela, il prit un verres, tendit le bras en avant et attendit qu'elle vienne entrecroiser son bras pour qu'ils boivent le breuvage en même temps.
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Mélusine McEwan
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MessageSujet: Re: Tea for two, and two for tea... (PV Professeur McEwan)   Mar 20 Oct - 14:58:47

"Eh bien, tout est au mieux dans le meilleur des mondes possibles."

Un peu de sarcasme n'avait jamais fait de mal à personne et sa pointe d'ironie avait plus pour origine un soupçon d'appréhension qu'une réelle volonté de relever sa déclaration. En vérité, Mélusine n'aimait pas les gens qui trichaient. Peut-être au final, avaient-ils fini par trouver un terrain d'entente. A long terme, s'entend. L'histoire du veritaserum et du reste ne tiendrait que l'espace d'une heure ou deux. Après, il faudrait voir comment faire face à la situation en conséquence.
Qui vivrait verrait.
C'était du futur.
C'était pas important.

La jeune femme prit place sur le tapis crème. Il avait l'air doux et était encore ce qui la mettait le plus à l'aise dans cet appartement pas exactement à son goût. Pas assez de couleur, pas assez de désordre. Tout était trop... droit, trop épuré. Mais ça collait plutôt bien avec Ackroyd même si elle se serait attendu à quelque chose d'un peu plus glauque de sa part. Non, elle ne se sentait pas mal à l'aise, juste un peu déplacée dans ce genre de décor.

Son verre lui parvint et elle feignit de trouver élémentaire la magie dont il avait fait usage. Elle renifla le contenu:


"Z'avez pas du whisky?"

A moins que ça soit contre-indiqué avec le veritaserum, genre effets secondaires. Boaf. Ca aurait au moins eu l'avantage de leur offrir un peu de témérité. Comme s'ils en avaient besoin.
Tant pis.
On croise les verres, on se fixe dans les yeux.


"Cheers!"

Et on avale.

'Erk. C'est pas du jus de citrouille.'

Indiscutablement.
C'était amer, âpre et vaguement écœurant.
Mélusine ne savait pas à quoi elle s'était attendue. Peut-être quelque chose du genre à ce qu'elle avait senti lorsque Maugrey les avait tous soumis à l'Imperium en quatrième année: une sensation de flottement et de vide bienheureux en même temps que la disparition de toute pensée parasite. Flippant. Ici, maintenant, les changements devaient être plus insidieux. Elle eut presque l'impression de rester la même avec juste une légère altération au niveau de sa vision des choses, comme si les couleurs, ou les odeurs n'étaient plus exactement les mêmes.
Bon.


"C'est moi qui commence."

Ceci dit du même ton qu'un "c'est moi qui commande".
Le schtrucmuche avancerait pas d'un millimètre si elle ne prenait pas un peu les devants. Ou peut-être qu'elle préférait que ce soit ainsi.
Elle se leva, contourna la table basse, zyeuta le reste de la pièce avant de se tourner vers Ackroyd et de s'asseoir sur ses genoux sans cérémonie.


"Aloooooooooooors, Ack..."

Les points de suspension semblaient flotter dans l'air.

"C'est votre gamin, là?"

Là, c'était la photo du gosse et sa 'nanny'.
C'était une mauvaise question. Elle n'aurait pas dû la poser. Elle enchaîna aussi sec:


"Quelle est la meilleure et la pire décision que vous ayez jamais prises?"

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MessageSujet: Re: Tea for two, and two for tea... (PV Professeur McEwan)   Mer 21 Oct - 7:47:36

Du veritaserum, il avait dû en avaler des litres en Azkaban, lorsque gardiens, aurors, et hauts gradés du Ministère étaient persuadés qu'il savait où se trouvaient les autres mages noirs en fuite.

Spoiler:
 

Son goût ne lui était pas insupportable même s'il n'était pas agréable. Il connaissait aussi ses effets... Elle voulait commencer? Très bien. A sa guise.

Lorsqu'il la vit se lever comme un ressort, il ne se doutait pas que c'était pour venir s'installer sur lui. Cela ne l'aurait pas gêné si elle n'avait pas commencé sa phrase de la manière dont elle l'avait commencée. Ce ridicule surnom, il ne l'avait pas contesté tout à l'heure car il savait qu'elle allait appuyer dessus pour l'ennuyer.

Elle ne savait pas à quoi il se rapportait pour lui. Inutile de le lui dire. Il allait encaisser sans broncher, mais ce petit jeu ne lui plaisait plus autant que tout à l'heure. En le lui proposant, il avait bêtement pensé qu'elle arrêterait de le lui siffler aux oreilles, assorti de points de suspensions.

- Non, je n'ai pas d'enfants. C'est moi, dans les bras de ma nourrice au manoir de ma mère, en France.

Sa dernière question appela à réflexion. Le veritaserum appelle la vérité comme réponse à une question donnée. Et la bonne réponse pour lui ne serait peut-être pas ce qu'elle attendait elle à travers la question posée.

- La pire, c'est de ne pas avoir écouté Abbie. J'étais trop bouffé par l'ambition et la haine pour écouter la raison. La meilleure? Avoir fait la paix avec ma mère. Ce n'était pas facile... Ou alors avoir rejoint les aurors. Je suis incapable de savoir laquelle des deux a été la meilleure.

L'idée d'avoir quand même réalisé une bonne chose sans avoir eu à risquer sa vie apaisa son esprit vis à vis des souvenirs qui étaient remontés à la surface tout à l'heure. Son corps se décrispa un peu et il se mit à réfléchir à la question qu'il allait lui poser.

Depuis qu'elle était sur lui, il ne savait trop que faire de ses mains ou de ses bras. Le veritaserum ne l'empêchait pas de réfléchir. Vu qu'il ne jouait plus, il se demanda raisonnablement pourquoi elle était venue là, comme ça, sans ménagement. Alors, il prit ses mains dans les siennes et la regarda dans les yeux.

- Pas besoin d'être professeur de divination pour voir que voter coeur est encore accroché au balai de James. Avez-vous réellement envie qu'il se passe quelque chose, physiquement, ici, entre nous?
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Mélusine McEwan
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MessageSujet: Re: Tea for two, and two for tea... (PV Professeur McEwan)   Jeu 22 Oct - 13:20:39

"Oui."

L'ennui, avec le veritaserum, c'était que la vérité perdait son goût de vertu pour ne devenir plus qu'une obligation. Par conviction, ou peut-être simplement parce qu'elle était incapable d'agir autrement, Mélusine disait ce qu'elle pensait, souvent sans tact ni délicatesse. Juste comme ça, sa petite vérité assénée parce qu'elle n'avait rien de mieux à dire.
Elle n'avait même pas besoin de la chercher, la réponse venait se présenter d'elle-même, toute seule, à la limite de son esprit.
Mais si le veritaserum obligeait à dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité, il n'obligeait pas à parler. Ce qui lui laissait le temps d'enregistrer ce que Ackroyd venait de dire. Une preuve de plus qu'il y avait du mieux dans le pire, du pire dans le mieux et que tout ça était un magnifique méli-mélo du genre incompréhensible. Elle aurait aimé poser d'autres questions, une réponse en entraînant forcément de nouvelles. Mais elle ne pouvait sans doute pas se satisfaire d'un "oui".

La jeune femme eut la tentation de fuir le regard de Ackroyd mais cette attitude aurait été tellement paradoxale face à la démarche du veritaserum qu'elle se fit violence, cligna une ou deux fois des yeux, chercha ses mots qui vinrent de leur plein gré. C'était plus facile de parler quand seule la vérité se frayait un chemin à travers votre conscience. Plus de tentation de dire n'importe quoi pour brouiller les pistes, plus de tentatives de détendre l'atmosphère avec un jeu de mot. Juste la vérité.
Impression d'être un pantin.


"Je serais pas là sinon. Je vous ai dit que je ne trichais pas. J'ai eu le temps de réfléchir."

Réfléchir était un bien grand mot, petit balbutiement dans un chaos émotionnel.

"Et si vous croyez que je suis venue juste pour vous faire plaisir ou une autre bêtise du genre... je fais ce dont j'ai envie, toujours. Enfin, j'essaie."

La jeune femme eut un froncement de sourcil. Le veritaserum n'ôtait pas les doutes.

"Pourquoi? Vous avez changé d'avis?
Ca vous choque que j'aime quelqu'un d'autre alors que j'ai accepté... ça?"


Ca, c'était elle sur lui et la situation à laquelle cela ne manquerait pas de les conduire. Pourtant, en ce moment-même, elle restait immobile. Elle n'allait pas aimer, pas aimer du tout s'il avait changé son état d'esprit. Pas la peine de se ridiculiser en plus.

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MessageSujet: Re: Tea for two, and two for tea... (PV Professeur McEwan)   Jeu 22 Oct - 14:23:57

Pas d'hésitation dans la réplique qui fut sans équivoque.

- Ni l'un ni l'autre. Je suis juste surpris. Ce n'est pas le discours auquel on s'attend de la part d'une personne de votre âge. Non, en fait j'aime cette réponse.

Elle disait la vérité c'était certain. Cependant il y avait la façon qu'elle avait eu de se justifier. Un simple oui lui aurait suffi. Il ressentit alors également le même besoin. Aller plus loin, comme pour la mettre en confiance. Mais ce faisant, il agissait aussi pour lui.

- Poudlard est encore livré aux adultes pour deux jours. Deux jours sans questions, sans regards suspicieux de gamins en quête de ragots. Pas de promesses.

Juste une vie adulte débridée inhabituelle aux murs du château. Et pour accompagner cet état de faits, le silence s'abattit sur eux sans crier gare. Antiochus lâcha les mains de la demoiselle et utilisa son pouvoir pour créer un courant d'air s'en allant souffler les bougies du chandelier. Seule la lampe à pétrole éclairait les lieux de manière tamisée.

Cette ambiance le rendit nerveux, ça ne s'était pas passé comme ça depuis longtemps. Il se rendait bien compte de son appréhension lorsqu'il s'aperçut que son attention était focalisée sur la respiration de Miss McEwan.

Il se reprit et passa ses mains sous le pull de la jeune fille, sans aller plus loin cependant. Il venait juste de se décider à occuper l'espace conversation laissé vacant depuis un temps qui lui parût alors infini.

- J'aimerais vous demander quelque chose. Pouvez-vous cesser de m'appeler Ack'? Considérez cette demande comme une faveur. dit-il en s'approchant de ses lèvres.
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Mélusine McEwan
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MessageSujet: Re: Tea for two, and two for tea... (PV Professeur McEwan)   Ven 23 Oct - 15:14:38

Bien malgré elle, Mélusine frémit.
Ce qu'elle mit sur le compte de la seule abstinence.
Elle émit néanmoins un petit rire avant de se pencher vers Ackroyd pour voler le baiser qu'il lui offrait. Tout était tellement plus facile dans le noir.


"Ca marche."

La question de comment elle allait désormais l'appeler ne fut qu'une idée de passage. Elle verrait, quand le moment se présenterait.
En attendant:

"Moi aussi, j'ai une faveur à demander.
Arrêtez de me vouvoyez. Je déteste ça. Je trouve ça presque méprisant, comme pour mettre une distance entre vous et les gens. Et on est pas franchement en train de prendre nos distances, là."


Comme toute argumentation repose sur des exemples, la jeune femme déboutonna la chemise d'Ackroyd de doigts qui avaient été plus fébriles tandis qu'elle entamait les hostilités avec un nouveau baiser, plus en profondeur. La respiration un tantinet moins fluide, elle se reprit et ajouta:

"Il n'empêche que j'ai encore des questions."

Pourquoi l'obscurité en appelle aux murmures, allez donc savoir. C'était néanmoins à voix basse qu'elle formula l'interrogation suivante:

"Si vous aviez un voeu à émettre, un seul pas trois... ce serait quoi? Pas de voeu altruiste, hein? Un voeu rien que pour vous, sans penser aux autres, sans penser aux conséquences."

'S'il demande que tu te taises, tu seras bien embousée.'

Pff, c'était pas un voeu, ça.

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MessageSujet: Re: Tea for two, and two for tea... (PV Professeur McEwan)   Sam 24 Oct - 10:57:03

Un bouton, deux boutons,... ça faisait longtemps qu'il n'avait pas été déshabillé de la sorte. Le rythme de son coeur s'était accéléré, tout comme sa respiration.

A la fin du second baiser il rassembla le peu d'idées qui lui restaient et trouva qu'elle avait raison et qu'elle n'était finalement pas si bête qu'il le croyait.


Cependant, le tutoiement était un bien précieux qu'il était difficile d'obtenir de lui. Effectivement, il s'en servait pour tenir à distance certaines personnes. Il n'y avait pas grand monde qui en bénéficiait, et le fait qu'elle soit encore étudiante à Poudlard (même du côté Université) ne lui rendait pas la chose facile. Mais enfin...

- Je vais essayer.

Malheureusement, avant qu'il n'entreprenne quoi que ce soit, elle embraya avec une aute question. Si elle faisait ça toute la soirée, ça allait être difficile. Pour essayer de la distraire un peu il joua de ses doigts sous son pull et les laissa remonter en douceur jusqu'à ce qu'elle murmure sa question. La lumière rasante de la lampa à pétrole mettait sa silhouette en valeur, et décupla l'envie du professeur qui ôta définitivement son pull et la prit par la taille pour la coucher sur le canapé.

A sa question il y avait plusieurs réponses possibles. Sans la potion qui coulait dans son corps, il lui en aurait donné une vraie sans hésiter, mais certainement pas celle qui sortit de sa bouche instantanément. Ce fut direct, irréfléchi, instantané... et bigrement embarrassant puisqu'elle concernait le présent.

- Arriver à tenir la comparaison avec le champion.

Décontenancé par sa propre réponse, il voulut s'expliquer, mais il sentit que la potion lui jouerait encore des tours quant à son âge et le sentiment d'infériorité qu'il pourrait ressentir face au modèle que pourrait représenter le champion par rapport à lui... Alors il s'abstint. Et préféra essayer de lui faire oublier ce qu'il venait de dire par quelques gestes teintés d'une certaine tendresse. Pas de maladresse, non. Simplement, une certaine tendresse jusqu'à ce qu'il lui retourne sa question.

- Et v.... , toi Mélusine?
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MessageSujet: Re: Tea for two, and two for tea... (PV Professeur McEwan)   Dim 25 Oct - 12:58:58

A le sentir soudain sur elle, Mélusine se mit à paniquer. Sa respiration déjà rendue irrégulière par le désir devint nettement saccadée. Ca n'était pas tant la situation en elle-même qui était raison de son affolement. Pas vraiment. Pas tant la sensation de son corps d'homme sur le sien. Pas vraiment. C'était l'impression de se retrouver soudain coincée sous lui, sans possibilité de reprendre le dessus de la situation. Le sentiment incontrôlable de perdre en l'espace d'un instant cette liberté qui lui était si chère.
Ses paupières se mirent à battre le rythme comme si cela suffisait à remédier à la situation.
Il fallait absolument que Ack, Antochius ou quel que soit son nom, ne se rende pas compte de la situation.
Trop tard. Un gémissement lui échappa:


"S'il-vous-plaît... S'il-te-plaît.."

Dans un mouvement de gymnastique qui lui aurait paru impossible dans toute autre circonstance, elle réussit à faire basculer son poids jusqu'à inaugurer une sorte de rotation qui lui permit de reprendre le dessus.
Gênée, elle esquissa un sourire d'excuse avant de l'embrasser à nouveau.


"Moi? Arriver à oublier le champion."

Il y avait un million de réponses plus à propos que celle-ci mais c'était la seule qui lui était venue à l'esprit. Le veritaserum n'aidait pas vraiment.
Elle eut un autre sourire tremblant.

Mélusine n'avait jamais été du genre tendresse, douceur et compagnie. Et si les caresses d'Ackroyd l'avait troublée, elle était incapable de lui rendre la pareille. Ca demandait trop d'intimité, trop de reconnaissance et elle ne se sentait vraiment pas prête à tant d'abandon. C'est donc avec plus de passion et de fébrilité que de douceur qu'elle acheva de lui retirer sa chemise.
Les joues rouges, elle chercha son regard:


"Pour de vrai, je vous plais un peu?"

Typique de la question qu'elle n'aurait pas dû poser...
Un autre baiser.


"Merci pour le "tu"..."

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MessageSujet: Re: Tea for two, and two for tea... (PV Professeur McEwan)   Lun 26 Oct - 13:56:51

Qu'est-ce qu'il avait fait? Un frisson parcourut son échine sous le sentiment de culpabilité qui le saisit. Quelque chose de mal? Il posa sur son visage le regard énigmatique d'un enfant pris en faute sans savoir pourquoi, si ce n'est juste à cause de son caractère reconnu turbulent... Pourquoi? Elle lui avait pourtant dit que... Panique.

Il s'arrêta en attendant d'elle le prochain mouvement et lui laissant le champ libre pour se relever, sortir ou fuir, mais elle n'en fit rien. Dans leur nouvelle position il ne voulait entreprendre quoi que ce soit.

Les paroles qui suivirent furent nettement moins agréables que ses baisers. Jamais il n'avait été question de lui faire oublier le barbu! Quelle idée... Incompréhension masculine/féminine.

Fierté masculine oblige, il se sentit bêtement blessé dans son orgueil jusqu'à ce qu'elle se décide à lui ôter sa chemise et qu'elle lui pose encore une question... Etait-elle donc si mal à l'aise avec son propre corps? Il n'eut pas le temps d'y réfléchir.

Et puis elle l'embrassa, comme si elle était gênée de ses propres interrogations. Malgré toute l'envie qui l'embrasait, le professeur ne se sentait pas l'âme d'un remonteur de moral en chef. Il roula donc des yeux et se contenta de lui répondre froidement.

- Si ce n'avait pas été le cas je ne serais jamais resté dans la salle de bain des préfets. Je t'aurais encore moins invité à venir ici.

Les mains du professeur glissèrent sous le débardeur blanc de la jeune femme jusqu'à le faire remonter et passer hors de sa tête. Ils étaient à présent peau contre peau, les armures s'étaient définitivement fissurées sous l'effet du véritaserum. C'était bien ce qu'elle voulait. Encore que, il aurait cru qu'il devrait se mettre plus à nu que ça. Finalement, les questions de la jeune fille avaient été assez sages et basiques et... ça ne lui convenait pas. Leur petit jeu de séduction avançait lentement et faisait augmenter le désir crecsendo ce qui ne lui déplaisait guère. Mais il se trouva avide d'en savoir plus sur elle. Alors il se décida à alterner les situations et remonta leur deux corps de sorte à ce qu'elle retrouve sa position assise sur lui.

Antiochus passa quelques minutes fort occupé à découvrir le buste de sa collègue centimètre carré par centimètre carré, à force de baisers plus ou moins chastes et s'arrêta de façon assez brutale. Puis il remonta lentement de sa longue exploration et s'immobilisa, en la regardant droit dans les yeux.

- A-t-il été le premier... ?
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Mélusine McEwan
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MessageSujet: Re: Tea for two, and two for tea... (PV Professeur McEwan)   Jeu 29 Oct - 10:32:27

"Que...?"

Ses propres mains qui s'étaient aventurer du côté de sa ceinture stoppèrent tout aussi net.
Etonnée.
Frustrée.
Gênée.
Sans doute un beau mélange des trois.

Le souffle court.
Le coeur en accélération.
Le regard un peu perdu qui croisa le sien.

Foutu veritaserum qui, non content de vous forcer à la vérité, vous supprimait l'option silence.


"Oui."

Toute impatience envolée, ses traits se figèrent. Mélusine s'immobilisa totalement, le regard vide.

""Distrais-moi."

D'une main assurée, elle prit l'une des siennes pour la poser sur son ventre. En réponse, une veine tressauta légèrement.

"J'ai tenu jusque-là et je veux pas pleurer."

Un nouveau silence sclérosé.

"Si tu le mets tout le temps sur le tapis, on arrivera à rien."

Elle n'arriverait à rien.
Son ton était bas, très bas, presque un murmure, et pourtant, on pouvait y percevoir nettement la supplique muette. Assise sur lui, à moitié dévêtue et complètement perdue, elle cherchait le chemin de traverse qui lui permettrait de s'éloigner du rien pour arriver au tout. Elle n'osait même plus le toucher, dès lors que l'image de James s'était imposée entre elle et la réalité. Il y avait quand même des choses que sa morale étrange refusait de lui laisser faire. Faire l'amour avec l'un (quand bien même il n'en était pas question) en pensant à l'autre.


"Tu étais comment enfant? Tu avais des rêves? Tu les as réalisé? Tu les as oubliés? Ou enfermés à double-tour?"

Le flot de paroles était le signe de sa nervosité retrouvée. Elle se sentait crispée, tendue et paraissait exsuder la détresse.
Finalement, ce foutu veritaserum n'était pas si nul. Il n'obligeait pas aux explications du moment qu'aucune question n'avait été posée.
Son regard semblait appeler à l'aide, pour parvenir à démêler cet imbroglio de sentiments perdus, de désirs, de souvenirs et d'envies éphémères.

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Antiochus Ackroyd
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MessageSujet: Re: Tea for two, and two for tea... (PV Professeur McEwan)   Ven 30 Oct - 14:16:25

Voilà comment au paroxysme de l'érotisme on redescend dans les bas-fonds du "J'ai plus envie." Et Antiochus se remit à penser qu'il avait raison, et qu'elle n'avait pas moralement envie de ce que son corps réclamait. Ce constat l'assomma comme un coup de massue.
Le "distrais-moi" claqua dans l'air et finit par anéantir toute forme de désir chez lui. Il en était pour ses frais et regretta immédiatement sa question. Seul signe extérieur, une dernière expiration un peu plus marquée après le mot pleurer. Effectivement, il n'avait pas été très malin sur le coup. Même si elle faisait mine de s'en sortir et de tout contrôler, il n'en était rien. Evidemment qu'il aurait dû y penser, ou au moins s'en douter... Evidemment, dès lors qu'on se retrouve avec une jeune demoiselle torse nu, et elle à moitié dévêtue également, la réflexion perd en pertinence.

- Désolé.

Il fallait arrêter ça tout de suite. La situation perdait du piquant pour devenir gênante, et du coup, contrariait le professeur qui se pensât maudit pour avoir une relation normale.
Malheureusement, les effets de la potions ne disparaîtraient pas avant une bonne heure.

Le professeur essaya de réfléchir tant bien que mal à la situation en la serrant doucement dans ses bras, geste d'excuse plus que de réconfort. Et elle se remit à parler, et surtout, à poser des questions. Avant de prononcer une quelconque réponse, il fit glisser les jambes de la demoiselle autour de sa taille et la porta lorsqu'il se leva du canapé. Il la garda ainsi contre lui pendant le trajet qui l'amena dans sa chambre sombre. De l'extérieur ne filtrait qu'une faible lumière provenant d'un rayon de lune. Antiochus les assirent elle et lui au pied de son lit qui faisait face à une cheminée éteinte, l'un à côté de l'autre. D'un claquement de doigts, les bûches qui reposaient dans l'âtre se mirent à flamber, donnant ainsi relief et vie à cette chambre austère.

A présent on pouvait distinguer un grand lit à baldaquins en acajou, flanqué d'un chevet sur sa gauche. A sa droite, contre le mur sans fenêtre s'appuyait une commode assortie comprenant plusieurs tiroirs. Sur cette commode, encore des livres, encadrés par deux lampes à pétrole. Il s'agissait de plusieurs ouvrages en français sur la défense contre les forces du mal. En face, sur le mur percé par lequel entrait la lune, une vieille tapisserie était accrochée. Elle représentait l'arbre généalogique Ackroyd. A ses côtés, deux feuilles de parchemins symbolisant deux autres arbres généalogiques: celui des D'ancelac, et celui des Cornfall.
Mis à part cela, pas de photos, pas d'objet cher ou intime au professeur. Le puzzle Ackroyd était exposé dans cette pièce.

Si elle voulait tout examiner, elle comprendrait, peut-être. Pour l'instant, Antiochus perdait son regard dans les flammes dansantes.

- J'ai passé mon enfance à me poser des questions. J'ai passé mon adolescence à haïr les seules réponses que j'avais pu obtenir. J'ai passé celles qui auraient dû être mes meilleures années à me fourvoyer, puis à fuir. Mon rêve quand j'étais enfant était de pouvoir vivre avec mes parents. Je n'ai jamais pu le réaliser. Ensuite, j'ai voulu être puissant pour me faire respecter, je n'y ai gagné que le mépris ou la peur. Il n'y a plus de place pour le rêve dans ma vie. Il fit une pause, laissant les mots prendre tout leur sens, puis il enchaîna avec l'un de son sens préféré, le cynisme teinté d'humour: j'ai tenu jusque là et je ne pleurerai pas... même si ça te ferait peut-être une étonnante distraction. Je ne veux plus poser de questions. Si tu veux parler je t'écoute mais je ne me ferai plus inquisiteur. Maintenant, si tu veux d'autres réponses, pose-moi toutes les questions que tu veux.

Il se sentait pitoyable mais chanceux dans une certaine mesure alors il décida de forcer le trait.

- Sinon je peux très bien te distraire en t'apprenant à composer des bouquets, t'apprendre à cuisiner un plat, à faire des cocktails, à faire une filature... bref, tout ce que j'ai pu apprendre en empilant les petits boulots avant d'ête passé en Azkaban.... ou faire des claquettes? Grimace étudiée de circonstance. Non, oublie les claquettes, ça ne collerait pas avec mon personnage.
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Mélusine McEwan
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MessageSujet: Re: Tea for two, and two for tea... (PV Professeur McEwan)   Ven 30 Oct - 16:25:34

Mélusine n'arrivait pas à se défaire de l'impression d'avoir glisser du statut de maîtresse entreprenant à celui de petit être faible en quête de réconfort. D'une caricature à l'autre. Mais elle n'arrivait à regretter ce glissement ou même à s'en énerver.
Pendant le court trajet jusqu'à sa chambre (sa chambre? Oh God, non...), elle avait accroché ses bras autour de son cou, comme elle l'aurait fait avec son père, plus jeune, si seulement elle en avait eu un. Les frontières entre les rôles se faisaient indistinctes, insaisissables. Ca n'était jamais qu'une façon de se classer, de s'enfermer dans un rôle, de toute façon. Ils étaient des êtres humains, pas des choses à caser coûte que coûte dans une case. Alors, tant pis, peut-être, si en elle combattait l'envie d'être enfin une grande capable de tout assumer, de tout affronter et celle de garder encore un soupçon d'enfance au fond du coeur, cette enfance qui autorise l'insouciance et l'innocence.

Assise aux côtés d'Antochius, elle ne regarda rien d'autre que les flammes, après avoir laissé échappé un faible "crâneur!" envieux.
Le feu était la vie.
Le feu était l'envie.
Le feu ne se posait jamais de question. Il brûlait tant qu'il pouvait, sans s'économiser, sans penser à la demi-heure suivante où plus rien ne subsisterait. Il était. Il était et il mourrait, tout en intensité.
Lui ne sautait pas d'une humeur à l'autre comme une gamine aux hormones un peu trop sensibles.
Fin des flagellations.

Sa capacité à s'émerveiller ne tarda pas à renaître de ses cendres. Le feu la fascinait, comme toujours. Le reste de la décoration attendrait. Plus tard.
Pour le moment, il y avait elle et le feu. Ack et ses réponses. Qu'elle écouta avec toute la concentration dont elle était capable.


"Merci."

Son "merci" n'était adressé qu'à ses réponses, quand bien même il n'avait pas eu le choix quant à les formuler. Juste pour un temps, elle voulait essayer d'oublier qu'ils étaient contraints à la vérité, qu'il ne s'agissait pas d'un échange sincère et sas contrainte.
La jeune femme enchaîna vite:


"Il ne faut pas avoir peur des questions, tu sais? Ce sont juste des questions. C'est de la responsabilité de l'autre s'il réagit mal. Si je réagis mal."

Ca n'était pas des excuses mais c'était ce qui s'en rapprochait le plus quand on était Mélusine McEwan. Veritaserum ou pas, elle était incapable de s'excuser, point barre.

"Tes questions me gênent et font mal. Mais c'est le jeu. Je ne suis pas une mauvaise joueuse."

On ne peut pas cumuler tous les défauts. Merlin y avait prêté attention.

”Ca n'était pas exactement à ça que je pensais, quand je parlais de distraction...", déclara-t-elle dans un mi-sourire à tendance pathétique.

Elle était donc si nulle que ça en sous-entendu?
Apparement.
Bon. Il ne restait qu'à reprendre les choses en main.


"Tu sais danser le tango?"

Un tango à la lueur du feu... Hum, oui.

"C'est triste de ne plus avoir de rêve."

'A qui le dis-tu...'

"Tu as des ambitions? Des espoirs? Ce ne sont pas des rêves, mais ce sont leurs cousins..."

Sautant du veracrasse à l'hypogriffe, elle demanda, d'une petite voix:

"Tu as des patacitrouilles?"

Le délice des patacitrouilles grillées au feu de bois. S'il lui disait qu'il n'y avait jamais goûté, elle abrégeait aussitôt ses souffrances.

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MessageSujet: Re: Tea for two, and two for tea... (PV Professeur McEwan)   Dim 1 Nov - 12:40:09

Attention Ce post pourrait heurter la sensibilité de certains chouchous... Ames sensibles passez votre chemin.

"Merlin faites-la taire!" Aussi grand et fort qu'il fut, le professeur était à deux doigts de craquer devant cette logorhée... Etait-ce maladif chez elle? Comment faisait l'autre pour supporter ça?

Il la laissa dire en se grattant l'épaule et en perdant son regard dans les flammes. Evidemment il se garderait bien de lui faire une remarque sur ce besoin compulsif de parler, encore et toujours. Il préférait subir, laisser passer l'orage...


Bien sûr lui non plus n'était pas sot. Le sous-entendu était clair, mais il lui avait fait peur. Il impliquait beaucoup trop de souvenirs et de risques pour lui. Alors il avait bifurqué. Pas très courageux mais censé comme attitude.
Ce qu'il avait trouvé de mieux n'était au final que de changer de pièce pour repartir de zéro, oublier ses questions et aller de l'avant. Mais elle revenait sur ces questions, encore et toujours. Arriverait-il à s'en défaire?


- Dans l'ordre:



  1. Moi non plus.
  2. Non et sincèrement je préfère.
  3. Ma seule ambition pour le moment est d'arriver à te faire taire.
  4. Non je n'ai pas de patacitrouille.



Une main s'approcha de sa hanche en avant poste. De l'autre il l'attira contre lui et chercha ses lèvres. Le baiser qu'il y plongea était doux et pasionné, rien à voir avec les précédents. Plus il devenait profond, plus il la serrait dans ses bras. La passion venait.

De temps en temps il ouvrait les yeux. La peur y prédominait, étrange pour ce sinistre personnage. Ces regards... c'était juste pour s'assurer qu'il ne rêvait pas et qu'il n'allait pas en éprouver les désagréments au matin.

Non il ne rêvait pas. Tout était bien réel, le soulèvement de ses seins contre son torse au rythme de sa respiration saccadée, son coeur qui bat derrière... Autre regard... La cambrure de ses reins qui s'accentuait à chaque caresse, le mélange de leurs bouches au fil de baisers épuisés de lascivité.

Antiochus ressentait un émoi transpirant de son souffle perverti dans sa régularité par les gestes de sa compagne. Il avait du mal à réfléchir, emporté par ce qu'il ressentait. Cela faisait longtemps que de telles sensations ne l'avaient envahi à ce point. La jeune fille le consumait autant que le feu qui les enveloppait de sa douce chaleur, et qui rongeait les bûches soumises à un funeste destin. Dans la chambre seul le craquement du bois flambant arrivait à rompre le rythme de leurs soupirs effrénés.

L'ancien criminel allongea la jeune fille et dut se retenir pour ne pas la posséder trop vite. Il essaya de regagner un peu de calme pour continuer faire durer les hostilités.
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Mélusine McEwan
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MessageSujet: Re: Tea for two, and two for tea... (PV Professeur McEwan)   Dim 8 Nov - 10:50:31

Sa bouche cherchait sa peau. Sa peau cherchait sa bouche. Et elle y prenait goût.
Un peu surprise face à ce nouveau départ, Mélusine avait rapidement capté son humeur et l'y avait rejoint. C'était ce qu'elle avait voulu et ça n'était pas le moment de faire la fine bouche. Elle ne voulait ni douceur ni tendresse, elle voulait juste se perdre un moment dans un peu de chaleur partagée. Et dans le genre chaleur, Ack se débrouillait plutôt pas mal, songeait-elle, avant de ne plus songer du tout.
Peau contre peau, ils ajustèrent leur rythme l'un à l'autre. Vite, toujours vite. Loin, toujours plus loin.

Et...

Ding, dong, ding, dong, ding, dong, ding, dong, ding, dong, ding, dong, dong... Oops, treize coups. L'heure de l'ellipse avait sonné.
Il y avait des choses pour lesquelles la langue française manquait de vocabulaire et celle-ci en faisait partie. Il y avait trop de nuance, trop de ressenti en arrière-plan. L'imagination était encore la meilleure option dans ces cas-là.

L'ellipse était souffle.
L'ellipse était impatience.
L'ellipse était désir.
L'ellipse était assouvissement.





Ireland, at the same time.


- Jamie, allez, viens...
Deux mains insistantes tentèrent en vain de faire plier la volonté du métis en le tirant par le bras. Mais les muscles puissants du poursuiveur aux ordres de sa ténacité ne cédèrent pas. Une autre tentative perça, beaucoup plus féminine cette fois. La blondinette se hissa sur la pointe des pieds pour essayer de le courber d'un seul baiser. Vile tactique féminine qui ne récolta pas les résultats escomptés.

- Non.

Inutile d'insister. Lucy abandonna en soupirant et laissa sa vedette faire la queue devant une tante un peu spéciale. Dans un petit village à côté de Dublin, à partir du 28 Août, on célébrait un rassemblement sorcier dans une fête millénaire. Pendant une semaine, une gigantesque fête foraine sorcière prenait place dans une verte prairie. Animations en tous genres, jeux, bièraubeurre, tout était réuni pour que les sorciers allègent leur esprit avant le retour de la fraîcheur.

James Alhambra était enveloppé dans une cape noire, la tête enfouie dans une profonde capuche. S'il avait décidé d'accompagner Lucy lors de cette manifestation, il l'avait aussi un peu fait pour lui. Dans un recoin sombre de la fête était dressée une tente pourpre aux liserés dorés devant laquelle quelques personnes attendaient.

C'était une des personnalités des plus redoutées des lieux: Madame Jasmine. Cette petite sorcière aux doigts longs et crochus était une sommité en matière de divination. Sa présence annuelle à la fête assurait le succès de l'entreprise et avait contribué à sa pérennisation malgré les années moroses qui avaient précédé.
Lorsque James pénétra dans l'antre de la petite bonne femme, il ôta sa capuche et la fixa du regard.

- Je vous attendais jeune homme.

- Bien sûr... nota ironiquement le champion embarrassé de cette remarque.

- Approchez mon garçon, pour vous je ne lèverai pas le voile du futur mais les incertitudes du présent...

Elle invita le sportif à s'asseoir à une petite table ronde recouverte d'un riche tissu vert. A son centre les attendait une grosse boule de cristal dont les pieds dorés étaient richement ouvragés. Un instrument fort ancien à n'en pas douter.
James se trouva gêné et pensait à partir, mais qu'est-ce qui se passerait s'il fuyait comme un vulgaire Serpentard? Il se résigna et écouta son hôte.

- De gros bouleversements ont agité votre vie récemment...

- Pas besoin d'être divinatrice pour le savoir, lire suffit.

- Suffit! Nous n'y arriverons pas si vous me coupez! Un peu de discipline... finit-elle doucement.

- Vous avez quasiment tourné la page. La raison aura été bonne conseillère et vous aura guidé sur la voie du bonheur. Néanmoins vous êtes encore attaché à fille à la chevelure de feu. Un résidu de sentiment réside là. fit-elle en pointant le coeur du champion. Mais vous ne voulez pas savoir si elle va vous revenir. Vous voulez savoir comment elle va, comment va son coeur, comment va son esprit. Vous en cherchez pas le futur mais le présent. Et le présent est là... dit-elle en se penchant sur la boule.

James fut choqué de cette assurance et de la vérité des propos de la vieille femme. Quand on a côtoyé Trelawney à Poudlard, on a de sérieux doutes sur la divination. Mais l'aura de cette femme se charge à lui seul de les dissiper. James se sentit tout penaud. Pas la peine de sonder son coeur pour savoir qu'elle avait raison. Il se souciait de Mélusine, mais plus par protection que par amour à présent. Il avait bien digéré leur relation, avait longuement pesé le pour et le contre... Il y avait Lucy. Ce n'était pas la femme de sa vie et il le savait. Elle n'était qu'une passagère dans sa vie...

Il avait bien fait de profiter de sa rupture avec Mélusine pour la remettre face à sa vie et lui permettre enfin de s'envoler. Ils n'étaient sans doute pas faits l'un pour l'autre dans une certaine mesure

Une fois faite cette constatation, la boule sembla s'emplir d'une épaisse fumée jaune. A l'intérieur une vie prit forme. Les images de Mélusine et du professeur Ackroyd s'animèrent. Bribes de situations, de langage du corps et de l'esprit.

- Vieux cochon... fit-il en souriant tristement. Tu aurais pu mieux choisir Mélusine.

Le langage de Mélusine était autant gestuel que verbal. Elle exprimait beaucoup de choses face au (ou sur le ) professeur: colère, frustration, doute, hésitations... le complet de la Mélusine post-Alhambra.

La sorcière observa le champion, satisfaite de son pouvoir.

- Est-elle sur le chemin de la guérison? lui demanda le sportif.

- Vous seul pouvez le dire, tout comme si cet homme en est le catalyseur.

- Ackroyd? une moue énigmatique se forma sur le visage de James qui dut attendre que ses idées ne se remettent en place quelques instants. Je pense qu'elle se remet. Oui.

Même si c'était elle qui l'avait rejeté, et même si ça lui tordait les entrailles de voir Ackroyd découvrir des splendeurs que lui seul avait possédées pendant leur relation. Même si pendant un temps il avait pensé à retourner à Poudlard pour revenir vers elle. Même s'il se sentait blessé. Il savait. Il savait qu'elle était en bonne voie.

Il aurait volontiers stupéfixé au professeur, mais il n'en avait pas le droit... Elle avait fait un choix, et apparemment, elle commençait à l'assumer, à vivre.

Et qu'Ackroyd soit ce choix ne l'étonnait qu'à moitié finalement. La vie continuait, chacun de son côté, et James était content que celle de Mélusine reprenne un cours à peu près normal...

James rétribua la sorcière, se couvrit, et disparut dans la foule à le recherche de Lucy.





Plus tard...
Plus tard, alors qu'elle recherchait encore son souffle, alors qu'Ackroyd était allongé juste à côté d'elle, elle se sentait étrangement seule, étrangement vide.
Le souffle encore court, elle repoussa le drap qui s'était enroulé autour d'une jambe et quitta le lit sans un regard en arrière pour aller se réfugier dans la salle de bain. Là, elle se laissa glisser contre le mur et atterrit un peu violemment sur le sol. Les genoux ramenés sous son menton, elle serra ses jambes contre elle de ses deux bras. Dans un mouvement vaguement répétitif, elle frappa doucement l'arrière de son crâne contre le mur.


Ecrit par le très grand James Alhambra Ange

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MessageSujet: Re: Tea for two, and two for tea... (PV Professeur McEwan)   Dim 8 Nov - 19:28:43






Plus tard...

Plus tard il dormait d'un bon sommeil, profond et réparateur. Depuis quand n'avait-il pas connu pareille quiétude? Il changea de posture en étendant un bras sur le côté et n'y trouva rien mis à part les plis du drap délaissé.

Le professeur ouvrit les yeux instantanément. Sur le plafond se reflétait la danse des flammes qui continuaient à danser dans la cheminée.

Pourquoi s'étonnait-il de cette fuite?
Parce que pour une fois il aurait aimé ne pas être seul et qu'il le reconnaissait volontier, ce qui lui valut de crisper ses mains sur le morceau de tissu qui le couvrait. Il se serait bien réveillé à ses côtés avec les premiers rayons du soleil si celui-ci avait pointé le bout de son nez. Au lieu de ça, il se retrouva là, planté au beau milieu de la nuit, seul avec son arbre généalogique.

Pourquoi cette subite crainte de la solitude?
A cette question il n'avait pas de réponse. Son estomac se contenta de ses nouer et il se recroquevilla sur lui-même en repensant à ce qu'il avait vécu tout à l'heure. Libre, libertin, libertaire... non pas ça, il ne l'avait pas été et avait laissé à la demoiselle l'occasion de mener la danse. Il faut bien que le corps exulte.
Sa rêverie dura jusqu'à ce qu'il entende un bruit lancinant venant de la salle de bain.


Il se leva pour aller voir ce qui se passait et pour se passer de l'eau sur le visage. Quand il poussa la porte il trouva Melusine par terre. Il se figea, déconcerté, comme si le temps s'était arrêté.

Une de ses mains pasa sur son visage. Que fallait-il faire? Y avait-il quelque chose à faire d'ailleurs? Ou à dire?

Encore une fois son corps le prit lui aussi au dépourvu, lui infligeant un fort sentiment de culpabilité. Cette lâche invective d'une morale balbutiante lui ôta définitivement toute velléité de cynisme. Un poing rageur s'abattit sur le mur sans pour autant le faire trembler comme espéré.

Des remords affluèrent, lui rappelant à juste titre les différents malaises qu'il avait éprouvés durant la soirée, devant quelques réactions de la part de la jeune fille. Alors des cauchemars dépassèrent les remords. Le spectre de ses exactions passées fit surface et le fit suffoquer jusqu'à faire vasciller ses dernières certitudes.

Avait-il profité d'elle? Aurait-il dû s'arrêter, et continuer à parler patacitrouilles? Non. Elle ne l'avait pas repoussé.

Alors, la laisser là en compagnie de sa peine, et fuir, encore une fois?

Le professeur se racla la gorge et essaya de rassembler ses esprits. Il n'y avait plus de véritaserum dans leurs organismes. Alors il ne prenait finalement pas de risques à essayer de lui parler.

- Hmmm. Je suppose que tu n'as pas envie de parler, mais... Mes appartements ne sont pas une prison. Si tu souhaites regagner les tiens, tu peux.

Un éclat de malice brilla dans son regard, juste de quoi égayer un peu l'atmosphère.

- il me semble que ce n'était pas si catastrophique que ça... Non, ne réponds pas à ça, c'était une vague trollerie destinée à te faire sourire, mais je crois que je m'attaque là à un grand défi.


Dernière édition par Pr. Antiochus Ackroyd le Dim 28 Fév - 18:00:49, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Tea for two, and two for tea... (PV Professeur McEwan)   Mar 10 Nov - 17:32:28

"Je sais, je sais, c'est portes ouvertes."

Pourquoi avait-elle répliqué ainsi? Mauvaise humeur.
Pourquoi mauvaise humeur? Parce que.
Mais encore?

La tête de Mélusine avait arrêté son mouvement de va-et-vient dès qu'elle avait entendu la porte couiner et s'était crispée contre son bout de mur.

Mais encore? La meilleure défense, c'est encore l'attaque. Et puisque la jeune femme détestait se sentir vulnérable, elle montrait les crocs avant même qu'on puisse l'atteindre. Comme ça. Souvent à tort. Souvent sans raison. Errare humanum est. Y avait un type qui avait dit ça, il avait beau être poussière et poussière de poussière, il fallait croire que, parfois, la poussière avait raison. Après tout, tout ce qui avait été un jour était devenu poussière, que ce soit les êtres humains, les êtres vivants... le sable était poussière de roche... les larmes poussières de douleur. Et l'amour vous laissait le coeur en poussière. Point barre. Ordre naturel des choses et puis voilà. Il n'y avait pas de quoi en aire tout un pâté... de poussière.
Bref.
A trop parler de poussière, on finissait par se fondre dans le décor en oubliant de vivre. Et l'expérience de ce soir, c'était un peu ça, se sentir vivre, se rappeler le goût des choses. Découvrir. Ressentir.

Elle grimaça à peine à la tentative d'humour d'Ackroyd. Mais puisque les hommes, paraissait-il, avaient toujours ce foutu souci de performance, elle se fendit d'un:


"Arrête, c'était très bien."

C'était agréable de ne plus être conditionnée par le veritaserum, au final. Même si le résultat ne changeait pas des masses, elle pouvait choisir l'espace-temps pour pondre ses vérités. Elle avait de nouveau le luxe de l'hésitation et du silence. Ô combien appréciable.
Mélusine fixa le mur, le plafond, le robinet et même la paume de douche. Tout ce qui n'était pas Antiochus Ackroyd.


"Antoï..."

'Oh? Un ptit nom?'

Ca n'était pas exactement le moment de jouer les euphoriques extatiques.

'Ca va, hein? Y a pas vraiment de quoi dramatiser, non plus..'

Elle dramatisait pas, d'abord.

"Tu le savais, toi, que un plus un, des fois, ça ne faisait rien d'autre que un plus un?"

Impossible d'être plus claire, de mettre le doigt, de trouver le mot, de détacher du reste la raison de la pieuvre qui faisait la java au creux de son ventre.
Elle tapota la place à côté d'elle.


"Tu veux bien t'asseoir?"

Le dallage de marbre blanc avait la vertu de vous réveiller la cervelle et de vous garder l'esprit clair. Ca allait être nécessaire, lui semblait-il.

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Antiochus Ackroyd
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MessageSujet: Re: Tea for two, and two for tea... (PV Professeur McEwan)   Jeu 12 Nov - 12:43:15

"Ai-je vraiment le choix?"
Du placard il sortit deux grands draps de bain et en tendit un à la jeune fille. Il s'enveloppa dans le sien et s'assit à côté d'elle tout en pensant qu'ils seraient quand même mieux devant la cheminée qui lui rappelait toute la chaleur de sa chambre par rapport à la froideur du marbre.

Spoiler:
 

- Oui je le savais car c'est le cas pour moi depuis plus de vingt ans. Il n'y a qu'une fois qu'un plus un ont fait deux.

Ce soir il s'était senti vivre d'une manière différente. D'habitude il fallait se frotter aux baguettes des autres, mettre sa vie en danger auprès de ses collègues pour qu'il se sente exister. Là il avait expérimenté quelque chose d'agréable bien que le début ne fût pas spécialement attirant. Bon gré malgré il avait réussi à oublier ce qu'il avait été pour une sorte de renaissance.

En fait, il avait simplement trouvé de la compagnie sans avoir à payer ou sans avoir à prouver quelque chose, et ça lui faisait du bien.

- Si je peux juste me permettre, mon prénom se prononce "Ain-tio-keus"*.

Jouer au psychomage de base n'était pas son truc. C'était certain. Mais il ne se sentait pas le droit de refuser d'écouter Miss McEwan, qu'il aurait bien du mal à appeller "Miss" dorénavant. Alors il replia ses genoux contre son buste lui aussi et attendit qu'elle veuille bien lui parler. De quoi? D'amour peut-être. D'Alhambra sans doute.

* prononcé à l'anglaise.
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MessageSujet: Re: Tea for two, and two for tea... (PV Professeur McEwan)   Ven 13 Nov - 7:56:49

Mélusine eut une petite moue qui était presque un sourire:

"Oui, mais moi, j'ai envie de t'appeler Antoï. Ca te va bien, je trouve."

Depuis quand elle appelait les gens par leurs vrais noms et prénoms? Tout le monde faisait ça, ça n'avait aucun intérêt. Et puis, c'était la technique qui lui était venue d'elle-même pour parer à sa mémoire parfois défaillante. Elle oubliait les noms des gens? Qu'importe, elle les rebaptisait à sa sauce. Etonnant comme il était plus facile de se souvenir d'un surnom qu'on avait choisi que d'un nom qui vous était imposé.
La jeune femme serra le drap contre elle. Elle n'était pas frileuse - quand on vient des Highland Ecossais, c'était plutôt préférable - mais le morceau de tissu pouvait donner une apparence illusoire de sécurité. Sécurité vis-à-vis de quoi? Vis-à-vis de qui? Allez savoir.


"C'est drôle..."

Tout était relatif.

"Je pensais pas que tu étais capable d'être quelqu'un d'attentionné. C'est fou comme on peut se tromper sur les gens, pas vrai?"

Sa bouche reproduisit la même moue que précédemment, version un peu plus amusée.

"Ce que je veux dire, quelque part, c'est merci. C'est bizarre de dire ça, non?"

Elle voyait bien qu'Antoï (oui, voté et adopté à l'unanimité d'elle-même) attendait quelque chose d'elle. Qu'elle parle, sans doute. Pas envie.

'Vraiment pas envie.'

Voilà. Encore l'unanimité.

"C'était qui, celle d'avec qui t'as fait deux?"

Bah voui, elle était curieuse, c'était humain.

"Tout le monde connait ma vie sentimentale, moi, je connais pas la tienne..."

Pourquoi fallait-il que ça sonne comme une excuse?

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MessageSujet: Re: Tea for two, and two for tea... (PV Professeur McEwan)   Ven 13 Nov - 9:00:49

Pas la peine d'argumenter, et à tout prendre Antoï sonnait bien mieux à ses oreilles que "Ack", même si cela lui donnait un côté russe assez désagréable par rapport à la pureté aristocratique de son sang franco-britannique.

- Je ne suis pas quelqu'un d'attentionné en général, je ne voulais pas me geler les fesses. Ne pas te donner une serviettes aurait été d'une rare impolitesse.

C'était autant vrai que faux. Certes il n'avait pas eu envie de passer pour un goujeat, mais il s'était soucié d'elle quand même. Elle marquait un point. Un point soutenu par le fait que de n'importe quelle manière il tourne ses explications, aucune ne pourrait écarter le fait qu'il ait eu une aimable intention.

Le silence autour d'eux devenait gênant pour Antiochus qui avait l'impression de se retrouver dans un confessionnal. L'exiguité de la pièce et la résonnance des paroles sur le sol et les murs carelés accentuait cette impression qui se muait de plus en plus en inconfort.

- Abbigail Downing. C'était elle.

Pas besoin de batailler, il n'y avait pas la place pour le tourment intérieur. Antiochus se sentait suffisamment en confiance pour se laisser aller à quelques révélations.

- Ma vie sentimentale n'a rien d'affriolant. Au contraire, je pense qu'elle va vous faire fuir comme l'a failli faire ma marque des Ténèbres dans la Salle de Bains des Préfets tout à l'heure.

S'il lui disait tout elle allait changer son regard sur lui et étrangement, il avait du mal à en accepter l'idée. Avouer lui paraissait encore fauter. Mais ne pas assumer l'était aussi, et surtout était fauter par rapport à la mémoire d'Abbie. Alors? Alors Merlin pourquoi le véritaserum n'était plus là? Au moins il aurait tout dit sans avoir à se poser ce genre d'interrogations.

Mais pourquoi une telle interrogation Antiochus? Tu es un fervent défenseur de la vérité. Alors lance-toi. Il en résultera ce qui en résultera, et si elle ne part pas... C'est que tu auras réussi à la convaincre - involontairement s'entend - que tu n'es plus le même homme.

- Abbie et moi étions tous deux élèves à Poudlard. C'était une Poufsouffle et j'étais à Serpentard. Nous avons mis du temps à nous tourner autour. A l'époque les préjugés étaient plus coriaces que maintenant. J'étais heureux avec elle, même si mes camarades Serpentards en supportaient mal l'idée. Ils avaient un certain ascendant sur moi et les paroles rapportées sur le pouvoir de Voldemort ajoutées à la haine qui bouillait en moi ont fait le reste.

Pourquoi? va-t-elle se demander.

- Pour devenir un suivant de Voldemort il fallait passer une épreuve. Abbie était au courant. Elle ne voulait pas que j'y aille. Elle disait que je n'avais pas besoin de lui pour prouver au monde ma vraie valeur. Et elle avait raison. souffla-t-il visiblement affecté.

Le professeur au regard perdu sur le carrelage eut du mal à poursuivre. Sa vois était à moitié étranglée.

- J'ai été pris au piège. Voldemort savait que mon père biologique était l'un de ses plus fidèles partisans, Arthur Cornfall. Il a voulu tester mes gènes. Au lieu de l'épreuve de mise à sac ou d'attaque sur moldus, il a capturé Abbie et ...

C'était trop dur de continuer. Il lui fallut du temps pour continuer et évacuer les images, l'eccho des paroles et de la voix de Voldemort.

- Il m'a lancé un imperium et je l'ai tuée. La mise en scène était horrible, son regard à elle, je ne l'oublierai jamais. Une fois que ça a été fait j'ai été obligé de prendre la marque. Si je ne l'avais pas fait, il se serait douté de quelque chose et je serai mort... J'ai vite fait mon choix, en dépit de ce que je ressentais. J'ai choisi de vivre avec ça. Heureusement quelqu'un m'a aidé. Mais ça n'enlève rien à ce que j'ai fait.

Il soupira pour se libérer du poids qu'il ressentait sur lui.

- Je n'ai jamais cherché à être deux de nouveau. Je ne pense pas que j'en serai capable de toute façon.


Dernière édition par Pr. Antiochus Ackroyd le Mar 17 Nov - 15:56:06, édité 1 fois
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Mélusine McEwan
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MessageSujet: Re: Tea for two, and two for tea... (PV Professeur McEwan)   Dim 15 Nov - 11:11:53

Prouvant en une pierre deux coups qu'elle savait écouter et compatir, Mélusine se tut. Et écouta. Et compatit.
Sa main se hasarda, de sa propre volonté, vers l'épaule d'Antoï, comme si ce seul contact pouvait apporter réconfort et compassion. C'était stupide.

A la fin de son histoire, une boule avait envahi la gorge de Mélusine qu'elle essayait de chasser à grand renfort de déglutition. Sans grand succès.
Elle resta silencieuse, cherchant dans tous les sens ce qu'elle pouvait bien dire. Elle ne savait que trop bien que pas un mot, pas un geste ne changerait le cours des choses. Et que tous ceux qui croyaient réconforter autrui par des paroles creuses ne faisaient que rouvrir un peu la plaie. Parfois, le silence et un peu de chaleur humaine était plus efficace que toutes les bêtises qu'on pouvait avoir envie de dire. "Je suis désolée". "Je comprends". "Ca a dû être dur pour toi." Oui, elle était désolée. Non, elle ne comprendrait jamais ce que ça avait dû être pour lui, il aurait fallu l'avoir vécu. Oui, elle était désolée et qu'est-ce que ça changeait? Ca allait effacer ces souvenirs.
Effacer.
Avait-il pensé, lui aussi, à avoir recours à un sortilège d'Amnésie partielle pour se délivrer des images qui le hantaient? Avait-il, longuement, pesé le pour et le contre, avant de se dire que faire cela, c'était aussi se retirer un bout de lui-même, changer ce qu'il était vraiment, se dénaturer? On était ce que la vie faisait de nous. Le refuser, c'était être faible. l'accepter, quand bien même la douleur, quand bien même les larmes, c'était ça être fort, être courageux.
Le silence et un peu de chaleur humaine.
La chaleur humaine. Ca, elle pouvait faire.
Elle se rapprocha de lui jusqu'à se retrouver épaule contre épaule. Aucun geste de séduction, aucune tentative de plaire. Ils étaient déjà passés par là. Juste la chaleur humaine. Elle déposa une main légère sur son crâne pour l'attirer contre elle. Ce serait-elle vu de l'extérieur qu'elle aurait trouvé ça ridicule. Mais elle n'y pensait pas.
Ca n'était pas être faible que ne pas résister à un Imperium, c'était humain. Mais elle ne pouvait pas le dire. Elle ne voulait pas donner l'impression de juger.


'...'

Le silence devenait trop lourd.

"Ce que tu as fait? Mais tu n'as rien fait."

En dépit de répulsion instinctive du passé qu'il traînait derrière lui et que Mélusine essayait de contrôler, il y avait l'aspect humain de la chose. La marque des Ténèbres d'un côté et de l'autre, la souffrance. Elle pouvait oublier l'une un moment, non?

"Ce n'est pas toi qui as fait ça. C'est...Tu-Sais-Qui. C'est l'Imperiator qui fait, pas la victime de son sort. Tu n'étais qu'un instrument, même si ça n'est pas plaisant à entendre."

Elle ne voyait pas d'autres manières d'expliquer les choses.
Sa voix était légèrement cassée.
Pas étonnant qu'il n'ait plus de rêves.
Mais on est perdu que quand est mort.


"Tu dis que quelqu'un t'a aidé... C'était qui?"

C'était un peu de curiosité et beaucoup de volonté de continuer, de s'éloigner un peu du... reste.

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MessageSujet: Re: Tea for two, and two for tea... (PV Professeur McEwan)   Mar 17 Nov - 16:55:38

Si. Il était responsable de la mort d'Abbigail et il ne se le pardonnerait jamais. A la base, c'était sa haine envers Cornfall et la société entière qui l'avaient poussé à vouloir rejoindre Voldemort et ses petits amis de Serpentard. Cette responsabilité l'écrasait surtout quand il se remémorait les mises en garde d'Abbie, son regard inquiet quand il lui parlait du Seigneur Noir, la certitude qu'il avait quand il pensait que la pureté du sang de la demoiselle lui éviterait tout ennui auprès des Mangemorts... S'il pouvait revenir en arrière...

Spoiler:
 
Il se laissa faire par Mélusine même s'il savait que rien ne pourrait atténuer cette douleur qui le rongeait depuis tant d'années. Il se sentait bien comme ça, presqu'en paix avec lui-même. Il n'était pas seul dans un moment de douleur et ça ne lui était pas arrivé souvent.
Ce n'était pas la première fois qu'il en parlait. Ce n'était pas la première fois qu'il avait mal. Il s'était habitué à vivre avec ce poids.

- Trois personnes. Mais je ne l'ai pas compris tout de suite. Quand j'étais emprisonné, mon sauveur s'est appelé Lannig Beresford. Mais avant, d'autres personnes sont intervenues dans l'ombre: Snape et Dumbledore. Je ne l'ai compris qu'après. Trop tard pour Snape en tous cas. Dumbledore lui m'a appris à maîtriser mon don d'élémentaliste.

C'était lui qui lui avait surtout fait prendre conscience de ce don. Il lui avait soufflé des pistes pour l'exploiter. Mais ce qu'avait fait cet homme était beaucoup plus fin et remarquable: il l'avait empêché de foutre sa vie en l'air une deuxième fois.

Au début de son intégration chez les aurors, Antiochus apparaissait comme une bête curieuse dont il fallait se méfier. Seuls Taludo et Beresford prenaient sa défense. Assailli par le doute et la peur, Antiochus avait songé à de maintes reprises utiliser un retourneur de temps pour revenir au soir du meurtre d'Abbie, et se débrouiller pour mourir à sa place.
Dumbledore a bien compris ce tourment à l'occasion d'une de leurs discussions sur les éléments... Et il dissuada très vite le jeune homme de recourir à ce stratagème en lui expliquant les multiples répercussions que pourrait avoir cette action et que sa douleur n'avait pas à le faire plonger dans l'égoïsme.

- Et toi? Explique-moi ce qui s'est passé pour que tu sois toute seule. Comme je t'ai dit je ne m'intéresse pas à la presse à scandale. Explique-moi ta vérité.
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Mélusine McEwan
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MessageSujet: Re: Tea for two, and two for tea... (PV Professeur McEwan)   Jeu 26 Nov - 7:58:39

'Elementaliste?'

Voilà qui expliquait bien des détails incongrus.
Il n'y avait pas de mal à voir sa curiosité satisfaite. Pas plus qu'il n'y avait de mal à être curieuse. Etre curieuse, c'était juste refuser de se contenter des explications qu'on daignait lui offrir et creuser un peu plus loin, quand il fallait plus que les petites informations quotidiennes pour rassasier son goût de vivre et de savoir.
Bref. Ca et tout le reste, ça faisait un peu de curiosité étanchée. Un peu d'intérêt comblé.

A la question d'Antoï, Mélusine se redressa, quittant sa posture, devenue inconfortable, physiquement comme émotionnellement, pour retrouver son bout de mur. Elle dut exercer un contrôle sur elle-même pour ne pas retrouver son toc de "je me tape la tête contre le mur". Avec son geste revint le malaise, pourtant nuancé d'une étonnante sensation de ... satisfaction? Non, sans doute pas. Mais elle avait aimé la mention à sa vérité, sa vérité à elle. Qui avait demandé à l'entendre, cette vérité-là, imparfaite et subjective? Gwen sa propre mère, Maude. A Jon, elle n'avait rien pu dire, lui-même était trop mal. Et ni à sa mère, ni à son amie, elle n'avait vraiment été capable de tout dire, tout résumer. Elle n'en serait sans doute pas mieux capable, cette fois-ci. Trop de rancoeur, trop de honte, trop de déception trop d'inconfort, trop de... douleur.

La jeune femme fixa le mur droit devant elle avant d'oser du bout de sa voix:


"Tu me jugeras pas, hein? Ca n'est pas une belle histoire..."

Non, il n'y avait rien eu de beau ni de glorieux. Juste des sentiments heurtés, des doutes démesurés et envahissants, et de la maladresse, beaucoup de maladresse. Un petit soupçon d'incompréhension, de fatigue et de colère.
Mélusine carra les épaules, comme en attente des coups.
Les journaux n'avaient jamais su la vérité et cela ne les avaient pas empêché de la blâmer. Alors...


"Avant ce... jour-là... il y a eu... deux erreurs. Deux garçons. Juste quelques heures de voler, quelques heures interdites. Je n'aurais pas dû mais je n'ai pas pu..."

Elle se tut un instant, grimaçant et secouant la tête.

"Seulement... j'avais besoin... j'avais envie... j'ai des faiblesses que je ne contrôle pas. C'est horrible de se croire forte et de se découvrir faible. Je déteste ça. Mais on ne choisit pas toujours, pas vrai?"

Elle parlait à mots couverts, incapable de combiner pudeur et explicitation. Il ne comprendrait sans doute pas. Ca n'était pas important. Elle n'était pas sûr de se comprendre elle-même.

"La deuxième fois, c'était juste quelques jours avant ce jour-là.
Et ce jour-là, on devait se retrouver chez lui. Au début, tout allait bien."


Ils ne s'étaient pas vus de deux-trois jours et le manque de lui s'était fait sentir. Elle l'avait embrassé et ils avaient fini sur le tapis. Un peu plus tard, sa main sur lui sur sa peau à elle, il avait esquissé deux mots hésitants avant de se lancer.

"On a un peu parlé et il m'a dit: "j'aimerais que tu viennes t'installer chez moi"."

...

    - Mel, j'aimerais que tu viennes t'installer chez moi.

    Elle avait gardé le silence, redessinant le tapis du bout du doigt, attendant la chute, attendant la blague, tandis qu'un petit bout d'elle savait qu'il était on ne peut plus sérieux.

    "James..."

    Qu'il avait été difficile à affronter, ce regard plein d'amour et plein d'attentes. Une boule s'était formée dans sa gorge, grossissant lentement, menaçant de l'étouffer, tout comme la vague de panique qui l'avait envahie simultanément.

    "James, je t'en prie, me demande pas ça..."
    - Mel. C'est important pour moi.
    "Je sais mais... je peux pas..."
    - Mais si, tu peux. Tu ne vas pas toujours habiter avec Gwen. Tu n'as qu'à faire quelques valises... C'est tout simple...

    Il le pensait, elle le savait.

    "Non, ça n'est pas simple. C'est facile pour toi, c'est..."

    Elle regretterait toujours les mots qui avaient suivi. Ces mots-là étaient durs, des maux plutôt que des mots. Des mots qui ne naissent que des petites contrariétés accumulées en silence.
    Ces mots-là parlaient d'égoïsme, d'égocentrisme, de différence d'âge, d'envie et d'obligation.
    D'autres avaient suivi, plus durs. Tous ces petits mots ressassés, qu'on croyait oubliés, qu'on croyait dépassés. Et tous ces mots qu'on ne pensait pas mais qu'on disait pour faire mal autant qu'on avait mal, à la recherche de ce dernier mot qui n'a jamais rendu heureux mais qu'on veut avoir à tout prix. Le mot de la fin. De la fin d'une histoire.



"On se connaissait trop bien, on savait où frapper. On n'avait jamais été du genre calme, toujours à s'enflammer pour une broutille. On avait de belles réconciliations."

Un sourire de tendresse qui n'était adressé qu'à elle-même.

"Mais là, j'avais été trop loin.
J'avais dit... j'en avais trop dit. Que je n'étais qu'un faire-valoir pour son ego, ce genre de choses qui ne plaisent pas. Que j'en avais marre, marre de toutes ces gamines qui lui faisaient des déclarations enflammées, marre des articles encenseurs, marre des galas, des soirées... Alors, il m'a demandé..."


    - Pourquoi tu restes avec moi, alors? par pitié? La porte est ouverte.
    "Justement, je reste pas."

    La porte avait claqué sur un silence glacial.
    Elle n'était jamais revenu. N'avait rien dit. Rien fait. Maudit orgueil.
    Lui non plus n'avait rien dit. Rien fait. Maudit orgueil.



"Deux jours plus tard, c'était à la une de la moitié des journaux. Ils avaient tout inventé, ressorti d'anciennes photos..."

Selon les versions, elle multipliait les amants (ce qui n'était pas faux, songeait-elle avec amertume, sauf qu'aucun n'était une star de Quidditch sur le déclin, ni même un milliardaire), était en fait un homme, se révélait être une hystérique, une nymphomane, une toxico.. Parfois, même, elle cumulait les titres. Mais toujours, toujours, c'était lui qui était supposé l'avoir quittée. Comme s'il était impossible pour une fille comme elle de décrocher.
Il y avait même des faux extraits de lettres où, soit-disant, elle le suppliait, lui promettait monts et merveilles.
Elle se demandait ce qui, au fond, faisait le plus mal.

Son récit terminé, Mélusine resta silencieuse, les yeux dans le vague, le souffle à peine audible, l'expression floue.

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MessageSujet: Re: Tea for two, and two for tea... (PV Professeur McEwan)   Jeu 26 Nov - 16:03:46

Cette réponse avait de quoi intéresser l'auror par le nombre de pistes qui s'étaient ouvertes concernant Miss McEwan. Il laissa son regard dériver sur les meubles qui se trouvaient face à lui.

Il y avait bien eu un homme derrière la rupture, il avait eu raison, mais ça, il le savait déjà. Apparemment, ça avait été un coup de tête. pourquoi? Peut-être pour profiter de sa jeunesse et voir ce qu'ailleurs pouvait parfois offrir?
Elle vivait chez sa mère qui s'appelait Gwen et avait refusé de s'installer avec le champion - ce qui aurait été pourtant dans la logique des choses. Dans son histoire elle n'avait pas parlé de son père, et si elle n'avait pas voulu laisser sa mère, il y avait peut-être un lien.


La multitude de raisonnements et de déductions produits par son esprit lui évitait inconsciemment de penser à la façon dont il s'était mis à nu devant elle.

Par pudeur psychologique il se refusa à creuser un peu plus le champ de sa curiosité. Ce n'était pas loin d'être une première.

- Pourquoi je me moquerai?

Il resta seul appuyé contre son mur et s'adonna à nouveau à la réflexion. Parfois il avait l'impression de trop réfléchir. Apparemment c'était de famille côté descendants des Cornfall. Elinor, sa nièce, était dotée du même défaut. Seulement pour elle, il était assorti d'un besoin irrépressible de toujours choisir une voie raisonnable. Lui, c'était la première fois que ça lui arrivait. Il préféra le silence à la blessure qu'aurait pu infliger une question trop intime. Did he care?

- En juin dernier je me suis découvert oncle.

Enough to... se découvrir un peu plus auprès d'elle.

- Elinor Redgrave est ma nièce, tu la connais sans doute. Elle est la fille de ma demi-soeur. C'est une fille brillante. Je l'aime bien. Ce n'est pas peu dire venant de lui. Parfois... Il marqua une pause, prenant ainsi conscience de la portée de ce qu'il allait dire. Parfois je me demande ce qu'aurait été ma vie si j'avais su que Diane était ma soeur, si j'avais eu une enfance un peu plus normale. Peut-être que j'aurais pu être brillant moi aussi.

Tout dépendait ainsi de la définition qu'on donnait au mot brillant, évidemment. Il y avait tellement de choses qui lui passaient par la tête en ce moment!

Il tourna la tête et fixa son regard sur elle. Son corps paraissait aussi meurtri que le sien par ses blessures intimes. Idée de l'esprit? La nuit se révélait plus éprouvante qu'il ne l'aurait imaginé, et surtout, d'un tout autre style. Antiochus se sentait vide. Plus de calculs, plus de mascarade. Ils n'avaient besoin de veritaserum ni l'un ni l'autre, ce qui marquait le franchissement d'un degré de confiance.
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MessageSujet: Re: Tea for two, and two for tea... (PV Professeur McEwan)   Lun 30 Nov - 8:25:34

Parce que son récit lui avait mis les nerfs à vif, Mélusine s'entendit répondre d'un ton un tout petit peu plus hargneux que ne le nécessitait la situation.

"J'ai pas parlé de se moquer. Se moquer, c'est facile. Juger, ça l'est encore plus. Ils ne savent faire que ça."

"Ils", c'était une très large portion de l'ensemble des gens. Trop large. Tous ceux qui se pensaient tellement mieux ou tellement nul qu'un avis subjectif, faussé et plein de préjugés leur permettait de se faire valoir ou de se sentir un peu moins mal. C'est vrai qu'ils ne savaient faire que ça, les gens, juger les autres, critiquer, analyser le moindre des actes des autres, sans penser une seule fois qu'ils s'agissaient aussi d'êtres humains, comme eux.

'Question préjugés, c'est Ste Mangouste qui se fout de la charité.'

Peut-être.
Peut-être, mais elle, avant de condamner les gens, elle cherchait à comprendre, à savoir, à percer. C'était quand même moins pire.

Pour éviter de s'attarder sur tout ce que ce jugement des autres lui pesait, Mélusine s'empara de la voie de sortie que lui offrait Antoï. La famille. A moins que ça ne soit rien d'autre qu'un énième cul-de-sac.


"Redgrave..."

Un seul mot et on sentait le point de vue très réservé que Mélusine avait sur l'ex-verte. Ca n'était pas exactement le genre de personne avec qui elle avait entretenu une bonne relation. Elles s'étaient ignorées la plupart du temps, par commodité. Incompatibilité de goût et de caractère.

"Ta nièce?"

Encore une famille de Serpentard...
Serpentard.
Antoï était lui-même un ex-serpentard et... bouuuuuuuuuuuuuuse.


'Ex-Serpentard et ex-Mangemort. Tu touches vraiment au fin fond de la déchéance... Où sont passés tes idéaux?'

Partis en voyage d'affaire, apparemment.
Bouse de bouse.


'Hu? A ce propos... qui parlait de jugement et de deuxième chance? D'apprendre à connaître, blablablabla...?'

...
...
Ok.
Mélusine, qui s'était raidie, se détendit légèrement contre son bout de mur. Où vous menaient les préjugés...


"Brillant? Tu penses pas que c'est les difficultés plutôt qu'une enfance heureuse qui rend brillant? Vouloir se battre, se démener, se sortir de là où on a été placé d'office..."

Elle n'en savait rien, au fond. Briller n'avait jamais été son but, hormis peut-être au Quidditch. Mais ça n'était pas tant briller que dépasser ses propres capacités.

"De toute façon, brillant, c'est un autre jugement. Un point de vue. On brille tous quelque part, tu crois pas?"

Le silence, encore et toujours. Le silence, le retour.

"Elle était si moche, ton enfance?"

Le ton était léger, presque badin, comme si la question n'était que secondaire. Et pourtant... justement, elle l'attendait cette réponse là. Elle pensait, savait, que c'était les rêves d'enfant, brisés, qui faisaient ce que l'on devenait.

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Tea for two, and two for tea... (PV Professeur McEwan)
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